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Reportage

En images : à la découverte des grottes secrètes de Mareterra à Monaco

à chaque heure, la lumière danse différemment sur les murs, révélant des motifs nuageux colorés par les minéraux.

Nichées à l’extrémité de Mareterra, deux salles méconnues invitent les visiteurs à un voyage entre art, ingénierie et contemplation. Reportage au cœur d’un quartier qui n’a pas fini de révéler ses secrets.

Il faut s’aventurer sur le terrain des promeneurs et des joggeurs pour les trouver. Deux pièces, discrètes, chacune accessible par une porte dérobée, se cachent le long de la promenade côtière du récent quartier monégasque. L’une abrite une œuvre d’art permanente, l’autre dévoile les entrailles mêmes de cette avancée sur la mer. Et pourtant, encore rares sont ceux qui les connaissent.

Drops of the Sun : quand le quartz dialogue avec la lumière

Sous un soleil radieux, les profils se croisent dans ces alcôves de béton et de lumière. La première salle abrite Drops of the Sun, une installation permanente de l’artiste franco-vietnamienne Tia-Thuy Nguyen. Composée de quartz et de lumière naturelle, l’œuvre recouvre quatre murs sur 2,6 mètres de haut et 5 mètres de large. Sur son site internet, l’artiste la décrit comme un dialogue silencieux entre la pierre et le soleil, une méditation sur l’impermanence. Sa démarche tient en une question : comment créer un espace d’apaisement au milieu de l’agitation du monde ?

Aï, une Japonaise adepte de méditation venue de Charente-Maritime, s’y est arrêtée avec son amie Noriko. Cette dernière fredonne doucement en posant ses mains sur les pierres. « C’est un lieu avec une énergie particulière. Vous la sentez ? », nous souffle-t-elle, en rouvrant les yeux.

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Quelques longueurs plus loin, Noriko, Monégasque d’origine japonaise, observe la scène avec bienveillance. Habituée des lieux, elle confie venir régulièrement après un passage au jardin japonais voisin. « J’habite près  d’ici. J’y passe souvent, j’entends l’eau des cascades couler, c’est apaisant », raconte-t-elle, avant de glisser une note plus amère : « Malheureusement, certaines personnes tentent régulièrement de voler des pierres. C’est vraiment dommage. » Plusieurs endroits sont effectivement dépouillés, malgré la vigilance permanente d’une caméra, disposée dans un coin. Un acte regrettable lorsqu’on sait que l’artiste et ses collaborateurs ont parcouru le Vietnam afin de sélectionner les pierres adéquates. Sur six tonnes de quartz brut, quatre ont été retenues après douze mois de travail, chaque pièce polie puis exposée au soleil et au clair de lune, apprend-t-on sur le site de Tia-Thuy Nguyen.

C’est ici que la jeune Lili a puisé l’inspiration d’un projet scolaire sur la ville du futur. « J’ai imaginé des constructions sur la mer, avec un vrai rapport à l’écologie », nous explique la fillette, fière de la maquette qui lui a valu un 20/20. Sa mère Elsa sourit : « On vient d’Auvergne régulièrement jusqu’à Monaco et on essaie toujours de venir découvrir des choses différentes avec les enfants. En deux ans, les choses ont rapidement évolué ici à Mareterra.  »

Peu après, un groupe de jeunes femmes se prennent en photo devant le motif gravé sur le mur, tandis qu’un couple silencieux est absorbé par l’atmosphère.

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La Grotte Bleue : dans les entrailles de Mareterra

La seconde pièce offre une expérience radicalement différente. Pour accéder à la Grotte Bleue, il faut repérer le vitrail représentant un soleil, franchir une porte qui débouche sur une pièce avec un écran sur lequel tourne une courte vidéo sur la biodiversité marine. Puis traverser un sas et se retrouver suspendu comme sur un balcon à l’intérieur d’un caisson Jarlan, l’une des 18 structures de 26 mètres de haut et d’environ 10 000 tonnes chacune sur lesquelles repose le quartier. Profonde de 12 mètres, la cavité « briseuse de houle » laisse la mer s’engouffrer.

Cette grotte n’aurait à l’origine pas été prévue dans les plans initiaux, mais s’est imposée pour révéler au public les coulisses de cette prouesse d’ingénierie. Accoudé au balcon, enlacé avec sa compagne, le basketteur de la Roca Team, Kevarrius Hayes, ne s’y trompe pas. Dans son jogging et survêtement, le joueur est sans doute venu y trouver un peu de sérénité entre deux matchs.

Les initiales du Prince Albert II, gravées dans les fondations, rappellent que malgré la légèreté de l’architecture de Mareterra signée Renzo Piano, ce territoire ne flotte pas : il est ancré dans le fond marin. À terme, l’espace devrait évoluer en écosystème naturel abritant la faune et la flore méditerranéennes.