Depuis plusieurs semaines, le pilote monégasque fait l’objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux suite à sa décision de ne pas mettre un genou à terre avant chaque début de Grand Prix. Visiblement excédé, il s’est exprimé à ce sujet il y a quelques jours sur Twitter.

« Je ne suis pas raciste et je déteste absolument le racisme. Le racisme est dégoûtant ». Le 6 août dernier, Charles Leclerc, pilote de F1 pour la Scuderia Ferrari, a posté une série de tweets afin de répondre aux critiques qui lui sont faites depuis plusieurs semaines. Ce qui lui est reproché ? Ne pas s’agenouiller lors des cérémonies de soutien à la cause antiraciste, organisées avant chaque début de course. Ce geste a été popularisé en 2016 par Colin Kaepernick, un joueur de football américain, pour dénoncer les violences policières à l’encontre des Afro-Américains aux États-Unis.

 « Je ne fais pas de politique »

« Je ne veux plus être jugé. Je n’accepte pas d’être appelé comme je l’ai été ces dernières semaines, très négativement bien sûr, simplement parce que je ne mets pas un genou à terre », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse en marge du Grand Prix du 70e anniversaire. Sur ses réseaux sociaux, le pilote de 22 ans a déclaré ne pas vouloir voir son image utilisée pour promouvoir de « mauvaises idées », ajoutant : « Je ne fais pas de politique et je ne veux pas être impliqué là-dedans ».

Un constat partagé par Carlos Sainz Jr, de l’écurie McLaren. Tout comme Leclerc, l’Espagnol fait partie des quelques pilotes à rester debout lors des manifestations antiracistes précédant chaque départ de course. « Qu’est-ce que le fait de s’agenouiller a à voir avec le fait d’être raciste ou non ? C’est un simple geste, ça ne change rien. C’est désormais plus au sujet de qui s’agenouille, plutôt que de savoir qui est contre le racisme », a-t-il déclaré à Nextgen-auto.

Les pilotes victimes de pression ?

Le Madrilène, qui rejoindra Charles Leclerc chez Ferrari l’année prochaine, a dénoncé « la pression sous laquelle se trouvent les pilotes de F1 dans les médias, et la manière dont les gens sont confus au sujet de ce qui est raciste et de ce qui ne l’est pas », ajoutant qu’à « titre personnel, je pense que l’on devrait arrêter d’en parler et tourner la page ».

Les manifestations antiracistes des Grands Prix de F1 ont été organisées à l’initiative de Lewis Hamilton, seul pilote noir du plateau. Très impliqué dans le mouvement « Black Lives Matter », le pilote Mercedes a été le premier à briser le silence autour du racisme et du manque de diversité au sein de la discipline reine du sport automobile. Il n’avait d’ailleurs pas hésité à critiquer ses collègues pilotes, leur reprochant leur silence malgré la montée en puissance du mouvement.

Interrogé par l’AFP mi-juillet, Jean Todt, président de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), avait déclaré vouloir laisser aux pilotes la possibilité de s’exprimer, de quelque façon qu’il soit. « Il y en a qui peuvent avoir envie de se mettre à genoux (pour protester contre le racisme), il y en a qui peuvent ne pas avoir envie de s’exprimer de la même manière. C’est la liberté, la démocratie ».