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Récit

Un cycliste professionnel condamné pour conduite alcoolisée en pleine journée

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Les constitutions de partie civile des trois victimes ont été reconnues recevables, le tribunal retenant l’entière responsabilité du prévenu © Monaco Tribune

Un coureur cycliste professionnel de 31 ans, de nationalité colombienne et résidant au Jardin Exotique, a comparu ce 25 novembre devant le tribunal de Monaco pour une série d’infractions routières commises le 22 octobre dernier.

Au volant d’une Fiat 500, il présentait un taux d’alcool de 2,40 mg par litre d’air expiré, soit « cinq fois la limite autorisée », a souligné le tribunal. Les policiers l’avaient intercepté au niveau de la station-service, après avoir constaté « une conduite dangereuse » et plusieurs infractions : omission de céder la priorité, franchissement de ligne continue et circulation en sens interdit. Les agents décrivent un conducteur « titubant » et présentant « les signes évidents de l’ivresse. »

Un danger public

À la barre, le prévenu reconnaît avoir bu plusieurs cocktails dans la matinée : « J’ai dormi quelques heures avant de sortir. Je suis sorti pour acheter de la nourriture », explique-t-il. Le tribunal s’étonne : « À 3 g, c’est le coma pour un humain normal. Vous êtes à un ou deux verres du coma. Comment pensez-vous être en état de conduire ? Vous êtes un danger public ». Le tribunal insiste sur « une intoxication massive » et interroge la cohérence de ce comportement avec son statut d’athlète de haut niveau : « Pour un sportif professionnel, c’est quoi cette hygiène de vie ? Mettre en danger les autres et soi-même, c’est compatible avec le haut niveau ? » Le prévenu concède : « Non, je sais que ce n’est pas normal. C’est une grosse faute et je ne le ferai plus. » Ses casiers monégasque et français sont vierges.

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Le procureur souligne à son tour la gravité des faits : « Nous sommes en pleine journée, à 13 heures, avec des piétons, des cyclistes, des automobilistes. Il était un danger public. Pour un membre de l’élite mondiale du cyclisme, c’est surprenant ». Il requiert deux mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende, une interdiction de conduire en Principauté pendant deux ans, ainsi que trois contraventions de 45 euros chacune.

Sans avocat, le prévenu explique avoir pourtant sollicité l’aide juridictionnelle : « Je n’ai pas été contacté. Je suis désolé, je ne le ferai plus jamais. Je sais que c’est ma faute, il faut que j’assume mes responsabilités ». Après délibération, le tribunal suit les réquisitions du parquet. Il est reconnu coupable et condamné à deux mois de prison avec sursis, une amende de 5 000 euros, une interdiction de conduire à Monaco pendant deux ans, ainsi qu’à trois amendes de 45 euros pour les infractions routières connexes.