Un jeune Monégasque percute un terre-plein avec un taux d’alcool quatre fois supérieur à la limite légale
Un jeune conducteur monégasque de 19 ans a été jugé devant le tribunal correctionnel de Monaco pour conduite sous l’emprise de l’alcool, après avoir percuté un terre-plein au volant de sa voiture.
Dans la nuit du 28 septembre 2025, les policiers sont alertés par un véhicule circulant à vive allure avenue de la Quarantaine. Le conducteur finit par percuter un terre-plein. À leur arrivée, les agents constatent immédiatement les signes évidents de l’ivresse. Le taux relevé, 0,95 mg par litre d’air expiré, soit l’équivalent de 2,1 grammes d’alcool par litre de sang, se révèle être en phase ascendante, indiquant une consommation récente au moment du contrôle. Il représente quatre fois le maximum légalement autorisé. Deux passagers se trouvaient à bord du véhicule. L’intéressé reconnaît avoir consommé deux bières ainsi que plusieurs gorgées de vodka Red Bull. « Je me sentais de conduire », confie-t-il à la barre, ajoutant que « tout le monde avait bu » et qu’il s’agissait de rentrer.
L’audience donne lieu à un dialogue particulièrement direct entre le prévenu et le tribunal. Interrogé sur sa réflexion lors de sa garde à vue, où il avait déclaré « j’aurais pas dû rouler aussi vite » le tribunal le recadre immédiatement : « Non, c’est plutôt : je n’aurais pas dû prendre la voiture ». Le prévenu acquiesce. Le tribunal l’interpelle alors sur les campagnes de prévention routière : « Ça sert, les campagnes de prévention ? » Le jeune homme hoche la tête. « À quoi ? Vous êtes la preuve vivante que ça ne sert à rien », lui rétorque le président.
Le tribunal rappelle également que le risque d’accident mortel est multiplié par plus de 80 à ce niveau d’alcoolémie, et que la « victime » du soir, un terre-plein, aurait pu être un piéton ou un autre usager de la route. Il est par ailleurs relevé que le domicile du prévenu se situe à distance piétonne du lieu de départ.
La procureure n’a pas manqué de replacer les faits dans leur contexte : « On a connu des accidents extrêmement graves, et à chaque fois l’alcool est présent », a-t-elle rappelé, avant de s’adresser directement au prévenu : « J’espère que cette chance-là, vous en mesurez l’importance, par rapport à ce qu’il aurait pu arriver ». Car la chance, ce soir-là, a effectivement souri au jeune homme, la « victime » n’étant qu’un terre-plein. Elle a requis trois mois d’emprisonnement avec sursis, un an de suspension du permis de conduire, ainsi que des amendes s’élevant à près de 500 euros pour les infractions connexes.
« Il n’a représenté aucun danger »
La défense a plaidé l’indulgence, mettant en avant le profil d’un jeune homme de 19 ans, sans antécédent judiciaire, salarié d’une institution monégasque et ayant reconnu l’intégralité des faits dès la garde à vue. Son avocat a insisté sur les circonstances du trajet : quelques centaines de mètres seulement, sans croiser ni véhicule ni piéton. « Ce jour-là, il n’a représenté aucun danger. Il est rentré chez lui, il n’est pas allé à Nice ou dans une autre ville. » Une nuance qui, précise-t-il aussitôt, « ne constitue pas une excuse ». L’avocat a sollicité l’absence de peine d’emprisonnement avec sursis et une non-inscription sur le casier judiciaire, soulignant que son client, dont le poste nécessite le permis de conduire, risquait de perdre son emploi au sein d’une institution de la Principauté.
Revenu à la barre, le prévenu a présenté ses excuses : « J’étais irresponsable. Vous avez ma parole que c’est la première et dernière fois ». Après délibération, le tribunal a déclaré le prévenu coupable de conduite en état alcoolique, de défaut de maîtrise et d’omission de marquer l’arrêt. Il a été condamné à deux mois d’emprisonnement avec sursis, six mois de suspension du permis de conduire, ainsi que deux amendes de 250 euros et une amende de 45 euros pour les contraventions connexes.









