Alors que la saison 2020 de Formule 1 s’apprête enfin à démarrer ce week-end en Autriche (dimanche 5 juillet à 15h10) à l’occasion du premier Grand Prix de l’année, Monaco Tribune s’est penché sur les contours d’une saison inédite et dense, qui ne devrait pas manquer de rebondissements.

Qui pour enfin briser l’hégémonie de Lewis Hamilton si ce n’est… lui-même ?

2020 pourrait être l’année de tous les records pour le Britannique. À 35 ans, Lewis Hamilton est à l’apogée de sa carrière et s’avance cette année encore comme le grand favori pour le titre de champion du monde. Vainqueur des trois derniers championnats du monde, le pilote Mercedes puisera cette année sa motivation dans les chiffres, qui pourraient définitivement le faire entrer dans les livres d’histoire de la Formule 1. Avec six couronnes mondiales (2008, 2014, 2015, 2017, 2018, 2019), Hamilton ne pointe plus qu’à une longueur du record de Michael Schumacher. Avec 84 victoires en 250 GP, celui qui détient déjà le record des pole positions (88 contre 68 pour l’Allemand) n’est plus qu’à sept victoires du record de Schumacher (84 contre 91). Le record de podium (155) de ce dernier pourrait aussi tomber au profit d’Hamilton (151).

Derrière le Britannique, son coéquipier Valtteri Bottas, vice-champion du monde la saison dernière, s’avance comme la principale menace, aux côtés de Max Verstappen, troisième l’an dernier et qui pourrait profiter d’une Red Bull plus performante que la saison dernière pour titiller enfin les Mercedes. À moins que Charles Leclerc, après une première saison rayonnante (voir ci-dessous) ou Sebastian Vettel, pour s’offrir une sortie en apothéose, ne viennent s’immiscer dans cette lutte pour le titre. À condition que la SF1000 montre un tout autre visage que celui affiché lors des essais hivernaux à Barcelone en début d’année.

Lewis Hamilton pourrait égaler Michael Schumacher cette saison.

Charles Leclerc peut-il remporter le titre dès cette saison ?

Révélation de la saison 2019 pour sa première saison chez Ferrari (quatrième du championnat du monde, devant son coéquipier Sebastian Vettel), Charles Leclerc s’est affirmé comme le futur de la Formule 1, mais aussi et surtout déjà comme son présent. De là à le conduire au titre de champion du monde ? Un jour, c’est une certitude. Dès cette saison, c’est moins sûr. En difficulté et pas à la hauteur des attentes lors des essais hivernaux à Barcelone en début d’année, la SF1000 pourrait souffrir de la comparaison face aux Red Bull et Mercedes. Motif d’espoir, Ferrari a annoncé récemment qu’une SF1000 totalement revue serait au départ du troisième Grand Prix de la saison en Hongrie (19 juillet). Suffisant pour lutter pour le titre cette année ? Il faudra pour cela limiter la casse lors des deux premiers rendez-vous de la saison en Autriche.

Charles Leclerc entend bien confirmer cette saison. En jouant le titre ?

Racing Point s’imposera-t-il comme le principal outsider cette saison derrière le trio Mercedes-Red Bull-Ferrari ?

Elle est l’équipe la plus attendue de l’année. Derrière ses airs de Mercedes déguisée (voir ci-contre), l’écurie menée par Lawrence Stroll s’avance comme la belle surprise de la saison, qui pourrait se mêler à la lutte avec Renault et McLaren pour la quatrième place au championnat du monde des constructeurs. Impressionnantes lors des essais hivernaux de Barcelone, les performances des « flèches roses » seront trustées de près lors du Grand Prix d’Autriche. En cause, cette ressemblance troublante avec la Mercedes W10 utilisée en 2019. Une volonté de l’écurie britannique de progresser significativement avant l’arrivée officielle d’Aston Martin en F1 en 2021. « C’est la voiture que nous avons toujours voulu construire, détaille Andy Green, le directeur technique chez Racing Point. Nous travaillons dans la soufflerie Mercedes depuis mai de l’année dernière. Il est plus logique de suivre leur concept que de construire une réplique de la Red Bull. Tous les outils et procédures de test de la soufflerie Mercedes sont adaptés à ce concept. Les suspensions avant et arrière et la transmission sont identiques à celles de la Mercedes de 2019. »

Les « Mercedes roses » pourraient créer la sensation cette saison.

Renault va-t-il enfin décoller, McLaren confirmer, Williams se relancer ?

Renault ne s’y attendait pas. Mais au jeu des chaises musicales, orchestré par le départ de Sebastian Vettel et l’arrivée de Carlos Sainz chez Ferrari pour lui succéder en 2021, Daniel Ricciardo a décidé de prendre le chemin de McLaren pour remplacer l’Espagnol. Alors qu’Esteban Ocon s’apprête à faire son retour en Formule 1 après un an de purgatoire suite à son départ de Force India (aujourd’hui Racing Point), la firme au losange tentera cette saison encore de s’affirmer comme la meilleure écurie du plateau derrière l’intouchable trio Mercedes-Red Bull-Ferrari et la nouvelle force Racing Point. Pour sa deuxième et déjà dernière année avec l’écurie française, Ricciardo devra se défaire de la concurrence de son jeune homologue français aux dents longues, certainement favorisé dans le clan français depuis l’annonce du départ de l’Australien. Une future bataille endiablée entre les deux pilotes qui pourrait profiter à Renault ?

Meilleure écurie des « autres » l’an passé avec une quatrième place au championnat des constructeurs, McLaren essayera cette saison de rééditer pareil performance, toujours avec Carlos Sainz, solide l’année dernière. Mais en proie à des difficultés financières, McLaren, qui s’est vu accordé un prêt de 165 millions d’euros d’une banque de Bahreïn, pourrait ne pas pouvoir développer sa MCL35 comme il l’entend. De son côté, dernier du classement des constructeurs l’an passé, Williams a récemment annoncé l’ouverture de son capital à des investisseurs extérieurs, qui pourraient à terme conduire à une vente de toute la structure. De quoi espérer un regain des performances en 2021. Mais cette saison encore, malgré le talent certain de George Russell, l’écurie britannique aura encore bien du mal à exister sur la grille.

Renault n’a qu’un objectif : rafler la quatrième place au championnat du monde des constructeurs.

Une saison raccourcie pour une saison explosive ?

15, 16, 17, 18, à ce jour, le nombre de Grand Prix qui composera le calendrier 2020 de F1 reste inconnu. Alors que 22 Grand Prix devaient initialement être prévus en début de saison, la crise du Covid-19 a contraint les organisateurs à revoir le nombre de courses à la baisse. Si huit rendez-vous sont pour l’instant au programme de cette saison 2020 (tous en Europe, alors que deux Grand Prix seront disputés en Autriche et en Grande-Bretagne), d’autres dates devraient être officialisées dans les prochaines semaines. Singapour, Russie, Japon, États-Unis, Mexique, Brésil et Abu Dhabi devraient également figurer au calendrier, en attendant peut-être quelques Grand Prix supplémentaires, initialement reportés ou pas prévus cette année. Mais quoi qu’il arrive, les vingt pilotes sur la grille cette saison ne pourront pas manquer leur début de saison, sous peine de rapidement tirer un trait sur leurs ambitions.

Les Mercedes devraient cette année encore avoir le dessus sur les Ferrari.