Interview

Eliaquim Mangala, des pelouses de Premier League à Peace and Sport

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SPORTEL Awards

International français à huit reprises, passé par le FC Porto, Manchester City, le Valence CF ou encore l’AS Saint-Etienne, Eliaquim Mangala (31 ans) se sent prêt à relever un dernier challenge.

Mais en attendant de retrouver un club, le souriant défenseur central est devenu Champion de la Paix au sein de l’organisation internationale Peace and Sport. Membre du jury lors des SPORTEL Awards, Eliaquim Mangala est revenu pour Monaco Tribune sur son nouveau rôle au sein de Peace and Sport et sa première mission humanitaire le mois dernier dans la banlieue de Bogota en Colombie.

Eliaquim, qu’est-ce que cela représente pour vous d’être ici pour la première fois, en tant que membre du jury ?

C’est un honneur. En tant qu’athlète, quand nous sommes en compétition, nous ne faisons pas forcément attention à tout ce qui entoure le milieu sportif. Mais derrière les documentaires, les photos, les livres, se sont de véritables artistes. C’est aussi grâce à eux que le public peut nous suivre. Ils participent à toute cette ampleur autour du sport. Je me rends vraiment compte que l’on forme tous ensemble une même famille.

Pensez-vous qu’il est possible de s’investir dans des causes humanitaires pendant sa carrière ?

C’est une question d’équilibre. Mais les calendriers sont de plus en plus chargés, surtout dans le football. Il faut trouver un moyen de concilier les deux sans perdre trop d’énergie. Mais c’est important de s’investir et de prendre conscience de l’immense impact du sport dans le monde. C’est un langage universel.

Comment avez-vous intégré la grande famille des Champions de la Paix de Peace and Sport ?

J’ai rencontré Marlène (Harnois) en 2021. Elle m’a parlé de l’organisation et de ce que l’on pouvait mettre en place ensemble. Je n’avais pas de club à ce moment-là. Cela m’a permis de m’investir plus sur le terrain (entre temps, il a signé à l’AS Saint-Etienne durant la deuxième partie de saison 2021-2022).

Quelles ont été vos premières opérations avec Peace and Sport ?

J’ai eu la chance, je dis bien la chance, de partir en Colombie le mois dernier. Je n’aurais jamais pu partir si j’avais été sous contrat avec un club. Sur place, c’était une expérience formidable. Nous avons pu transmettre aux enfants cet espoir de croire en leurs rêves. Nous étions sur un terrain perché à 3000 mètres d’altitude, dans un décor magnifique. Normalement, personne ne va voir ces jeunes.

Le sport est synonyme de courage et de tolérance et nous espérons à terme aller vers la paix à travers le sport

Eliaquim Mangala

À Bogota, peu d’enfants ont accès au sport. Nous sommes loin de la réalité que nous connaissons tous chez nous. C’était une journée chargée en émotions, pour les parents, pour tout le monde. J’espère qu’un jour, un enfant que j’ai croisé là-bas fera une carrière professionnelle et pourra raconter son histoire.

©Peace and Sport

Quel impact a eu le sport sur votre développement personnel ?

Personnellement, j’ai eu la chance d’atteindre beaucoup de mes objectifs. Passer professionnel, évoluer dans un grand club, disputer la Ligue des champions, être international français. J’ai réussi à concrétiser ces rêves. J’en suis fier. Le sport m’a forgé et m’a permis de me surpasser. Je retiens des moments inoubliables et des relations humaines fortes.

Ma carrière n’est pas du tout terminée. Je peux jouer jusqu’à mes 40 ans sans problème

Eliaquim Mangala

Il permet aussi de se découvrir, de mieux se connaître soi-même, d’apprendre d’un coéquipier, dans les sports collectifs, ou d’un adversaire, dans les sports individuels. Quoi qu’il arrive dans le sport, le chemin est le même pour tout le monde. Les règles aussi. Comme dans la société. Le sport est synonyme de courage et de tolérance et nous espérons à terme aller vers la paix à travers le sport.

Comment doit-on vous définir. Comme un joueur encore en activité ou un jeune retraité ?

Ma carrière n’est pas du tout terminée. Je n’y ai pas mis fin. Je m’entraîne à Paris avec un préparateur physique. Je me sens « amazing » dans mon corps (sourire). Je peux jouer jusqu’à mes 40 ans sans problème.

Quels sont vos futurs projets ?

Je veux continuer à transmettre mes valeurs à travers Peace and Sport, mais j’aimerais aussi lancer une académie virtuelle, accessible à tous, avec des modules animés par des professionnels sur plusieurs sujets comme la nutrition, le business, etc. Pour les personnes souhaitant se développer personnellement dans une thématique en particulier ou dans plusieurs.

Je voudrais aussi créer une académie physique cette fois, afin de former les jeunes joueurs en centre de formation sur tout ce qui entoure une carrière professionnelle. Comment faire un prêt à la banque par exemple. Quand tu es footballeur professionnel, tu dois beaucoup déléguer. Et si tu maîtrises les bases des tâches que tu délègues, tu peux éviter les arnaques. Il y a beaucoup d’exemples de joueurs qui ont été abusés financièrement. Et pour ceux qui ne font pas carrière, cela leur permettra d’avoir des bases pour leur vie personnelle et professionnelle.