Les suspensions de permis explosent : les stupéfiants dans le viseur des autorités de la région
Avec des retraits de permis multipliés par quatre en sept ans, le département des Alpes Maritimes intensifie sa lutte contre la conduite sous stupéfiants.
Le constat est alarmant. En 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé 3 854 suspensions administratives de permis de conduire, contre seulement 911 en 2017. Une hausse spectaculaire s’explique en grande partie par la multiplication des infractions liées aux stupéfiants comme le rapporte un récent reportage de TVMonaco. Au tribunal judiciaire de Nice, plus d’un quart des affaires concernent désormais des délits routiers, parmi lesquels la consommation d’alcool et de drogues occupe une place prépondérante.
Plus de 5 500 amendes forfaitaires en 2025
Les chiffres de la préfecture confirment cette tendance. Sur les onze premiers mois de 2025, les forces de l’ordre ont dressé 5 516 amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants dans le département, soit une progression de près de 20 % par rapport à 2024, et une augmentation de 75% rien qu’à Nice.
Ces statistiques ne surprennent guère les policiers du département. « La consommation de cannabis et de cocaïne en France dépasse aujourd’hui largement les niveaux observés il y a trente ans », apprend-t-on au micro de TVMonaco. Plus préoccupant encore : de nombreux conducteurs ignorent qu’ils sont en infraction. « Certains estiment ne prendre aucun risque après avoir fumé du cannabis deux ou trois jours avant de prendre le volant, sans réaliser que les traces restent détectables bien plus longtemps. »
Un barème revu à la hausse depuis février 2025
Face à cette situation, le préfet de la région Hugues Moutouh a durci le barème des suspensions administratives. Depuis le 1er février 2025, la consommation excessive d’alcool entraîne un retrait minimal de six mois, contre deux mois auparavant. Pour les stupéfiants, la sanction passe de six à dix mois minimum.
De l’autre côté de la frontière, la Principauté de Monaco fait face aux mêmes défis. Le Conseil national a voté le 6 novembre 2025 une réforme majeure de la sécurité routière. Les peines maximales pour conduite sous alcool ou stupéfiants passent de six mois à deux ans d’emprisonnement.







