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Interview

Yoan Makoundou (AS Monaco Basket) : « Il y a tout ici pour s’épanouir et réussir »

Yoan Makoundou
© AS Monaco Basket

Le jeune ailier fort français (2,07 m, 22 ans) s’est confié sur ses premiers pas sur le Rocher, lui qui a rejoint la Roca Team l’été dernier en provenance du Cholet Basket.

Il est aux côtés de Matthew Strazel le symbole de la nouvelle politique sportive mise en place par le club cette saison. Parmi les plus grands talents français, Yoan Makoundou a posé ses valises en Principauté cette saison, avec l’ambition de s’y imposer et de conduire le club vers les sommets.

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Arrivé dans le basket un peu hasard grâce à sa grande taille et sur le tard, à l’âge de 15 ans, le natif de Melun fait aujourd’hui partie des hommes qui comptent dans la rotation de Sasa Obradovic. Impressionnant face à l’Olympiakos en Euroleague début janvier, l’ancien joyau du Cholet Basket entend rééditer ce genre de prestation au cours de la saison.

Touché au niveau du talon et absent depuis quelques jours – il a manqué les matchs contre le Real Madrid et le Paris Basketball – Yoan Makoundou devrait rapidement retrouver les parquets. En attendant, il a pris le temps de retracer son parcours et raconter sa nouvelle vie à Monaco, qu’il semble adoré, lui le grand passionné de voitures et de sport automobile.

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Yoan, comment s’est passé votre arrivée sur le Rocher ?

Tout s’est parfaitement bien déroulé. J’ai été très bien accueilli par l’ensemble du personnel du club. J’ai rapidement pris conscience que j’arrivais dans un autre monde (sourire). Le niveau des joueurs, l’intensité des séances, le professionnalisme du staff… Sans décrédibiliser Cholet, ça n’a rien avoir avec ici.

Qu’est ce qui vous a le plus surpris ?

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Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je me suis tout de suite dit « Yoan, tu ne t’es pas trompé. » Il y a tout ici pour s’épanouir et réussir. Dans le basket, mais pas que. La ville, c’est quelque chose. Je suis un grand passionné de voitures. Je peux vous dire que je suis servi tous les jours (sourire). Je passe souvent devant la vitrine de l’ACM (Automobile Club de Monaco). J’espère y entrer un jour.

Je passe pas mal de temps avec Donatas Motiejunas. On se taquine souvent et ils me donne beaucoup de conseils

Yoan Makoundou

Qu’avez-vous personnellement dans votre garage ?

Une Audi RS3 en ce moment ! Mais j’utilise essentiellement la voiture du club.

Avez-vous déjà vu la voiture aux couleurs du club de Patrice Attendoli, le supporter numéro un de l’AS Monaco Basket ?

(Rire) Je ne l’ai pas encore vu de mes propres yeux. Mais j’ai vu des vidéos. Elle est belle !

Comment occupez-vous vos temps libres ?

Je ne suis pas très difficile. Un petit cinéma ou un bowling. J’aime bien aller manger dans de beaux endroits, découvrir les alentours, comme Nice, Cannes ou Antibes. Il y a la plage aussi. Je vois des gens se baigner toute l’année. C’est dingue.

Le club a changé de politique sportive cette saison avec une grande place accordée aux joueurs français. Cela a-t-il facilité votre intégration ?

C’est forcément plus simple. Je connaissais très bien Matthew. J’ai rapidement découvert Adrien (Moerman) et Elie (Okobo). Et Yakuba (Ouattara) bien sûr !

De qui vous sentez-vous proche dans le vestiaire ?

Je passe pas mal de temps avec Donatas Motiejunas. On se taquine souvent ! Et puis il m’apprend beaucoup. Il me donne des conseils sur le poste que l’on occupe tous les deux.

Et qui vous impressionne le plus ?

À l’entraînement, je dirai Mike James. Il sort de ces tirs… On se demande tous d’où ça sort ! Donatas aussi. C’est le genre de joueur que l’on écoute. Il a énormément de vécu et on le ressent sur le terrain.

L’Euroleague ? Le rythme est énorme et la marge d’erreurs quasiment inexistante. Chaque possession compte. C’est un autre basket, différent des championnats domestiques

Yoan Makoundou

Quel regard portez-vous sur le coach, Sasa Obradovic ?

C’est un grand passionné. Il aime ce qu’il fait, on le sent énormément impliqué. Il nous transmet sa grinta, à nous, les jeunes, mais aussi aux plus anciens.

Comment jugez-vous votre saison jusqu’ici ?

Je sens que j’ai bien progressé. Mais j’aurais aimé en faire un peu plus personnellement. Au niveau des statistiques, mais aussi sur la régularité. Il y a quelques matchs où je n’étais pas vraiment là.

Vous avez découvert cette saison l’Euroleague. C’est comment, le graal européen ?

C’est simple, il n’y a que des grandes équipes et des grands joueurs. Le rythme est énorme et la marge d’erreurs quasiment inexistante. Chaque possession compte. C’est un autre basket, différent des championnats domestiques.

©AS Monaco Basket

Que visez-vous cette saison collectivement ?

On va prendre tout ce qu’il y a à prendre. Le championnat, la Coupe de France, l’Euroleague, on veut jouer notre chance à fond. Le groupe vit bien, on s’entraîne dur.

L’équipe de France, à terme, c’est un objectif pour vous ?

Bien sûr, j’y pense. Mais je me concentre exclusivement sur le présent et sur ma saison avec la Roca Team. Je n’aime pas me projeter. Je m’y prépare, mais je dois aussi prendre du galon et de l’expérience. Je n’ai pas encore montré tout ce que je savais faire.

On ne vous parle pas de NBA non plus alors ?

Non, franchement, ce n’est pas ma priorité. Ma progression est ici, à Monaco.

Je suis allé dans le club de ma ville. J’ai pris quelques claques, à droite, à gauche. Ça ne m’a pas plus, alors j’ai commencé à jouer plus fort que les autres

Yoan Makoundou

Vous avez commencé le basket tard, à quinze ans. Petit, vous n’imaginiez pas une seule seconde fouler les parquets des meilleurs clubs européens ?

Pour être honnête, je ne m’y intéressais pas plus que ça. Le sport, ce n’était pas mon truc. Je trainais dehors avec des amis. Et puis avec ma croissance, mon frère est venu me voir un jour et m’a convaincu de faire du basket. Il était persuadé qu’il y avait quelque chose à faire. Quelques années après, je peux dire que je suis pleinement épanoui. Maintenant, le basket me passionne. Je regarde beaucoup le championnat de France et j’ai une petite préférence pour les Bulls de Chicago en NBA.

Comment se sont déroulés vos débuts ?

Je suis allé dans le club de ma ville. J’ai pris quelques claques, à droite, à gauche. Ça ne m’a pas plus, alors j’ai commencé à jouer plus fort que les autres (sourire).

Déjà dans la raquette ?

J’ai goûté à tout, mais on ne m’a jamais demandé de jouer meneur et de remonter les ballons, c’est sûr (rires). J’ai évolué un peu à l’aile, mais mon truc, c’est poste 4, ou même pivot. J’aime bien poser des écrans.

Dans quel domaine pensez-vous pouvoir encore progresser ?

Il y a souvent eu des idées reçues par rapport à mon âge, le fait que je n’ai pas eu une formation dès mon plus jeune âge. Mais j’en fais ma force. Cela me permet de pouvoir encore m’améliorer. Je peux encore apprendre beaucoup dans le jeu et l’intelligence tactique.

Aviez-vous des modèles ou des joueurs qui vous inspirent encore maintenant ?

Kevin Séraphin ! En NBA, c’était quelque chose. Et puis Mathias Lessort, qui m’a d’ailleurs dit beaucoup de bien de l’AS Monaco Basket. Ce sont deux supers joueurs et deux supers mecs.

Quel est votre objectif ultime ?

(Il réfléchit) Je veux marquer mon sport de mon empreinte… Oui, que l’on se souvienne de mon jeu et du basketteur que j’étais.