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Récit

Deux amis sont condamnés pour avoir consommé plusieurs grammes de kétamine lors d’une soirée

tribunal
©Monaco Tribune

Le tribunal correctionnel de Monaco a condamné mardi 20 janvier deux jeunes hommes de 22 ans pour détention, usage et partage de stupéfiants. L’un d’eux, actuellement hospitalisé au CHPG, était présent à l’audience.

Les faits remontent à la nuit du 7 au 8 juillet 2025. Ce soir-là, un jeune Monégasque reçoit des amis chez lui. Ils sont quatre, accompagnés de leurs petites amies. La soirée bascule lorsque l’un des invités fait un malaise. Les pompiers sont appelés en urgence. À leur arrivée, ils découvrent un tableau inquiétant : un homme en détresse et, chez leur hôte, des stupéfiants notamment un plat contenant entre 40 à 50 grammes de kétamine.

Une consommation « maladive »

Le prévenu monégasque, né en 2003, est actuellement pris en charge au CHPG sous mesure d’hospitalisation d’office. Devant le tribunal, il a confié avoir une dépendance aux stupéfiants : « Je gérais mes émotions à travers ça. C’est maladif chez moi. Depuis 2019, ça fait six ans que je consomme », explique-t-il. Le jeune homme décrit comment la drogue a transformé sa personnalité : « Au début j’étais timide, j’étais celui au fond de la classe. Après, ça a mis de la lumière sur moi, j’avais l’impression d’exister, j’étais désinhibé, très sociable. »

Cette nuit-là, son ami aurait consommé environ 15 grammes de kétamine. « Il a eu une douleur ultra violente dans le ventre. Du coup, il a pris encore plus de kétamine pour ne plus avoir mal », confie le prévenu. Face à la gravité du malaise, il a immédiatement prévenu les secours de ce qui avait été consommé.

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Lors des constatations, les forces de l’ordre ont découvert au domicile du Monégasque 30 grammes de stupéfiants, dont 23 grammes de kétamine. Les deux principaux prévenus avaient acheté la drogue à Nice ou à Beausoleil avant de la ramener à Monaco, où ils la mettaient en commun pour consommer ensemble. Le second prévenu, un jeune Français auto-entrepreneur, était jugé pour transport, importation, usage et détention de kétamine, MDMA et amphétamines. Absent le jour de l’audience, il encourait les mêmes charges que son ami monégasque.

Pour le prévenu monégasque, ce n’était pas la première comparution. Il avait déjà été condamné alors qu’il était mineur, pour usage et détention de stupéfiants. À l’époque, il fournissait des stupéfiants à plusieurs camarades en Principauté. Le procureur a souligné la gravité de la situation : « C’est un dossier de gros consommateurs. On se retrouve chez ce jeune homme pour consommer en quantité », tout en reconnaissant qu’il ne s’agissait pas d’un trafic à but purement lucratif. Le ministère public a réclamé six mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation de soins, ainsi qu’une amende de 1 000 euros pour chacun des prévenus. Pour le Français, il a également demandé une interdiction de séjour à Monaco pendant cinq ans.

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« Il a voulu sauver son ami »

L’avocat de la défense a plaidé pour une peine adaptée, soulignant l’état psychiatrique de son client : « Monsieur avait une consommation extrêmement pathologique. On est sur une véritable consommation maladive », a-t-il affirmé, rappelant que son client était placé en unité fermée au CHPG. Il a également mis en avant le comportement du jeune homme lors du malaise : « Quand son ami se tord de douleur, il a fait le choix d’appeler les pompiers. Il a tout de suite dit aux sapeurs-pompiers ce qu’ils ont consommé pour sauver et aider son ami. Ce qui lui importe, c’est que son ami aille mieux. C’est ce comportement qu’il faut retenir ». La défense a plaidé pour une amende, estimant qu’un sursis avec mise à l’épreuve ferait doublon avec le suivi médical déjà en place. « J’assume mes actes », a déclaré le prévenu, avant que le tribunal se retire pour délibérer.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur : le Monégasque a été condamné à six mois de prison avec sursis, placement sous liberté d’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins, et une amende de 1 000 euros. Son coaccusé absent écope de la même peine de prison avec sursis, et d’une interdiction de venir en Principauté pendant cinq ans.