Arrivé sur le Rocher cet été après trois saisons au Mans, l’international français de la Roca Team, Wilfried Yeguete, s’est confié à la veille d’un duel explosif face à l’ASVEL, ce mercredi soir à l’Astroballe (20h). La saison de l’AS Monaco, ses ambitions, ses débuts dans le basket-ball, l’intérieur s’est livré. Extraits. 

À vingt-huit ans et après trois saisons pleines passées au Mans, Wilfried Yeguete a posé ses valises en principauté en début de saison. Révélé au aux États-Unis, le natif de Pessac a grandi en Côte d’Ivoire jusqu’à ses dix ans, avant de retrouver la France et de s’y imposer dans l’élite quelques années plus tard. Depuis, dans l’hexagone, l’intérieur s’est fait un nom. Et un prénom. Avant de prendre l’avion direction Lyon, Wilfried Yeguete nous a accordé quelques minutes. Interview.

Wilfried, l’AS Monaco reste sur une belle performance face à Dijon. C’était important de s’affirmer dans la course à la première place ?

C’était un match important, face à une très bonne équipe. Défensivement, on a réalisé une belle prestation. On a réussi à les contenir. C’est un match solide de notre part. Il faut continuer.

Cette fois, c’est l’ASVEL qui se présente face à vous. Un autre gros morceau…

(Il sourit) On s’attend à une grosse bataille dans la raquette, notamment avec Guerschon Yabusele (récemment arrivé en provenance du club chinois des Nanjing Monkey Kings). Théoriquement, sur le papier, nous avons les deux meilleurs effectifs de Jeep Elite. On va donner le maximum pour ramener la victoire et enchaîner après notre performance face à Dijon.

Vous qui avez déjà remporté le titre en 2018 avec le Mans, l’objectif, cette saison, c’est de ramener le trophée sur le Rocher ?  

C’est l’objectif. On réalise une bonne saison jusqu’à présent. On a manqué le coche lors de la Leaders Cup, mais nous sommes encore en lice en EuroCoupe et toujours en tête du championnat. On espère bien finir la saison régulière avant de se lancer dans une nouvelle saison. Le mois de mars va être décisif pour arriver dans les meilleures conditions pour les play-offs.

Vous êtes arrivé à Monaco l’été dernier. Comment vous sentez-vous ?

Je me sens bien dans l’équipe. Au début de la saison, il a fallu s’adapter à un nouveau contexte, avec un nouveau coach et des nouvelles attentes. J’essaye d’avoir un impact à chaque fois que j’ai du temps de jeu.

Pourquoi avoir fait ce choix de rejoindre la Roca Team ?   

J’arrivais en fin de cycle au Mans. Je voulais un challenge différent, passer un cap. Monaco est une grande opportunité pour moi. J’ai la chance de jouer le haut du tableau, avec un entraîneur reconnu. Monaco est une réelle chance dans ma carrière.

Vous avez connu des sélections avec l’équipe de France A’. Avez-vous encore l’ambition d’être sélectionné avec la grande équipe de France ?

L’ambition, je l’ai forcément. Mais je pense sincèrement que le train est passé. Je n’ai pas été appelé dans les groupes élargis lors de ma première saison au Mans, où j’avais été All-Star. La nouvelle génération est talentueuse, à tous les postes. Pour moi, c’est terminé.

La sélection centrafricaine, c’est une possibilité ?

Ça pourrait l’être. Mon père y a joué dans ses jeunes années. Il faut voir comment je me sens physiquement. Je ne ferme pas la porte. Pour l’instant, je me concentre pleinement sur Monaco.

Racontez-nous vos années passées à l’université, aux États-Unis. Vous avez connu le Final Four NCAA avec les Gators de Floride. Un souvenir inoubliable ?

J’ai eu la chance de jouer à un niveau élevé, avec les jeunes joueurs talentueux. SI je n’avais pas fait ce cursus universitaire aux États-Unis, je n’en serai pas là aujourd’hui. C’était une expérience magique, même si nous n’arrivons pas réussi à aller au bout du Final Four. Cette dernière saison restera à jamais gravée dans ma mémoire. Je garde un attachement particulier avec mes anciens coéquipiers. Humainement et sportivement, cette expérience m’a énormément apporté et m’a permis de passer un tremplin.

La NBA, c’était un rêve ?  

La NBA a toujours été dans un coin de ma tête. J’ai fait quelques workouts, mais les blessures m’ont freiné. Je n’ai jamais vraiment eu d’opportunité en NBA.

Mais vous vous-êtes rapidement imposé en Pro A.

Au début, cela n’a pas été facile. Je n’avais pas de club. J’étais partenaire d’entraînement au Mans. J’ai signé au Havre, mais je devais m’imposer, prouver que j’avais ma place en Pro A. C’est à partir de ma deuxième saison que j’ai réellement explosé et que j’ai montré que j’avais le niveau.

Et le baket-ball, c’était une évidence ? Votre père était basketteur.

Je regardais souvent mon père jouer quand j’étais petit. Mon grand frère aussi faisait du basket. Au début, je touchais à tout, surtout au football. J’ai grandi en Côte d’Ivoire, mais c’est surtout en France que j’ai accroché avec le basket. C’est un sport avec des valeurs collectives fortes. Au fur et à mesure, je me suis orienté vers le basket. Et les opportunités sont arrivées.

Vous pouvez jouer comme pivot ou comme ailier fort. Alors, quatre ou cinq, quelle est votre préférence ?

Honnêtement, je pense que je suis plus efficace en quatre. Je l’ai montré quand je suis arrivé en France. J’ai disputé mes deux meilleures saisons au Mans au poste quatre. Mais aujourd’hui, les équipes préfèrent des postes quatre mobiles, avec un shoot fiable. Je peux évoluer aux deux postes. Mais c’est vrai que j’ai plus souvent joué pivot dans ma carrière.