Superbe victoire de la Roca Team hier soir face à l’Asvel ! Comme ces quatre dernières saisons, le titre de champion de France se jouera lors du cinquième match de la série.

On sentait qu’ils étaient capables de le faire. Après deux défaites inaugurales à l’Astroballe en finale du championnat de France de basket, la Roca Team a battu l’Asvel une deuxième fois de suite, hier soir, sur son parquet de la salle Gaston Médecin (89-81). Entre les deux meilleures équipes de la saison, le titre se jouera mardi, à Villeurbanne, dans une cinquième manche décisive qui s’annonce brûlante.

La grosse défense monégasque

Dans une salle comble, sous les yeux du prince Albert II et du président du club lyonnais, Tony Parker, accompagné de son directeur des opérations Nicolas Batum, le scénario du match a furieusement ressemblé a celui de la troisième manche (97-62), même si l’Asvel n’a jamais rien lâché. Mais, étouffés d’entrée par la grosse défense monégasque et dépassés par l’agressivité des joueurs de Sasa Obradovic, les Villeurbannais ne sont jamais parvenus à rectifier le tir.

Toujours dans la course à la pause (37-34) malgré la prestation quelconque de leur intérieur croate Miro Bilan (2 points, 3 rebonds), les Rhodaniens ont fini par craquer dans le troisième quart-temps où leurs pertes de balles à répétition (23 en tout!) ont pesé lourd dans la balance.

La performance de Dee Bost

Transformée depuis ses deux premiers matchs de la série, invaincue à domicile où elle signe un douzième succès d’affilée, la Roca Team a fait la cours en tête grâce, notamment,aux stats XXL de son intérieur Dee Bost. Déjà auteur de 23 points lors de la troisième manche, l’Américain a encore inscrit 19 points, dont 4/5 à 3 points, et délivré 6 passes décisives. Une prestation haut de gamme, bien secondée par celle de l’autre meneur monégasque, Jarrod Jones, auteur de 15 points. Les 14 points de Paul Lacombe, tous inscrits en seconde période, ont également pesé sur le score final et rassuré l’arrière international français, en manque de réussite depuis le début de la série.

« J’étais en souffrance. Le basket, il n’y a pas de secret, quand on met du rythme et de l’intensité, ça rentre. J’ai pris un shoot à trois points en rythme, peut-être le premier des finales, et il est rentré, a-t-il expliqué au micro de RMC Sport. Le troisième match nous a fait beaucoup de bien. On a fait des ajustements. Maintenant, on joue plus sur leurs points faibles et ça nous réussit. Dee Bost et moi sommes montés d’un niveau, Yak (Ouattara) aussi. Il n’y a pas de mystère: les deux premiers matches, on avait joué sans intensité. Il va falloir rééditer ça à Villeurbanne ».

L’apport du « sorcier » Obradovic

Vice-championne de France en titre, l’AS Monaco, battue l’année dernière par Le Mans en finale, a donc réussi à inverser la tendance. Faut-il y voir un signe ? L’équipe du Rocher avait commencée à se révolter à la fin du deuxième match de cette finale lorsque son coach, Sasa Obradovic, avait poussé un énorme coup de colère. Exclu du banc de touche après la pause, l’entraîneur monégasque n’en avait pas moins transmis une certaine rage à ses joueurs qui étaient revenus à 2 longueurs de leurs adversaires en milieu de quatrième quart. A-t-il provoqué sciemment son expulsion pour faire réagir ses joueurs ? Toujours est-il que la dimension psychologique est primordiale dans le basket. Et c’est aussi cette dimension qu’a apporté le « sorcier » Obradovic à son équipe depuis son arrivée cet hiver. Une dimension qui pourrait se révéler essentielle, à l’heure d’aborder un ultime match à couteaux tirés.