Des chercheurs ont constaté qu’une grande partie de la pollution lumineuse urbaine atteignait le fond des océans, impactant ainsi les écosystèmes marins.

La pollution lumineuse n’est pas uniquement préjudiciable aux citadins qui observent les étoiles. Une récente étude menée par l’Université de Plymouth au Royaume-Uni a révélé que la lumière artificielle émise par les villes côtières atteint jusqu’aux trois quarts des fonds marins. C’est la première fois qu’une étude tente de quantifier l’impact de la pollution lumineuse sur les écosystèmes marins.

La lumière régule la survie, la physiologie, la reproduction et les mouvements des poissons, des tortues, des coraux et d’autres invertébrés. La pollution lumineuse des villes crée ce que l’on appelle scientifiquement une « lueur artificielle », affectant ainsi les cycles de vie marins.

Comment les lumières urbaines perturbent la vie marine

Lorsque les chercheurs ont étudié l’infiltration de la lumière dans les eaux de la baie de Plymouth Sound, dans le sud de l’Angleterre, ils ont découvert que les longueurs d’onde verte et bleue, généralement produites par les LED, étaient celles qui atteignaient le fond de la mer.

Les LED sont de plus en plus fréquentes dans les zones urbaines côtières. Elles sont utilisées pour éclairer les panneaux d’affichage, les rues, les bâtiments et dans plusieurs autres types d’éclairage extérieur. Les chercheurs alertent sur ces types d’éclairage, nocifs pour les écosystèmes marins : « Les LED émettent une lumière avec une longueur d’onde plus courte, qui pénètre plus profondément dans l’eau de mer… [et à laquelle] de nombreux organismes marins sont très sensibles ».

Mais quelles sont les solutions ? L’étude exhorte les villes à utiliser des lumières rouges la nuit, avançant que cette lumière « s’atténue plus rapidement dans l’eau et est moins visible pour les animaux marins ». Lorsque les chercheurs ont mené l’expérience, seulement 0,4% des fonds marins étaient exposés à des niveaux « biologiquement importants » de lumière artificielle rouge, contre 70% et 76% pour la lumière artificielle bleue et verte.

Que réserve l’avenir ?

Les conclusions de cette étude sont d’autant plus importantes que les zones urbaines côtières sont en pleine expansion. Non seulement 75% des mégalopoles du monde (villes de plus de 10 millions d’habitants) se situent sur les côtes, mais les chercheurs avertissent également que « les populations côtières devraient plus que doubler d’ici 2060 ».

La pollution lumineuse des fonds marins « risque donc de se généraliser à l’échelle mondiale et d’augmenter en intensité et en ampleur », affirme l’étude.

Un domaine en plein développement

L’impact de la pollution lumineuse sur les mers du monde n’a que récemment suscité l’intérêt scientifique. Cette année, une nouvelle collaboration internationale appelée Global Artificial Light Ocean Network (GLOW) a été fondée pour étudier les effets de la pollution lumineuse sur les algues et les invertébrés côtiers. La recherche devait commencer cette année, mais elle s’est malheureusement arrêtée à cause du Covid-19.

L’étude de l’université de Plymouth intervient également quelques mois après la publication par le Centre scientifique de Monaco (CSM) d’une étude sur l’impact de la pollution lumineuse sur les récifs coralliens.