Reportage

Inflation : les commerçants monégasques contraints d’augmenter leurs prix

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Paul Charoy / Monaco Tribune

Comme pour leurs voisins français, les commerçants monégasques composent avec l’inflation depuis quelques mois. Monaco Tribune est allé à leur rencontre.

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Il est passé 13 heures. Au milieu du brouhaha du marché de la Condamine, le personnel de la Maison des Pâtes s’active. Les clients sont toujours nombreux à faire la queue du côté du restaurant connu pour ses délicieuses pâtes fraiches, malgré l’augmentation récente des prix. Pour la gérante Ornella, c’est bien la farine qui pèse le plus lourd dans la balance. A l’achat, elle a augmenté « d’environ 35% ».

Alors forcément sur la carte, ça se ressent. Les plats à 8,50 euros sont passés à 9, ceux à 9,70 euros à 10 et ceux à 10,70 euros ont été arrondis à 11… Une hausse pour le consommateur d’environ 5 à 10%.

3 euros à 3,50 euros la boule de glace

Même constat du côté de Santo Gelato, célèbre glacier de fabrication artisanale situé au coeur de la Place d’Armes. « Outre le lait, les pistaches et les noisettes, tous nos produits nécessitant de la farine ont été impactés. Je pense à nos cornets, nos biscuits, nos produits glacés à base de biscuits, et notre panettone glacé qui est un produit phare de Noël, regrette la gérante Sofia Stampfl. Nous avons subi sur ce produit une hausse de 35%, mais nous n’infligeons pas ce même pourcentage d’augmentation à nos clients. Pour vous donner un exemple, le petit est passé de 18 à 20 euros. »

En 2021, les gourmands devaient débourser 3 euros pour une boule de glace. Depuis février dernier, c’est 3,50 euros. « On aurait pu augmenter une nouvelle fois nos prix pendant l’été mais on ne l’a pas fait. On préfère réduire nos marges parce qu’on comprend que la vie devient chère pour tout le monde », poursuit la responsable.

Les clients compréhensifs

Dans l’ensemble, les clients sont plutôt compréhensifs. « Honnêtement, peu de personnes nous ont fait remarquer l’augmentation de nos prix, se rassure-t-on à la Maison des Pâtes. Cela peut s’expliquer par le fait que nous avons démarré avec des tarifs très bas ». L’idée pour l’établissement est de maintenir la générosité des assiettes et la qualité des pâtes qui font la renommée de l’enseigne depuis plusieurs décennies.

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Quant aux glaces, « ça reste un plaisir qu’on peut encore s’offrir », se rassure à son tour le personnel de Santo Gelato.

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Boulangerie l’Epi d’Or © Monaco Tribune / Paul Charoy

Toujours au coeur du quartier de la Condamine, nous avons passé les portes de l’Épi d’Or. Dans cette élégante boulangerie, où l’odeur du bon pain et la beauté des pâtisseries ouvrent l’appétit, il faut aussi depuis quelques semaines prévoir quelques centimes de plus en caisse. « Les prix ont augmenté de 10% en moyenne », indique Andrea Pani.

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Pour l’assistant de direction de l’Épi d’Or, « cette progression se justifie d’abord par la hausse significative du prix des matières premières comme la farine, le beurre, le lait ou le café », mais également par l’augmentation importante du prix des emballages. « De manière générale, les clients comprennent nos changements de tarifs, mais les personnes âgées peuvent tiquer, surtout quand elles viennent avec l’appoint d’1,30 euro par exemple. » Dans la boutique, la baguette est en effet passée d’1,30 euro à 1,50 euro (+15%) depuis le début du mois d’octobre.