Tribune

Comment transformer l’inconfort du changement en force intérieure ?

transformation de la peur
Au-delà de la peur / Photo via Unsplash

Qu’il soit choisi ou subi, le changement réveille souvent une appréhension profonde, ancrée dans notre besoin de sécurité. Pourtant, cette peur, loin d’être un frein, peut devenir une ressource précieuse lorsqu’on apprend à la comprendre et à l’intégrer. Dans cette tribune, la coach Laurence Shukor explore comment transformer cette émotion en moteur d’évolution.

Le réflexe naturel de la peur

Changer fait peur, même quand on l’a choisi. Ce n’est pas le changement lui-même qui inquiète, mais l’incertitude qu’il provoque. Notre cerveau, programmé pour la sécurité, préfère l’inconfort du connu à l’inconnu du possible.
Pourtant, cette peur n’est pas un signe de faiblesse : c’est une information. Elle indique qu’un mouvement est en cours, qu’un cap s’apprête à être franchi.

Une émotion qui parle

En coaching de transition, on observe que la peur du changement apparaît souvent lorsque la décision devient réelle. C’est le moment où l’esprit dit “oui” mais où le corps hésite encore.

Plutôt que de chercher à la supprimer, il est essentiel de l’écouter.

Ayant moi-même traversé de nombreuses transitions, entre pays, cultures et projets, je sais que la peur du changement fait partie du voyage. À chaque expatriation, à chaque nouveau départ, elle m’a rappelé que grandir, c’est aussi accepter d’être un peu perdu avant de se retrouver. Cette expérience m’a appris que l’on ne maîtrise jamais totalement le changement, mais qu’on peut toujours choisir comment on l’habite. C’est dans cette attitude que se joue, souvent, la véritable transformation.

Derrière chaque peur, une question essentielle : que suis-je sur le point de quitter, et que suis-je prêt à accueillir ?

Laurence-SHUKOR
Laurence Shukor © Gaia Giuliani

Clarifier pour avancer

La peur prospère dans le flou. Plus un objectif est vague, plus l’émotion se renforce. La première étape consiste donc à mettre de la clarté : définir son intention, ses besoins, ses priorités.

Dès que la direction devient lisible, la peur se transforme. Elle ne disparaît pas, mais elle se canalise.

Changer, c’est souvent réapprendre à faire confiance : à soi, aux autres, au processus. C’est accepter de ne pas tout maîtriser, mais de continuer à avancer pas à pas.

Transformer la peur en énergie

La psychologue Susan David parle d’“agilité émotionnelle” : l’art d’accueillir ses émotions sans s’y enfermer. La peur du changement, lorsqu’on la reconnaît, devient un formidable moteur. Elle pousse à la vigilance, à la préparation, à la lucidité.

C’est dans cet équilibre entre prudence et audace que naît la vraie confiance.

Oser le mouvement

Ceux qui réussissent leur transition ne sont pas ceux qui n’ont pas peur, mais ceux qui apprennent à marcher avec elle. Changer, ce n’est pas tout recommencer. C’est se réaccorder à soi-même. C’est faire le tri entre ce qui doit rester et ce qui doit évoluer.

Alors, plutôt que de fuir la peur, remerciez-la. Elle vous parle du seuil que vous êtes prêt à franchir. Elle n’est pas là pour vous arrêter, mais pour s’assurer que vous êtes prêt à avancer.

Laurence Shukor est une coach certifiée, spécialisée sur les problématiques de transitions personnelles et professionnelles.