Un événement phare de nos étés futures? Le Monaco Streaming Film Festival souhaite amener un vent de fraîcheur dans une industrie réticente à s’adapter à son époque.

Le rideau est tombé. Après quatre jours de projections, d’avant-premières et de débats, le Monaco Streaming Film Festival (MSFF) a pris fin. Premier festival de cinéma au monde à être entièrement consacré au contenu à la demande, l’évènement a été qualifié de « leader pour l’avenir » par Mitch Lowe, cofondateur de Netflix. 

Voici les quatre choses à savoir sur le festival du film qui a compris le changement décisif dans notre manière de vivre le cinéma.

Nous devons reconnaître que le contenu en streaming mérite une place légitime dans l’industrie.

1. Le festival ne veut pas rivaliser avec Cannes

Lorsqu’il a été annoncé que Monaco allait accueillir un festival du film exclusivement consacré au contenu en streaming en début juillet, il a été difficile de ne pas penser au festival de Cannes – programmé quelques jours plus tard à seulement 40 km de la côte monégasque. Serait-ce le début d’une rivalité cinématographique sur la Côte d’Azur ? La comparaison est d’autant plus pertinente car Cannes refuse de mettre en concours des films destinés aux plateformes à la demande, un choix qui selon certains menace la pérennité du festival, jusqu’alors apparemment intouchable.

Pourtant, Tony Davis, cofondateur du festival, s’empresse de démentir ces spéculations. Le MSFF n’est pas là pour remplacer le festival devenu à travers le temps synonyme de l’industrie du cinéma. « Nous ne sommes absolument pas un rival » souligne-t-il. « Nous avons choisi d’organiser notre festival à côté de celui de Cannes parce qu’il nous a semblé plus pratique pour les participants de placer les événements l’un à côté de l’autre, afin qu’ils puissent aller au deux s’ils le souhaitaient. L’organiser plus tard dans l’année n’aurait pas eu de sens. »

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2. C’est un festival qui est dans l’ère du temps

Le festival, en se concentrant uniquement sur le contenu en streaming, veut combler une lacune sur le marché. « Je pense que nous faisons partie de l’évolution des festivals de cinéma » déclare Tony Davis. « Nous devons reconnaître que le contenu en streaming mérite une place légitime dans l’industrie. Tous les films qui sortent n’ont pas besoin d’être montrés dans une salle de cinéma. »

Le but du festival est avant tout de soutenir une industrie émergente. « Nous sommes là pour aider l’industrie à mieux se connaître. C’est une industrie très jeune, donc les producteurs aussi bien jeunes qu’expérimentés ont encore beaucoup de questions. Nous sommes donc là pour apporter des réponses à ces questions. »

Nos masterclasses sont un moyen d’entrer dans le secteur. Nous voulons que quiconque a une idée, ou une pensée créative, soit capable de transformer cette idée en réalité.

3. Le festival veut rendre le cinéma un monde plus facile d’accès

Le Monaco Streaming Film Festival propose un large choix de masterclasses. Pour Tony Davis, elles sont essentielles si l’on veut rendre l’industrie plus accessible.

« Je pense qu’il existe des festivals de cinéma incroyables, mais il est vrai qu’il y a un certain niveau d’élitisme dans l’industrie. Nos masterclasses sont un moyen d’entrer dans le secteur. Nous voulons que quiconque a une idée, ou une pensée créative, soit capable de transformer cette idée en réalité » s’enthousiasme Tony Davis. Les masterclasses couvrent une palette de sujets allant de la musique de film à la production musicale, en passant par la réalisation et l’écriture de scénarios. Après avoir été diffusées en direct pendant le festival, elles seront bientôt disponibles en ligne.

Nous hébergerons la plupart des contenus soumis sur une plateforme virtuelle.

4. Beaucoup d’autres films seront à visualiser en ligne

Compte tenu du nombre important de soumissions reçues, le festival a décidé de créer une plateforme en ligne qui leur permettra de diffuser des contenus pas présentés lors du festival. La moitié de la plateforme sera dédiée aux cinéphiles, l’autre moitié aux professionnels du secteur.

« Avec l’autorisation des producteurs, nous hébergerons la plupart des contenus soumis sur la plateforme virtuelle » explique M. Davis. « La plateforme aura deux points d’accès. Le premier sera destiné aux particuliers qui souhaitent simplement regarder les films, l’autre aux contenus qui pourront être vendus à des plateformes de streaming. »

Tous les contenus destinés au grand public seront disponibles gratuitement.