Le milieu de terrain monégasque, Sofiane Diop (20 ans), s’est confié pour Monaco Tribune et Radio Monaco, ce lundi, au centre d’entraînement de l’AS Monaco. La victoire à Nantes, le derby face à l’OGC Nice, son début de saison, ses envies, sa relation avec Niko Kovac et Benoît Badiashile, le natif de Tours nous dit tout.

Il est midi passé au centre d’entraînement de La Turbie. Le ciel est gris, le froid se fait ressentir jusque dans la salle de presse. Après quelques heures de sommeil, au lendemain de la victoire de l’AS Monaco sur la pelouse du FC Nantes (1-2), la cinquième consécutive en Ligue 1, Sofiane Diop débarque, veste à capuche noir sur les épaules, sneakers jaunes lacets défaits aux pieds, les traits légèrement tirés par la courte mais joyeuse nuit qu’il vient de passer. À Nantes, le milieu de terrain français, véritable révélation de ce début de saison (22 matchs, 5 buts), n’est pas passé loin d’inscrire son sixième but de la saison. Mais sa frappe, pleine de spontanéité, s’est écrasée sur le montant droit d’Alban Lafont. Pas de quoi enrayer pour autant l’excellente passe que traverse l’ancien pensionnaire du Stade Rennais, déterminé à s’imposer dans la durée sur le Rocher.

Sofiane, comment analysez-vous cette victoire face à Nantes, la cinquième d’affilée ?

Nous étions préparés à ce match. On s’attendait à ce qu’ils nous attendent en bloc bas pour nous contrer. Je pense que l’on a bien répondu, en mettant de la vie et de la spontanéité dans le jeu. Nous avons réussi à inscrire ce premier but libérateur. On a une équipe jeune, c’est dommage de se faire peur à la fin, mais nous sommes encore dans l’apprentissage. Nous voulons gommer ces erreurs pour ne pas connaître ce scénario lors des prochaines rencontres.

On a l’impression que le groupe vit très bien cette saison. C’est le cas ?

Cette équipe vit super bien. Avec le staff aussi. Nous ne nous mettons pas de pression inutile. On essaye de garder au maximum cette exigence a entraînement pour performer le week-end en match. Sept matchs sans défaite, c’est bien. Il faut continuer.

Niko Kovac m’a apporté beaucoup de confiance, ce que j’avais un peu perdu

Personnellement, en dehors du terrain, avec quel joueur avez-vous le plus d’affinité ?

(Il sourit) J’en ai plusieurs. Évidemment, il y a Benoît (Badiashile), que je connais depuis que nous sommes petits. Nous étions au pôle espoir ensemble. C’est celui avec qui je m’entend le mieux, mais nous sommes avant tout une grande bande de potes, avec Youssouf (Fofana), Aurélien (Tchouaméni), Axel (Disasi), Fodé (Ballo-Touré) et Willem (Geubbels).

Vous êtes l’un des joueurs les plus utilisés par Niko Kovac cette saison. Cette confiance vous aide dans vos performances ?

Je travaille au quotidien pour essayer d’avoir le plus de temps de jeu possible. Le coach m’a accordé sa confiance, c’est vrai, et c’est à moi de lui rendre sur le terrain. Je dois me montrer le plus décisif possible, en faisant des grands matchs, pour conserver ma place et continuer à grappiller du temps de jeu.

@ AS Monaco

Quelles sont vos relations avec l’entraîneur ?

Avec les jeunes joueurs, mais aussi avec les anciens, il a une relation père/fils. C’est un entraîneur très pointilleux, qui n’hésite pas à arrêter les séances pour corriger certains détails. Et c’est comme ça que nous arriverons à atteindre le haut niveau, collectivement et individuellement. Personnellement, le coach m’a apporté beaucoup de confiance, ce que j’avais un peu perdu. Il a énormément fait pour moi. Mais je pense que c’est aussi le résultat de plusieurs échecs que j’ai pu connaître auparavant. Ma première année difficile, mon passage à Sochaux, c’est l’addition de toute ces choses-là. Je pense que le coach est un peu la cerise sur le gâteau. Mais rien n’est encore acquis, j’ai encore beaucoup à prouver.

Comment gérez-vous cette nouvelle notoriété ?

Je suis bien entouré, entre le staff technique, les attachés de presse du club, mes agents, mes parents, mes proches… J’ai fait des erreurs, je sais ce que c’est d’avoir son moment de gloire et de retomber dans la facilité. Je l’ai déjà fait une fois, je ne le referai pas deux fois. Je suis concentré, je ne me relâcherai pas.

Je préfère m’inspirer de plusieurs joueurs, mais si je devais en choisir un, je citerai Kevin De Bruyne

Souhaitez-vous vous inscrire dans la durée à Monaco ?

Bien sûr. J’avais pour objectif de jouer avec les professionnels quand je suis arrivée. Quand je suis parti en prêt à Sochaux, je me suis juré que je reviendrai ici pour m’imposer. J’ai du temps de jeu, je suis content. Mais la prochaine étape et de me montrer encore plus décisif. Je sais que j’ai la capacité pour, à moi de travailler pour gommer mes erreurs.

On vous sent très perfectionniste…

Je comptais d’ailleurs aller regarder le match contre Nantes (sourire). Je retiens énormément de mes erreurs et je pense que pour atteindre le haut niveau, c’est plus qu’indispensable de régler ces détails. Face à Nantes, j’ai fait quelques prises de balle qui n’étaient pas bonnes, j’ai perdu quelques ballons que je n’aurais pas dû perdre. J’aime que soit parfait, même si ça ne peut pas toujours être le cas.

Quels sont les joueurs qui t’ont inspiré dans ta jeunesse ?

Je vais dire Lionel Messi, mais c’est un peu facile, car c’est le modèle de tout le monde. Je n’ai pas envie de regarder un seul joueur en particulier. Je préfère m’inspirer de plusieurs joueurs en me référant à des situations qui peuvent arriver en match, en prenant le meilleur de chacun. Mais si je devais en choisir un, je citerais Kevin De Bruyne.

Au centre de formation, j’étais un bon buteur, mais j’étais avant tout un passeur

Et au sein de l’effectif ?

Je regarde beaucoup Cesc (Fabregas), pour sa qualité de passe en premier lieu. Je regarde son positionnement aussi. Il arrive tout le temps à se mettre dans des zones libres. Il couvre merveilleusement bien les espaces. J’aime beaucoup Cesc.

On vous sent également de plus en plus attiré par le but ces derniers temps.

J’ai marqué cinq buts depuis le début de la saison. C’est vrai que le but m’attire. Mais le plus important, c’est le jeu et l’équipe. J’ai envie de marquer, forcément, mais l’efficacité viendra au fur et à mesure. J’aimerais surtout faire davantage de passes décisives. Au centre de formation, j’étais un bon buteur, mais j’étais avant tout un passeur. Je pense que je me concentre trop sur mon dernier geste, alors que je suis souvent dans les bonnes zones. Je dois encore franchir un palier dans ce domaine.

Le derby face à Nice approche. On imagine que vous en gardez un très bon souvenir…

(Il sourit) Bien sûr. On avait gagné le match aller et j’avais marqué. Le derby est un match à part. Nous sommes dans une bonne dynamique, mais il faudra se méfier. Dans un derby, il n’y a pas de favori. On a coeur de faire un gros match pour nos supporters.

@ AS Monaco