Pourquoi vos bonnes résolutions ne survivront pas à février (et comment enfin les tenir)
Chaque début d’année, les bonnes résolutions s’accumulent… avant de disparaître quelques semaines plus tard. Manque de volonté ? Pas vraiment. Dans cette tribune, la coach en transitions Laurence Shukor décrypte les raisons pour lesquelles la majorité des résolutions échouent et partage des clés concrètes pour transformer l’intention en changement durable.
Janvier : le mois des promesses… et des renoncements discrets
Chaque début d’année, le scénario est immuable.
On promet de faire plus de sport, de mieux manger, de mieux s’organiser, de lever le pied, de changer certaines habitudes. L’énergie est là, l’optimisme aussi.
Puis février arrive.
Les résolutions commencent à s’étioler, discrètement, sans fracas. Les baskets prennent la poussière, les bonnes intentions se diluent dans le quotidien.
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est un malentendu sur la nature du changement.
Le mythe de la motivation
Nous aimons croire que la motivation est la clé de tout. Or, elle est instable, sensible au stress, à la fatigue, aux imprévus. Elle fluctue, parfois fortement, sans prévenir.
Comme le rappelait Peter Drucker, figure majeure du management moderne :
« Les plans ne sont que de bonnes intentions s’ils ne se transforment pas immédiatement en actions concrètes. »
Une résolution n’échoue pas parce qu’elle manque d’envie, mais parce qu’elle reste trop souvent au stade de l’intention. Sans traduction pratique, elle s’efface face aux contraintes du quotidien.
Trop, trop vite, trop parfait
Autre piège classique : vouloir tout changer d’un coup.
Nouvelle hygiène de vie, nouveaux objectifs, nouveau rythme, immédiatement et durablement.
Ce perfectionnisme est souvent nourri par des injonctions internes bien connues : sois parfait, fais des efforts, dépêche-toi. Résultat : une pression excessive, suivie d’un abandon rapide dès le premier écart.
Le changement ne s’effondre pas par manque de discipline, mais par excès d’exigence.
Des résolutions pensées hors sol
Beaucoup de résolutions sont construites sans tenir compte de la réalité : charge mentale, contraintes professionnelles, variations d’énergie, imprévus.
Un objectif qui ne s’adapte pas à la vie telle qu’elle est vécue n’a que peu de chances de durer.
Le changement durable n’est ni spectaculaire ni radical.
Il est progressif, pragmatique et incarné.
Les tips de coach pour que certaines résolutions tiennent (vraiment)
1. Réduire l’objectif à l’essentiel
Mieux vaut petit et constant que grand et éphémère.
2. Clarifier le sens
Une résolution portée par un “pourquoi” clair résiste mieux à l’érosion du temps.
3. Intégrer l’imperfection
Un écart n’annule pas le processus. Il en fait partie.
4. Transformer l’intention en habitude concrète
Quand, où, comment, sans ces repères, la résolution reste théorique.
5. Choisir une seule priorité
La clarté favorise la constance. La dispersion la sabote.
Changer moins, mais mieux
Les bonnes résolutions échouent rarement par manque de désir.
Elles échouent parce qu’elles sont pensées comme des exploits plutôt que comme des ajustements.
Changer, ce n’est pas se forcer.
C’est installer.
Et si, cette année, la meilleure résolution était simplement de faire un peu moins… mais suffisamment bien pour durer ?
Laurence Shukor, est une coach certifiée, spécialisée sur les problématiques de transitions personnelles et professionnelles.











