À l’occasion du début de la Monaco Ocean Week, le navigateur allemand et le vice-président du Yacht Club de Monaco ont présenté les grandes lignes de leur nouveau programme de course, à bord du dernier né des Malizia, le troisième du nom.

Il a d’abord pris le temps de la réflexion, au point d’hésiter, longuement. Mais la passion était trop grande, trop forte. Après quelques semaines de repos amplement mérité au terme d’un premier Vendée Globe inespéré où il a terminé à la quatrième place, Boris Herrmann a finalement pris la décision de repartir à l’assaut des océans.

C’est la première fois que nous construisons notre propre bateau

Boris Herrmann

À 40 ans, le skippeur allemand du Yacht Club de Monaco s’apprête à vivre trois années palpitantes, à bord du Malizia III, un vaisseau des mers unique dans sa catégorie. « C’est la première fois que nous construisons notre propre bateau, a révélé Boris Herrmann. Nous avons pu apporter notre vision et nos idées, avec un nouveau bateau aux formes plus rondes, pas très rapide sur une mer calme, mais efficace dans des mers agitées, comme on s’attend à affronter sur le prochain Vendée Globe. »

Un bateau plus lourd, à la forme d’une « banane », qui sera mis à l’eau pour la première fois le 19 juillet prochain à Lorient. « Boris a pris des décisions difficiles dans le dessein du bateau, on ne sait pas si cela va payer, mais je pense sincèrement que l’on a pris la bonne direction, a confié Pierre Casiraghi.

Ce retour n’était pas une évidence, quand Boris a terminé le premier Vendée Globe, il n’avait pas vraiment envie de repartir. Ce sont des moments tellement difficiles, vivre quatre-vingt jours seul, avec très peu de sommeil. Mais en construisant notre propre bateau, nous avons une chance énorme. C’est une expérience qui s’annonce unique. »

Un bateau visible en Principauté à l’été 2023

Dès cette année, et seulement quelques semaines après la fin de sa conception et de sa mise à l’eau, le nouveau Malizia III prendra le départ de la Route du Rhum, mythique course en solitaire qui s’élancera depuis Saint-Malo jusqu’en Guadeloupe.

En janvier 2023, Boris Herrmann prendra cette fois le départ de l’Ocean Race, qui partira d’Alicante et qui fera notamment escale au Cap-Vert, à Cape Town, en passant par le mythique Cap Horn pour une arrivée au Brésil. « Nous allons retrouver là-bas les mêmes conditions qu’au Vendée Globe, admet Boris Herrmann. C’est là que nous allons savoir si notre concept fonctionne. »

Pierre est impliqué dans le projet à fond, en plus d’être un ami et un grand soutien moral pour moi

Boris Herrmann

C’est à l’issue de ces deux grandes courses que le Malizia III naviguera pour la première fois en Méditerranée, avec une escale à Gênes en juin et une arrivée à Monaco en juillet 2023. Après la Transat Jacques-Vabre, Boris Herrmann pourra enfin se concentrer sur le Vendée Globe 2024, le grand objectif de la Team Malizia. Avec toujours un laboratoire à bord, afin d’apporter de nouvelles données aux scientifiques.

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« Ce sont des zones avec peu de données. En Antarctique, presque aucun bateau ne se balade, il n’y a aucun traffic marchand, explique le navigateur. Nous sommes quasiment les seuls à nous y rendre. Avec au programme deux tours du monde, nous allons à nouveau pouvoir faire le plein de données. »

Financé en grande partie par ses sept sponsors, dont le Yacht Club de Monaco, le Malizia III affiche son lot de promesses. De quoi ravir l’inséparable duo que forme Boris Herrmann et Pierre Casiraghi. « Pierre est impliqué dans le projet à fond, en plus d’être un ami et un grand soutien moral pour moi. »

Un projet énorme qui aura une grande résonance auprès de la jeune génération du Yacht Club de Monaco. « Notre volonté est de transmettre aux jeunes et d’impliquer tous les enfants de l’école de voile, souffle Pierre Casiraghi. Ils sont curieux et ont envie de protéger leur environnement. C’est un plaisir d’échanger avec eux. »