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Portrait

Il fait la fierté du rugby monégasque : Enzo Saytour, dans les pas d’Antoine Zeghdar

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Pur produit de l'AS Monaco Rugby, Enzo Saytour est promis à une brillante carrière (Photo © Romain Boisaubert/Monaco Tribune)

Comme son aîné avant lui, le jeune troisième ligne (19 ans, 1,90 m, 100 kg) formé à l’AS Monaco Rugby s’apprête à signer son premier contrat professionnel à l’US Dax, club historique du rugby français.

Le sourire ne l’a pas quitté une seule seconde. Il faut dire qu’à seulement dix-neuf ans, Enzo Saytour vient de caresser son rêve : celui de devenir rugbyman professionnel.

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« Au départ, je jouais au rugby pour m’amuser et prendre du plaisir sur le terrain, se remémore celui qui défend les couleurs de l’équipe nationale de Monaco, récemment vice-championne d’Europe de rugby à sept. Petit à petit, j’ai commencé à voir les joueurs à la télévision, à aller au stade, à regarder les matchs. J’ai eu des étoiles dans les yeux et j’ai pris conscience que je voulais devenir professionnel. »

Nous étions directement au contact des professionnels. Baptiste Serin nous faisait les introductions en mêlée, Sergio Parisse nous montrait comment sauter en touche. On se disait qu’à tout moment, on pouvait jouer à leurs côtés en équipe première

Enzo Saytour

Sportif depuis son plus jeune âge, « j’ai commencé par faire de la natation, puis du football, du tennis, mais aussi de l’apnée à l’École Bleue de Pierre Frolla », Enzo Saytour s’est rapidement pris de passion pour le rugby, un sport qui ne lui était pas forcément destiné au départ.

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« À la maison, nos parents regardaient les grands matchs, mais nous n’étions pas forcément une famille de rugby, sourit son frère aîné, Loris, qui vit avec ses parents et son frère dans leur maison familiale à La Turbie. Mais à partir du moment où Enzo a commencé à se faire un nom chez les jeunes, on s’y est mis à fond. Aujourd’hui, notre père regarde tous les matchs ! »

Formé à l’AS Monaco Rugby et façonné au RC Toulon

Doté d’un physique qui n’est pas passé inaperçu chez les jeunes, « à 16 ans, je faisais 116 kilos », le Monégasque de naissance à la tête bien faite a rapidement attiré l’oeil des recruteurs. Dont celui d’un certain Christophe Milaret, responsable recrutement du RC Toulon dans les Alpes-Maritimes et ex-directeur sportif de l’AS Monaco Rugby.

« Physiquement, Enzo était en avance sur les autres enfants de son âge, confie l’ancien joueur professionnel. Entre nous, ça a tout de suite matché. Enzo, on aime ou on n’aime pas. C’est un garçon entier, un minot adorable, qui transforme en or tout ce qu’il touche. »

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Après cinq ans passés à l’AS Monaco Rugby, le temps de rafler un titre de champion régional U16, Enzo Saytour rejoint le centre de formation de Toulon. Après deux saisons chez les « Crabos », celui qui évolue à l’époque au poste de pilier réalise au sein du club toulonnais, dont il est un fervent supporter, sa première saison chez les « Espoirs ».

Enzo Saytour sous le maillot de l’USON Nevers Rugby la saison dernière (Photo © DR)

L’occasion pour lui de croiser ses idoles, à l’image du mythique troisième ligne italien Sergio Parisse. « Nous étions directement au contact des professionnels, des stars que l’on voit à la télévision. Baptiste Serin nous faisait les introductions en mêlée, Sergio Parisse nous montrait comment sauter en touche. On se disait qu’à tout moment, on pouvait jouer à leurs côtés en équipe première. »

Plus athlétique et plus mobile, le joyau de la formation monégasque est replacé au poste de troisième ligne. Un poste qu’il n’a plus quitté depuis. « C’est le poste qui correspond le plus à ses qualités dans le rugby moderne, analyse Christophe Milaret. Enzo a passé un cap physiquement. En plus de son intelligence et de son sens du placement, il a désormais toutes les qualités requises pour être un troisième ligne à la fois coureur, plaqueur et sauteur. »

La saison dernière, en quête de temps de jeu et avec l’espoir de faire quelques feuilles de matchs avec les professionnels, Enzo Saytour quitte la rade de Toulon, direction l’USON Nevers Rugby et les bords de la Loire. Une saison enrichissante, qui si elle ne lui a pas offert de temps de jeu en Pro D2, lui a permis d’attirer les regards de plusieurs clubs professionnels, convaincus par ses qualités.

Des ambitions élevées avec l’US Dax

« L’entraîneur ne faisait pas forcément confiance aux jeunes, explique-t-il. Pourtant, nous avons fait une belle saison avec les Espoirs, en allant jusqu’en demi-finale du championnat. » Sondé par plusieurs clubs au printemps, le passionné de pêche sous-marine et de chasse choisit de rejoindre les Landes et l’US Dax, un monument du rugby français, cinq fois vice-champion de France (1956, 1961, 1963, 1966, 1973).

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« Cette région, ce club, ce stade, c’est quand même quelque chose, souffle le gaillard de dix-neuf ans, impatient à l’idée de relever ce nouveau défi. Je ne tiens plus en place. Je travaille en salle tous les jours pour être prêt. J’espère m’imposer rapidement dans l’équipe et enchaîner les matchs en Pro D2. »

S’il continue sa progression, il n’y a pas de raison qu’il n’ait pas un jour sa chance à l’étage supérieur. Mais pour cela, il doit déjà devenir un joueur de Pro D2 régulier et à fort potentiel

Christophe Milaret

En attendant d’évoluer un jour en Top 14 ? « Je ne me fixe aucune limite. » Pour Christophe Milaret, le garçon a les épaules pour. « S’il continue sa progression, il n’y a pas de raison qu’il n’ait pas un jour sa chance à l’étage supérieur. Mais pour cela, il doit déjà devenir un joueur de Pro D2 régulier et à fort potentiel. »

Dans quelques jours, à plusieurs centaines de kilomètres à l’Ouest de Monaco, Enzo Saytour écrira les premières pages de son nouveau chapitre avec l’US Dax. Le début d’une belle histoire, pour celui qui rêve de marcher dans les pas d’Antoine Zeghdar, né à Monaco et formé à l’ASM Rugby comme lui et qui s’est imposé en Top 14 au Castres Olympique.

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