Une oeuvre d’inspiration religieuse attribuée à Michelangelo Buonarroti, plus connu sous le nom de Michel-Ange, prendra ses quartiers d’été à la Cathédrale de Monaco, du 7 juillet au 30 septembre 2019.

Propriété de la collection Avakian and Co, le « Crucifix du Saint-Esprit » est depuis des années au coeur d’une bataille d’experts qui repose sur la disparition de l’oeuvre au début du 17ème siècle.

Expert artistique international, le Professeur Antonio Forcellino qui travaille depuis 10 ans sur la restauration du de l’oeuvre explique le fond du problème :  « Peu avant 1496, Michelangelo Buonarotti sculpta un crucifix en bois pour le Prieuré de Santo Spirito à Florence. D’abord placé dans le chœur de l’église où il demeura jusqu’aux environs de 1607, il fut ensuite déplacé dans la sacristie. Début des années 1700, on perd sa trace malgré nombre d’inventaires détaillés menés jusqu’au XIXème siècle… »

En 1963, à l’occasion de la célébration du 400ème anniversaire de la mort de l’artiste, l’historienne d’art Margrit Lisner suggéra qu’un crucifix en bois placé dans un couloir du couvent pouvait être celui de Michel-Ange, crucifix qui aurait échappé à tous les historiens au cours des deux siècles précédents et surtout à tous les inventaires détaillés établis par les experts en art du XIXème siècle… En dépit de nombreux avis défavorables formulés par des experts faisant autorité, ce Crucifix du Saint-Esprit demeure à ce jour celui de Michel-Ange ». Après avoir été exposé de 1964 à 2000 au musée de la Casa Buonarotti, il est visible depuis dans la Basilique Santo Spirito de Florence.

L’expert détaille à présent l’histoire de l’oeuvre qui sera exposée à Monaco cet été : « En 1965, deux architectes vendirent à un antiquaire romain un crucifix en bois polychrome, endommagé et récupéré dans une église bombardée aux alentours de Viterbe. Un travail de restauration révèle au dos du crucifix une inscription de 1702 gravée dans le bois, attestant à la fois de la signature de Michel-Ange et de la provenance de Santo Spirito… Ayant compris l’importance de la découverte, l’antiquaire apporta le crucifix au laboratoire de restauration du Vatican, où le Père Mario Pinzutti l’identifia comme portant la signature de l’artiste de la Renaissance, et l’annonça publiquement en juillet 1967…

« La présence de l’inscription, l’extraordinaire qualité technique et iconographique, comme ce pied gauche avancé qui marque l’œuvre, la datation au carbone 14 et les analyses scientifiques des couches picturales laissent peu de doutes sur la signature de Michel-Ange, œuvre qui s’inscrit parfaitement dans le catalogue évolutif du sculpteur » conclut Antonio Forcellino.

L’œuvre rare sera dévoilée aux yeux du public le dimanche 7 juillet à 17h30 à la Cathédrale de Monaco.