Sur le Rocher, le retour des croisières, et plus précisément des croisiéristes, font des heureux. Nous sommes allés à la rencontre des commerçants sur place prendre la température sur ce retour, attendu pour ses retombées économiques.

Les grands paquebots sont réapparus dans le Port Hercule. Depuis près d’un mois, vous avez sûrement de nouveau aperçu ces bateaux, l’équivalent d’immeubles sur l’eau. Entre avril et septembre, 137 d’entre eux devraient prendre passer par le port de la Principauté pour une journée. Pour les touristes qui en descendront, le Palais Princier est un incontournable sur le guide de visite. Les nombreux commerces qui l’entourent, parcourant le Vieux Monaco, se sont inscrits dans le paysage au même titre que le bâtiment et en tirent les bénéfices.

Ces touristes ont plus d’argent à dépenser et sont plus dépensiers

Alexandra Rinaldi est propriétaire du magasin Les Cinq Saveurs. Au milieu d’une ribambelle de savons, parfums et bougies dont les odeurs enivrent les esprits, la gérante se réjouit de la situation : « C’est le retour des croisières mais pas seulement, c’est aussi celui du tourisme international ». Et Alexandra a remarqué un point important vis-à-vis de ces visiteurs. « De manière générale, ces touristes ont plus d’argent à dépenser et sont plus dépensiers » s’explique-t-elle.

tourisme monaco (1)
© Monaco Tribune

Les croisiéristes à Monaco mais pas seulement

Une rue plus loin, on sonne la fin du service au U’Cavagnetu. Ici aussi, on ressent une bouffée d’air frais en apercevant des touristes de tout bords. « C’est le retour des américains, des hollandais, des allemands » constate Sébastien, qui travaille dans le restaurant depuis plusieurs années. Derrière le jeune homme, les curieux continuent d’affluer dans la rue. « Vous voyez, aujourd’hui, il n’y a pas de bateau dans le port et pourtant, il y a du monde » constate Sébastien. Pourquoi ? « Les touristes arrivent directement en bus des villes voisines où se sont arrêtées d’autres croisières » poursuit-il.

Je reste optimiste mais ce n’est pas suffisant pour l’instant

Même si elles ne s’arrêtent pas à Monaco, les croisières apportent des clients à tous les commerçants monégasques, enfin presque. Dans un des nombreux magasins de souvenir de Monaco-Ville, la responsable nous confie, discrètement, son scepticisme : « À part la venue de quelques bateaux, je n’ai pas vu une grande différence […] Je reste optimiste mais ce n’est pas suffisant pour l’instant ».

« Les croisières, ça nous impacte de mai à septembre, c’est un chiffre important pour toute l’année ou presque » ajoute une seconde propriétaire, entre les tasses et casquettes aux couleurs de Monaco.

LIRE AUSSI : Les restaurateurs monégasques face à la pénurie de main-d’œuvre

Quel impact économique ?

Des retombées économiques qu’avait confirmé Olivier Lavagna, directeur de la Société d’Exploitation des Ports de Monaco (SEPM), au début du mois d’avril dernier. « Pour la SEPM, ça représente 10% du chiffres d’affaires annuel, pour la Principauté on parle de quelques millions. Ce n’est pas du tout anodin, c’est du commerce de proximité » avait-il expliqué, au micro de Monaco Info.

Nous avons cherché quelques chiffres supplémentaires et trouvé le rapport économique du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional de la région PACA, publié en 2016. On peut y lire que, chez nos voisins des Alpes-Maritimes, « la dépense moyenne des croisiéristes est de 105€ en tête de ligne et 39€ en transit ». Soit « 40 millions d’euros de retombées économiques pour le territoire ».