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Reportage

Speed mentoring #GirlBoss à Monaco : vingt femmes inspirent la relève pour la Journée des Droits des Femmes

Céline Cottalorda faisait partie des mentors participant à l'évènement GirlBoss © Benjamin Godart - Monaco Tribune
Céline Cottalorda faisait partie des mentors participant à l'évènement GirlBoss © Benjamin Godart - Monaco Tribune

Pour la cinquième année consécutive, les associations AFCEM et SheCanHeCan ont réuni une vingtaine de femmes actives et des jeunes filles de 11 à 25 ans à l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes du 8 mars.

Mercredi 4 mars, le hall de l’Hôtel Le Méridien s’est transformé en un vaste espace de rencontres et d’échanges. Des tables rondes, des sourires, des carnets de notes griffonnés à la hâte : le speed mentoring #GirlBoss, organisé conjointement par l’Association des femmes chefs d’entreprises de Monaco (AFCEM) et SheCanHeCan, avec le soutien du Comité pour la Promotion et la Protection des Droits des Femmes, a de nouveau tenu ses promesses.

Le principe est simple mais redoutablement efficace : permettre à des jeunes filles, de la sixième à l’université, de rencontrer en tête-à-tête des femmes qui occupent des postes à responsabilités dans des secteurs aussi variés que la finance, l’immobilier, la haute couture, l’architecture, la santé ou encore le droit. L’année dernière, Charlotte Casiraghi était venue inspirer les jeunes filles. Cette année, côté secteur public, Céline Cottalorda, déléguée inter-ministérielle des droits des femmes, Benoîte Rousseau de Sevelinges, directrice du CHPG, ou encore Marine Grisoul, conseillère nationale, comptaient parmi les mentors présentes.

« On veut leur donner la confiance en soi »

Pour Johanna Houdrouge, présidente de l’AFCEM et co-organisatrice de l’événement avec Vibeke Brask Thomsen (SheCanHeCan), cette cinquième édition confirme que le choix des mentors répond à une volonté de diversité : « On se concerte pour sélectionner des femmes mentors qu’on essaye de renouveler chaque année, dans tous les secteurs et domaines d’activité, pour élargir les horizons », précise Johanna Houdrouge qui souhaite ainsi transmettre des valeurs d’égalité aux participantes.

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L’éventail des âges – de 11 à 25 ans – est délibéré. Dès le collège, l’objectif n’est pas tant l’orientation professionnelle que la construction de la confiance en soi. « Le plus important pour elles, c’est de prendre des responsabilités. Dans le domaine associatif, dans le domaine sportif ou bien sûr dans le domaine professionnel ou à l’école. À partir du moment où on prend des responsabilités, comme le fait de devenir déléguée de classe, cela donne confiance en soi. La confiance en soi donne la liberté d’être soi-même », insiste la présidente de l’AFCEM. Au lycée et à l’université, les échanges deviennent plus concrets, allant parfois jusqu’à des propositions de stages.

Parmi les thématiques qui suscitent le plus d’intérêt, le droit arrive en tête. « Les professions juridiques, avocates ou conseil national, sont souvent des domaines de prédilection pour les jeunes filles, car relativement féminin », observe Johanna Houdrouge. Mais les discussions débordent largement du cadre professionnel pour aborder les défis liés au fait d’occuper un poste à responsabilité.

« Être une femme, ça ne veut pas dire être plus faibles et avoir moins de chances de réussir »

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Du côté des participantes, l’enthousiasme est palpable. Victoria et Sasha, 13 ans toutes les deux, ont fait le déplacement avec la curiosité de celles qui commencent à dessiner leur avenir. « Ça me donne beaucoup d’espoir. Ça nous ouvre les portes pour commencer à se projeter dans le métier qu’on veut faire plus tard », confie Victoria. À ses côtés, Sasha explique avoir voulu comprendre « comment ces femmes ont fait pour atteindre un niveau aussi haut. »

Les deux collégiennes repartent avec des idées claires. Sasha hésite entre la médecine et le domaine artistique, marquée notamment par sa rencontre avec Stella Almondo, jeune prodige monégasque de 19 ans. Victoria, elle, a ciblé deux métiers : avocate et architecte d’intérieur. « Elles m’ont conseillé de faire des stages pour voir si j’aime le métier », lance-t-elle, déterminée à explorer ces options. Et le message principal retenu ? « Être une femme, ça ne veut pas dire être plus faibles et avoir moins de chances de réussir. Il ne faut pas avoir peur, il faut oser. Si on tombe, il faut toujours se relever », résument-elles d’une même voix. « Il y a de nombreux pays où les droits des femmes sont restreints. Nous avons la chance d’être à Monaco, dans un pays où les femmes sont considérées comme égales aux hommes », complète Sasha.

Un modèle exporté à l’échelle européenne

Au-delà de Monaco, le format #GirlBoss s’apprête à franchir les frontières. Le projet a été retenu par le Réseau mondial des Femmes Chefs d’Entreprises pour être dupliqué à l’échelle européenne. « En 2026, nous allons aider les associations européennes à faire cet événement dans leur pays. Nous créons des vocations en dehors du territoire monégasque, à l’échelle du continent », se réjouit Johanna Houdrouge, qui annonce déjà une sixième édition pour 2027.