Selon une récente étude menée par des chercheurs britanniques et allemands, les technologies permettant de nettoyer la surface des océans ont un impact très limité sur la réduction de la pollution plastique.

« On ne peut pas continuer de polluer les océans et faire comme si la technologie allait tout arranger », explique le Dr. Jesse F. Abrams de l’Institut Global Systems et de l’Institut for Data Science and Artificial Intelligence, basés à l’Université d’Exeter en Grande-Bretagne. Après avoir comparé les estimations actuelles et futures de la pollution plastique, les chercheurs ont pointé du doigt l’impact « très modeste » des dispositifs de nettoyage à la surface de l’eau. Seuls 5% de débris plastiques flottants pourraient être ôtés des océans. Un résultat limité quand on sait que la pollution plastique pourrait tripler d’ici vingt ans.

Les déchets plastiques en chemin depuis les rivières

« Même si on pouvait récupérer tout le plastique des océans – ce qu’on ne peut pas faire – c’est très difficile à recycler, notamment quand les morceaux de plastique ont flotté pendant un certain temps et sont détériorés ou encrassés », poursuit Jesse F. Abrams. La majorité des déchets plastiques dans les océans font leur chemin depuis les rivières. Selon les chercheurs, la solution la plus efficace serait donc d’installer un système de barrières dans les cours d’eau, afin d’entraîner les détritus vers le rivage.

Mais de nombreuses rivières sont utilisées pour le transport de marchandises. La meilleure façon de mettre un point d’arrêt à la pollution des océans est donc de réduire l’utilisation du plastique à usage unique tout en augmentant le taux de recyclage. « Nous devons chercher plus d’alternatives durables et repenser la façon dont nous produisons, consommons et utilisons le plastique », ajoute le Professeur Agostino Merico, du Leibniz Centre for Tropical Marine Research et Jacobs University, qui a également pris part à l’étude.

Très engagée dans la protection des océans, la Principauté a, pour sa part interdit l’usage de plastiques à usage unique au début de l’année. L’année passée, la Fondation Prince Albert II de Monaco a également participé à la cofondation de l’association Beyond Plastic Med (BeMed) qui soutient, mobilise et met en œuvre des solutions pour lutter contre le phénomène.