Quarante chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis, sur invitation du président Emmanuel Macron, pour renforcer la protection des océans.

Deux jours d’échanges et de débats. Du 9 au 11 février derniers, quarante dirigeants se sont rendus à Brest, à l’occasion du One Ocean Summit. Le Prince Albert II s’est d’ailleurs exprimé en vidéo il y a quelques jours, pour rappeler l’importance de se mobiliser en faveur des océans. Focus sur les quatre grands axes qui ont été abordés lors du sommet.

1. Protection des écosystèmes marins

Avec l’arrivée de 30 nouveaux membres au sein de la Coalition de la Haute Ambition pour la Nature et les Peuples, 84 pays sont désormais engagés à protéger 30 % des espaces terrestres et marins d’ici à 2030.

Parmi d’autres Etats, Monaco demande la protection de l’espace méditerranéen en limitant la vitesse des navires. En revanche, la question des niveaux de protection n’a été que peu abordée, tout comme celles des moyens de financement, de surveillance et de gestion des aires marines protégées.

De même, le problème de la surpêche n’a pas été évoqué, alors qu’il s’agit de l’un des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) qui sera évalué lors de la conférence de Lisbonne sur l’océan. En revanche, 14 pays se sont engagés à lutter contre la pêche illégale et la France appelle l’OMC à bannir toute subvention qui y contribue en 2022.

2. Engagement contre la pollution plastique

De nombreux Etats appellent à l’adoption d’un traité juridiquement contraignant sur la pollution plastique. La 5e Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement examinera cette proposition du 28 février au 2 mars prochains, à Nairobi.

Avec le lancement de la Clean Oceans Initiative, l’Agence Française de Développement et la Banque Européenne d’Investissement s’engagent également pour la réduction de la pollution plastique dans l’océan. Quatre milliards d’euros financeront des projets de réduction des déchets d’ici 2025.

3. Lutte contre le réchauffement climatique

Pour atténuer et s’adapter au réchauffement climatique, les dirigeants ont mis en avant l’importance de la restauration et de la conservation des écosystèmes côtiers. Le sommet a annoncé une coalition internationale pour le carbone bleu, afin de financer ces opérations.

La transition vers des économies décarbonées grâce au développement des énergies renouvelables en mer a aussi largement été évoquée, tout comme le « verdissement » des activités marines. Plusieurs pays ont promis d’investir dans le développement et l’utilisation d’énergies alternatives.

4. Renforcement de la science et de la gouvernance de l’océan

Pour mieux comprendre le fonctionnement et les évolutions des écosystèmes, la France compte mener de grandes missions scientifiques d’exploration des fonds marins, et créer une fondation pour les pôles. L’Union européenne s’engage également à soutenir la science, en complément de l’annonce de l’UNESCO de cartographier 80% des fonds marins d’ici 2030.

Les 27 états-membres de l’Union Européenne et 16 Etats tiers ont annoncé le lancement de la « Coalition de la Haute ambition pour un traité de la Haute Mer. » Le but est de trouver un accord opérationnel pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales.