Daniel Boeri, membre du Conseil national et Président de la Commission de la Culture et du Patrimoine partage avec nous sa vision sur l’attractivité à Monaco et sur le rôle majeur que joue la culture dans ce domaine.

Le concept d’attractivité est très souvent simplifié en le résumant au seul développement économique d’un pays, au point d’en masquer ses composantes spécifiques.

La culture en fait partie intégrante, avec son utilité tout autant sociale qu’économique. Plus particulièrement dans notre pays elle a une résonance forte en termes de notoriété.

De fait, la culture procède d’une démarche qui va bien au-delà des seules considérations budgétaires.

Bien que très important dans notre pays ; le budget culture pèse de l’ordre de 4,5 % à 5 % du budget de l’État. Ce chiffre fort, a tendance à masquer sa profondeur et, il convient de le rappeler, la culture est un investissement et non une simple dépense.

D’abord à l’intérieur du pays elle a, si j’ose dire, une double vie.

LIRE AUSSI : La culture, un bien essentiel ? Ce que la France peut apprendre du modèle monégasque

D’un côté dans le cadre des associations au sens large elle contribue, de façon forte, à une utilité sociale, loin des apparats. De l’autre, évidemment, on trouve les propositions des Institutions culturelles, connues de tous, qui proposent une « fréquentation des œuvres » ; qu’elles soient, musicale, lyrique, scénographique ou muséale, elles rendent le monde de l’art lisible. Mais plus encore ; la pandémie a montré, mieux que bien, combien la culture offre une « respiration » aux spectateurs. De plus à Monaco, elle crée une dimension nouvelle ! Vivre à Monaco c’est l’opportunité fantastique de rencontrer les créations vivantes. Quand on vit à Monaco, d’où qu’on vienne, les larges propositions permettent de dire, « qu’il y en a pour tous les goûts » pour assister ou même participer.

Mais aussi, leurs créations contribuent mieux que bien à la notoriété du Pays. Ainsi, l’offre culturelle monégasque dépasse largement nos frontières, tout près et très loin dans le monde, et de fait contribue à l’image de notre pays. Cette reconnaissance artistique internationale dépasse largement les seules représentations et créations, en tant que telles, pour développer la notoriété du pays. C’est une base de départ de l’attractivité.

Au fond, la culture met le citoyen au sens large, ici et ailleurs, en rapport avec le monde complexe qui nous entoure. A ce titre, on peut dire qu’elle devient ou qu’elle est un des bras séculiers de l’attractivité du pays.

A un tel point, qu’il convient de regarder tout refus ou recul dans le choix de créations nouvelles comme un coup de poignard sur l’attractivité du pays.

D’ailleurs, on le constate très souvent, chaque nouvel événement attire à Monaco un grand nombre de spectateurs, venus d’ailleurs !

Sans compter les retombées auxquelles contribuent les critiques de la presse internationale au sujet de ces créations.

De fait, il est plus que temps de prendre conscience que la création artistique au sens large fait grandement partie de l’attractivité avec un impact économique et social au même titre, sinon plus, que d’autres activités économiques ou tournées publicitaires.

Daniel BOERI