Interview

Balthazar Seydoux : « Je souhaiterais prolonger mon engagement pour bien loger tous les Monégasques »

balthazar seydoux
© Conseil national

Candidat pour un nouveau mandat aux élections nationales, Balthazar Seydoux espère des améliorations sur les questions relatives au logement, à l’emploi, à la mobilité et à l’attractivité en Principauté.

A l’approche des élections nationales, le 5 février prochain, la liste de l’Union Nationale Monégasque, conduite par Brigitte Boccone-Pagès, compte Balthazar Seydoux, actuellement Vice-Président de l’Hémicycle et Président de la Commission des Finances et de l’Économie Nationale.

S’il est à nouveau élu, Balthazar Seydoux souhaite voir le Gouvernement et le Conseil national collaborer davantage, en particulier sur les problématiques liées à la qualité de vie des Monégasques et des résidents.

Vous vous présentez à nouveau aux élections nationales, quels sont vos objectifs en cas de réélection ?

Pour cette prochaine mandature, je souhaiterais prolonger mon engagement pour bien loger tous les Monégasques, à faire en sorte que chacun d’entre eux puisse trouver dans son pays un emploi de qualité et que la place monégasque soit toujours plus attractive. Je souhaite aussi veiller au respect des lignes rouges dans le cadre des négociations avec la Commission Européenne, pour un éventuel accord d’association avec l’Union Européenne.      

Quel bilan dressez-vous de votre précédent mandat ? Quelle est votre plus grande fierté ?

Lors de ce mandat, j’ai eu la chance de présider la Commission des Finances et de l’Économie Nationale. Je me suis investi avec toute mon énergie pour remplir pleinement cette fonction. J’ai dirigé la rédaction des rapports de la Commission, soit plus de dix rapports relatifs aux budgets primitifs et rectificatifs. C’est un travail intense et passionnant avec l’ensemble des élus et des équipes du Conseil national.

A travers cette Commission, nous avons aussi voté de nombreux textes de loi pour continuer à structurer et faire avancer notre économie. Notamment, la proposition de loi sur les marchands de biens, qui permettra une fois que l’on aura fini d’étudier le projet de loi, de structurer cette activité et d’apporter de nouvelles recettes de TVA en Principauté.

Durant la crise Covid, j’ai été l’un des membres du Comité Mixte de Suivi de la Crise Covid et nous avons eu de très nombreuses réunions avec le Gouvernement pour défendre l’intérêt des Monégasques et prendre les meilleures décisions en cette période d’incertitudes. Nous avons également, avec ma collègue Corinne Bertani, participé activement à la Commission d’Accompagnement à la Relance Économique, à travers laquelle nous avons pu aider de nombreux compatriotes et entreprises monégasques, sans compter les budgets rectificatifs d’urgence pour répondre immédiatement aux conséquences de la crise.

Depuis l’élection de Mme Boccone-Pagès en tant que Présidente du Conseil national, vous occupez le poste de Vice-Président. Comment avez-vous appréhendé cette fonction ? Quel est votre regard sur la Présidence menée par Mme Boccone-Pagès ?

En plus de mon rôle en tant que Président de la Commission des Finances et de l’Économie Nationale, j’ai eu récemment l’honneur d’être élu en tant que Vice-Président du Conseil National. A ce titre, je participe plus encore à la bonne harmonie du travail collectif de l’ensemble des élus, dans l’Union Nationale.

Concernant Brigitte Boccone-Pagès, j’aimerais exprimer ma fierté d’appartenir à ce Conseil national présidé pour la première fois par une femme. Elle travaille dans la continuité des travaux entrepris par l’ancien Président Stéphane Valeri et elle assume pleinement ce rôle.

Vous avez déclaré lors de la séance que l’Etat « ne devait pas prendre votre vote du Budget Primitif 2023 pour un blanc-seing » et qu’il existait de nombreux sujets sur lesquels « vous n’étiez pas en phase. » Pouvez-vous nous donner quelques exemples ? Qu’attendez-vous de l’Etat pour l’avenir ?

Durant ces cinq ans de mandature, nous avons eu de nombreux désaccords avec le Gouvernement. Pour certains, nous avons réussi à trouver des solutions concrètes, comme le Plan National Logement, qui va permettre la livraison de plus de 600 appartements d’ici la fin 2023.

Sur d’autres sujets, comme la politique de mobilité, la charge législative ou le sujet concernant l’Europe, nous avons encore de nombreuses divergences entre nos deux Institutions. Nous attendons du Gouvernement qu’il fasse preuve de plus d’anticipation et qu’il prenne des décisions concrètes au-delà des études. Le Gouvernement doit également respecter les prérogatives du Conseil national et avoir des échanges en amont sur les sujets importants, afin de travailler ensemble plus efficacement.   

Vous avez indiqué également que le Conseil national attend « des solutions concrètes et rapidement réalisables sur le logement et la mobilité. » A quelles solutions songez-vous ?

Concernant la mobilité, cela fait plus de dix ans que les élus du Conseil national se sont vus présenter différents projets tels qu’un métro, une télécabine, des parkings relais à l’entrée Est et Ouest. Mais à ce jour, le Gouvernement n’a toujours pas pris de décision sur l’opportunité de réaliser l’un ou plusieurs de ces projets.  

Les difficultés de mobilité que nous rencontrons actuellement pour venir en Principauté, mais aussi pour y circuler, sont un réel frein pour notre attractivité et notre qualité de vie. Il est urgent de prendre des décisions. Car qu’importe le projet que le Gouvernement choisira, il va falloir attendre de nombreuses années avant de pouvoir en ressentir les effets concrets.

Concernant le logement, nous avons demandé au Gouvernement, lors de nos derniers débats budgétaires, de revenir avec au moins une opération domaniale, tant pour combler le manque des années 2025/2026, que pour commencer à préparer l’avenir.

Il est impératif que le Gouvernement continue à préempter autant que possible pour acquérir du foncier et lui permettre ensuite de pouvoir concevoir des projets structurants pour notre pays. Il faut qu’il ait une réflexion sur le court, moyen et long terme. Nous serons encore son partenaire institutionnel pour l’accompagner en ce sens, celui de l’intérêt général.