Avec son premier roman, Richard Rizza se confie : « La trentaine, je la vis plutôt bien »
À 33 ans, Richard Rizza mène plusieurs vies en parallèle. Employé à la Direction du Tourisme de Monaco depuis 2015, il est aussi l’auteur d’un roman, d’un recueil de nouvelles et de deux albums musicaux.
Né à Monaco, Richard Rizza a quitté la Principauté pour poursuivre ses études à Nice puis Cannes, en marketing touristique. Il suit en parallèle des études par correspondance de journalisme. Cette double formation lui ouvre les portes d’une rédaction sportive à Paris, où il couvre le football. Il travaille aussi comme pigiste pour Monaco Matin pendant ses études. C’est finalement le tourisme qui l’emporte. En 2015, il rejoint la direction du tourisme de Monaco.
Mais l’écriture ne l’a jamais quitté. Derrière cette vocation, une figure paternelle déterminante : son père, professeur de français avant de terminer sa carrière dans la direction du lycée technique de Monaco, a su transmettre sa passion sans forcer. « Il ne m’a pas poussé vers l’écriture, j’y suis allé naturellement. Il avait d’autres passions comme le sport, et j’y ai plongé aussi. La gastronomie en revanche, pas du tout », raconte Richard. Une transmission qui passait par des moments simples : « On lisait des articles ensemble, on parlait de la façon dont les gens écrivaient. Et progressivement, l’écriture a pris de plus en plus de place jusqu’à ce que j’aie vraiment envie d’écrire. »

Disparu il y a dix ans, son père reste omniprésent dans sa vie créative : « Mon papa est avec moi au quotidien et me donne de la force. »
Un équilibre trouvé
Richard Rizza a publié son recueil de nouvelles « Les prémices de l’Aube » en 2021. Puis deux albums musicaux sous le pseudonyme « Richy » : « Simple témoin » et « Préceptes modernes ». Un nom d’artiste naturel : « Ma famille et mes proches m’ont toujours appelé Richy. Au moment où j’ai fait mon premier album, c’est venu assez naturellement ». Pour ses livres, il conserve son nom complet, Richard Rizza, qu’il juge plus approprié pour la littérature.
Comment concilie-t-il tout cela avec son travail ? « Je remercie déjà les pauses-déjeuner ! », lance-t-il avec humour. « J’ai pas mal de défauts mais je pense que je maîtrise assez bien mon temps ». Il reconnaît également avoir le temps de se consacrer à ses passions : « Je n’ai pas d’enfants donc je ne peux pas me comparer aux parents qui commencent leur deuxième journée à 18 heures. J’arrive plutôt bien à gérer le côté artistique et le travail. »
Entre écriture et musique, il préfère ne pas choisir : « J’aime tellement écrire que tout support est le bienvenu ». Les deux formes répondent à des besoins différents : «Je n’ai pas le même propos pour un livre et pour la musique ». La musique implique aussi davantage de collaboration : «Je suis juste auteur interprète, je ne compose pas, je ne joue pas d’instrument, donc je suis obligé de m’entourer. C’est un autre plaisir que le plaisir solitaire d’écrire. »

La musique est venue pour les mêmes raisons que l’écriture : « J’ai vécu tellement d’émotions dans la musique et dans les livres que j’avais envie d’en être l’acteur et l’auteur, et pas seulement le spectateur ou l’auditeur. J’avais vraiment besoin de passer de l’autre côté pour voir ce que ça faisait. »
Ses inspirations musicales ? Ben Mazué et Gaël Faye, qu’il suit depuis longtemps. Côté littérature, Nicolas Mathieu et Marin Fouquet font partie de ses auteurs de référence.
Le sport, autre passion dévorante
Le sport occupe une place centrale dans sa vie. Supporter de l’AS Monaco et de la Roca Team, il suit aussi le tennis, le rugby et le cyclisme : « Tout sport est bon à prendre pour moi ! Je suis un grand supporter de l’AS Monaco, c’est vraiment comme Obélix, je n’ai pas choisi, je suis tombé dedans avec ma famille ». Les exploits des sportifs monégasques le touchent particulièrement : « Quand je vois Valentin Vacherot percer aux yeux du grand monde, je suis très content et fier. C’est un joueur que je suis depuis quelques années. Et pareil pour Victor Langelotti quand il fait des exploits, ça me rend heureux ! »
Les voyages complètent le tableau de ses passions, même s’il admet voyager moins depuis la période covid. Ses proches le taquinent aussi sur son intérêt pour l’actualité géopolitique : « Mes proches me chambrent pas mal là-dessus ! », confit-il.
Un roman pour parler de sa génération

Avec « La trentaine bien cadrée », son premier roman, Richard Rizza voulait parler de sa génération. Celle qui arrive à l’âge des grands questionnements : mariage, enfants, famille, maison, passions. Le livre suit une bande de cinq amis confrontés à ces choix. Pour ce premier roman, il a choisi un univers qu’il maîtrise : « J’avais d’autres idées de romans et d’histoires, mais je voulais vraiment commencer par quelque chose que je maîtrise. Ça se sent lorsqu’on lit un livre si l’auteur maîtrise ou non son sujet. »
Sa propre trentaine, Richard Rizza la vit sereinement : « J’ai fait des choix plus tôt, avant la trentaine, pour que tout se passe bien et je la vis plutôt bien ». Il assume même les premiers signes du temps qui passe : « Je commence à avoir un bout de barbe blanche et je le vis bien aussi ! »
Sa plus grande fierté aujourd’hui ? « Pouvoir être entouré des gens qu’on aime, les choisir et évoluer avec eux ». Il se sent proche de la vie qu’il imaginait plus jeune « même si on peut toujours faire mieux. »
Défendre son projet
Richard Rizza commence déjà à réfléchir à un deuxième ouvrage. Sans délaisser la musique pour autant, mais cette fois, il veut se donner les moyens de profiter et de défendre son travail : «Ce que je n’avais pas fait sur mes albums ou même sur mon premier recueil de nouvelles ». Il pense notamment à participer à des salons du livre, rencontrer du monde. En attendant, il donnera sa première séance de dédicaces à la Fnac le 31 janvier, qu’il aborde sans stress.







