Inaugurée en présence de S.A.S la Princesse Stéphanie, l’exposition « Une Maison pour la vie – Portraits de résidents » réunit des dizaines de portraits de personnes atteintes du VIH. Une exposition touchante, à découvrir jusqu’au 23 juillet à l’Espace 22.

La première photo qui nous marque est celle d’une femme à torse nu. Sous le relief de ses seins, exacerbé par le noir et blanc, on peut lire en grosses lettres noires « À refaire ». Un code barre suit.

 « C’est une résidente de la maison de vie qui venait d’avoir une reconstruction mammaire suite à un cancer du sein » nous explique Julien-Daniel Guedet, qui a photographié les résidents de la Maison de vie de Carpentras pour l’exposition. « Le produit final, pour ainsi dire, ne lui avait pas plu et le code barre exprime justement ce sentiment de réification du corps sous la main du chirurgien. »

Quelques fois ils se sont reconnus dans le produit final, d’autres fois ils sont restés surpris de leur audace face à l’objectif.

L’exposition « Une Maison pour la vie – Portraits de résidents » est le fruit de la collaboration de Fight Aids Monaco e de la Maison de vie de Carpentras. Un lieu unique en Europe, la Maison de vie propose aux personnes vivant avec le VIH des courts séjours de répit, de ressourcement et d’accompagnement en prévention santé. Elle est le fruit de la volonté de S.A.S la Princesse Stéphanie et Son association Fight Aids Monaco. 

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L’exposition est axée sur le rapport au corps

Les photos de l’exposition à l’Espace 22 sont centrées autour de quatre thèmes différents : les paysages, la métamorphose, le noir et blanc, et un atelier body art. « Chaque résident a choisi la thématique et comment se représenter » nous explique Didier Rouault, directeur de la Maison de vie. « Quelques fois ils se sont reconnus dans le produit final, d’autres fois ils sont restés surpris de leur audace face à l’objectif. » 

Nous voulons permettre à nos résidents de se reconstruire une histoire de vie à partir du traumatise qu’a pu être leur histoire avec le VIH.

Le corps demeure l’aspect central de l’exposition. Pas toutes les personnes photographiées cherchent à le dévoiler. La progression des portraits montre à quel point l’expérience de chaque séropositif est individuelle. Certains se mettent à nu, d’autres cherchent à s’effacer. Si vous descendez dans le sous-sol de l’Espace 22, vous découvrirez une femme dont le corps n’est désormais qu’une silhouette remplie par un coucher de soleil tropical. Une mouette s’envole au niveau des épaules englouties par le ciel ouateux. 

S.A.S la Princesse Stéphanie et Didier Rouault, Directeur de la Maison de vie, à l’inauguration de l’exposition. © Frederic Nebinger

La photo : un moyen privilégié de reconstruction

Didier Rouault nous explique que la photo devient un moyen de reconstruction pour la personne photographiée. « Dans ces photos, vous avez à la fois l’histoire de vie difficile que nos résidents portent sur leurs épaules, qu’une énergie de reconstruction. Et cela fait partie du but de la Maison de vie, de permettre à nos résidents de se reconstruire une histoire de vie à partir du traumatise qu’a pu être leur histoire avec le VIH » s’émeut-il.

Quoi qu’on en dise, la créativité permet de survivre et de vivre.

« Quoi qu’on en dise, la créativité permet de survivre et de vivre » poursuit-il. « Elle permet la reconstruction de l’estime de soi. » 

Un dernier parmi les dizaines de portrait saisit notre attention. C’est une homme. Sur son front, des ruisseaux de rides prennent leur source à ses lèvres qui crient. Titre : Un cri pour la vie. On dirait Munch, Le Cri. Cependant, ici, crier ne semble pas être un symbole de désespoir, mais la preuve même de l’espoir, car la preuve même de la vie.

L’exposition « Une Maison pour la vie – Portraits de résidents » est à découvrir jusqu’au 23 Juillet à l’Espace 22, 24 Boulevard d’Italie. Si vous voulez en savoir d’avantage sur la Maison de vie, cliquez ici pour visiter leur site internet.