Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, Monaco Tribune est allé à la rencontre des jeunes entrepreneurs de la Principauté pour connaître leur vision de cette situation, entre crise et enjeux. Parmi eux, Alexandre Maniloff, Fondateur de l’agence de communication Kromyk et ancien président de la Jeune Chambre Économique de Monaco.

Alors que Marion Soler, qui s’est récemment livrée dans nos colonnes, lui a succédé cette année, Alexandre Maniloff continue d’occuper une place importante au sein de la Jeune Chambre Économique de Monaco. Comme Antoine Rey, autre membre de l’association qui s’est exprimé sur les impacts de la crise sur son entreprise, Alexandre Maniloff a pu nous présenter sa société, Kromyk, tout en évoquant les semaines difficiles traversées à cause du Covid-19.

Membre de la JCI depuis 2014, Alexandre Maniloff a gravi tous les échelons jusqu’à en devenir le président l’année dernière. « Dès mon entrée à la Jeune Chambre, j’ai eu envie d’occuper les fonctions les plus importantes, confie-t-il. Mon année de présidence a été fabuleuse, mais aussi très, très intense. J’en ai énormément appris sur le plan humain, en conciliant mon rôle de président et celui de chef d’entreprise. Je n’en retiens que du positif. »

Fondée il y a neuf ans, Kromyk est une agence de communication, « en partie événementielle », précise le chef d’entreprise. Ses missions se répartissent sur trois pôles : la communication graphique, l’impression sur différents supports publicitaires et le développement de la visibilité des clients. « De nouveaux projets devraient arriver dans les prochaines années avec des rachats d’entreprises avec des spécificités, notamment sur la partie print ou marquage », ajoute Alexandre Maniloff.

Basée à Monaco, Kromyk travaille avec Buffagni et CO.GE.MAT mais également avec des clients français.  « Nous avons par exemple un grand groupement de mutuelles, avec plus de 300 agences, dont nous gérons la partie communication », précise-t-il.

On s’est rendu compte que nos méthodes pouvaient changer

La crise liée à la pandémie de Covid-19 a-t-elle boulversé votre activité ?

Le démarrage a été particulier. Personne ne s’y attendait. Quand je me remémore les échanges, jusqu’au 14-15 mars, on parlait avec les clients comme si on allait les voir le lendemain. Tout s’est arrêté d’un coup. Il a fallu s’adapter, tout changer au sein de l’entreprise. Mettre nos employés au chômage, réorganiser notre agenda, déplacer tout le monde en télétravail. Heureusement, nous avons pu continuer à travailler à distance. L’activité a pas mal ralentie. Cela n’a pas été simple à gérer, il a fallu rapidement rebondir. La force que nous avons eu, c’est que nous produisons beaucoup de textiles. Nos fabricants de textiles ont changé leur ligne, en faisant des masques, ce qui nous a permis de fournir des masques à nos clients. Mais c’est vrai que sur de vrais projets de communication, on se rend compte que les personnes sont en reculs, presque sur la défensive. Ce n’est pas simple, les beaux projets que l’on avait sur cet été et sur le rentrée sont freinés, tout le monde essaye de réfléchir à comment recréer du business en attendant de voir comment la situation va évoluer. Les entreprises mettent pour l’instant entre parenthèses leur plan de communication.

Avez-vous mis en place une restructuration au sein de l’entreprise ?

Tout le monde a repris en interne. Les personnes ont continué de travailler en télétravail. On s’est rendu compte que nos méthodes pouvaient changer. Tout le monde freinait des deux pieds en prétextant que le télétravail n’était pas facile à mettre en place, que les employés n’étaient pas prêts. Mais finalement, tout se passe très bien, la production est la même, les échanges aussi, grâce à des outils simples d’utilisation. Chez moi, il n’y a aucun souci pour faire travailler quelqu’un à distance. Mais je me suis aussi rendu compte qu’au bout de deux mois, les employés étaient demandeur pour revenir sur site. Le télétravail est intéressant, mais de temps en temps seulement. La fluidité n’est pas la même et les échanges sont plus rapides au bureau, il faut le reconnaître.

Quels sont les grands axes de développement de Kromyk dans les années à venir ?

Notre priorité aujourd’hui est de conserver notre partie antenne en proposant de nouveaux produits et en achetant de nouvelles structures avec des vrais fonctionnalités qui vont compléter la gamme que nous proposons. L’objectif est de répondre aux problématiques de nos clients en leur répondant plus rapidement. Pour cela, nous aimerions internaliser la partie impression sur les textiles. Ce sont les deux axes majeurs que nous voulons en interne, car jusqu’à présent, nous le réalisions via des sous-traitants.

Nous vivons actuellement dans l’incertitude

Sentez-vous le secteur de la communication particulièrement impacté ?

Clairement. On le voit, nos clients sont dans cette réflexion, celle de ne pas dépenser trop d’argent, de imiter les coûts et de communiquer moins. Ils sont tout simplement inquiets pour l’avenir. Cette deuxième vague, que l’on redoute tous, fait peur. Nous vivons actuellement dans l’incertitude et les agences de communication en sont fortement impactées. Nous devons nous adapter pour sortir la tête de l’eau et garder nos employés en faisant perdurer notre activité.

Le contexte est-il différent en Principauté, notamment avec les entreprises monégasques ?

Même si nous avons moins ressenti cette crise, les entreprises sont quand même inquiètes. Il n’y a pas d’exception. Je le vois avec des entreprises de yachting, qui avaient de beaux projets de communication et qui ont mis leurs projets en stand-by. Ils réfléchissent pour le moment à savoir s’ils vont relancer ces campagnes ou non. D’autres sont moins impactés. Il y a deux facettes. La partie BTP, par exemple, continue de plus belle et nous permet de relancer le textile et nos projets de communication. Les autres, quant à eux, ont tendance à freiner leurs actions.