En cette période de pandémie, les enfants sont soumis à une série de règles sanitaires au sein des établissements scolaires. Si l’objectif premier est d’assurer leur sécurité, il n’en reste pas moins délicat d’être élève en 2020.

Il est loin le temps où les enfants n’avaient qu’à se préoccuper de leurs devoirs et du goûter qu’ils allaient emporter dans leur sac. Aujourd’hui, coronavirus oblige, les sucreries et autres divertissements sont laissés au vestiaire. Seul le masque s’érige en maître dans les salles de récréation. C’est dire que depuis le premier confinement le 17 mars dernier, il fait partie du décor pour la jeune génération. Toutefois, suite à l’annonce du second le 29 octobre et depuis l’obligation du masque dès 6 ans par le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, il fait partie de la norme. Si les écoliers français se sont retrouvés contraints de s’équiper en masques, à Monaco – où un couvre-feu a été mis en place à compter du 1er novembre entre 20 h et 6 h – l’accessoire était déjà source de fanfaronnade.

Aucun élève n’a contracté la Covid-19 au sein des établissements scolaires depuis la rentrée 2020

Protocole sanitaire renforcé en Principauté

Entre tissus colorés, motifs fleuris et initiales incrustées, les bambins semblent s’être portés au jeu des gestes barrière, à en croire Isabelle Bonnal, Directeur de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports à Monaco : « Ils ont l’impression d’être déguisé pour aller au carnaval. » Une délicieuse innocence dans un univers où Cendrillon n’est plus la seule à veiller à la désinfection des lieux. « Il y a une limitation des brassages et des attroupements des élèves comme du personnel, avec la mise en place d’horaires d’entrée et de sortie décalés et de sens de circulation » assure Isabelle Bonnal. Et d’ajouter : « Aucun élève n’a contracté la Covid-19 au sein des établissements scolaires depuis la rentrée 2020. » En effet, les mesures sanitaires prises en Principauté permettent d’assurer un lien avec l’enseignant, contrairement aux cours à distance : « Lors du premier confinement, certains ont fait une petite dépression parce que leur maîtresse leur manquait trop. »

Des syndicats d’enseignants sceptiques

Entre six et sept ans, les enfants se familiarisent avec les mots. En ce qui concerne les difficultés d’apprentissage au niveau de la prononciation, Isabelle Bonnal a la solution : « On a proposé des masques transparents pour que les enfants puissent reproduire les mêmes mouvements de la bouche que leur professeur. » De l’autre côté de la frontière, à Nice, le coeur n’est pas à la lecture. Les syndicats contestent la sécurité sanitaire dans les écoles. C’est d’ailleurs à ce sujet qu’ils ont manifesté le 10 novembre dernier sur la place Masséna et partout en France. « Nous souhaitons que le protocole soit renforcé pour éviter une autre fermeture des écoles. Cette éventualité serait une catastrophe, car les enfants et élèves ont déjà pris beaucoup de retard » pointe Gilles Jean, secrétaire départemental du SNUIPP 06.

Le rectorat à la rescousse

Face à la multitude de projets des établissements scolaires, les syndicats appellent aussi à une unicité dans la gestion de la crise. Pour cela, nul besoin de frotter dans la lampe d’Aladin puisque le rectorat de Nice a mis en place une cellule académique de la continuité pédagogique dédiée à l’enseignement du second degré. L’un de ses membres, Emmanuel Erard, explique le concept : « Le recteur a demandé aux établissements de proposer des projets permettant d’assurer de bonnes conditions d’enseignement, tout en respectant les conditions sanitaires. Les propositions sont vite traitées afin d’assurer une mise en oeuvre rapide. » En attendant, qu’ils aient 6 ou 16 ans, les élèves sont en sécurité, mais bien loin du pays des merveilles.