Accident de la No Finish Line : l’ancien ministre d’État Serge Telle condamné six ans après les faits
Le tribunal correctionnel de Monaco a rendu son verdict mardi 16 décembre dans l’affaire de l’accident survenu lors de l’édition 2019 de la No Finish Line.
Serge Telle, ancien ministre d’État, le fondateur de la course solidaire Philippe Verdier et l’association Children & Future ont été reconnus coupables de blessures involontaires. Six ans après les faits, la justice a tranché. Le 23 novembre 2019, à 14h28, une déferlante avait balayé la digue Est de Fontvieille pendant la No Finish Line. Madame M., violemment projetée par-dessus la rambarde, garde aujourd’hui encore les traces de ce drame.
L’ancien ministre d’État sanctionné pour sa décision
Serge Telle, qui dirigeait le gouvernement Princier au moment des événements, a été condamné à deux mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Il a été sanctionné pour avoir autorisé la réouverture de la digue à midi, alors que les autorités l’avaient interdite la veille face aux alertes météo. Le tribunal a retenu qu’il avait pris sa décision après une simple observation visuelle des conditions en mer et qu’il n’avait pas vérifié que les organisateurs pouvaient effectivement appliquer les mesures de sécurité qu’il leur avait demandées. Une seule bénévole surveillait la zone au moment du drame, sans moyen de communication adapté.
Six mois avec sursis pour le fondateur de la course
Philippe Verdier, créateur de la No Finish Line, écope de la sanction la plus importante : six mois de prison avec sursis et 9 000 euros d’amende. C’est lui qui avait sollicité Serge Telle pour allonger le parcours malgré le refus initial du département de l’Intérieur. Les juges ont relevé l’absence de dispositif de surveillance approprié et le fait qu’aucune mesure n’avait été prise pour fermer à nouveau la digue alors que la météo se dégradait.
Enfin, l’association Children & Future, organisatrice de l’événement, a été sanctionnée à hauteur de 8 000 euros d’amende avec sursis. Le tribunal a tenu compte de la vocation caritative de la structure pour moduler la peine, malgré les défaillances constatées dans l’organisation de la sécurité.
Les trois condamnés devront verser ensemble 20 000 euros de provision à madame M. Cette somme provisoire précède une indemnisation définitive qui sera déterminée après une nouvelle expertise médicale ordonnée par le tribunal.







