Le jeune monégasque Charles Leclerc vient d’être engagé par la prestigieuse écurie italienne Ferrari pour la saison 2019. Des pistes de karting au drapeau à damier de la Formule 1, il poursuit son ascension pied au plancher et soulève une vague de fierté en principauté.

Chez Ferrari, on a le sens du timing. Quelques minutes seulement après l’annonce du départ
de Kimi Raïkkönen en fin de saison, la Scuderia officialisait la venue de Charles Leclerc pour
2019, dans un chassé-croisé digne des meilleures courses du circuit : le premier rejoint
Sauber… où le second a débuté sa carrière en Formule 1, il y a moins d’un an. A 38 ans, le
Finlandais retrouve l’écurie qui l’a vu démarrer en 2001. Quant au Monégasque de 21 ans, le
« rêve devient réalité », comme il l’a écrit sur son compte tweeter peu de temps après cette
annonce qui soulève une vague de fierté dans la principauté. Le prince Albert ne s’y est pas
trompé en saluant immédiatement « le talent, l’esprit de perfectionniste et la
détermination » du futur pilote Ferrari.

Jules Bianchi : le modèle

Pour Charles Leclerc, né le 16 octobre 1997 à Monte-Carlo, tout commence à cinq ans sur
une piste de karting de Brignoles appartenant à des amis de la famille : les Bianchi. La
révélation est immédiate. « J’ai dit à mon père que mon futur était tout tracé : je serai pilote
de F1 », répète-t-il aujourd’hui. Son modèle, son « parrain » comme il le dit lui-même, est
tout trouvé : de huit ans son aîné, Jules Bianchi est promis à un bel avenir dans les courses
automobiles. Une amitié solide nait entre les deux garçons.
Inscrivant ses pas dans ceux du Niçois, le Monégasque brille dans les catégories jeunes de
karting. Entre 2005 et 2009, il remporte plusieurs prix nationaux. Son parcours dans la
discipline s’achève sur un deuxième titre de vice-champion du monde, en 2012. En 2014, il
débute en monoplace en Formule Renault, la discipline d’accès au sport automobile. Et
enchaîne les bons résultats. En 2015, en Formule 3, le Monégasque termine quatrième du
championnat et s’illustre lors du prestigieux Grand Prix de Macao en prenant la deuxième
place. La suite n’est qu’une rapide montée en puissance.

Une ascension fulgurante

Champion en GP3 en 2016, vainqueur du titre en F2 l’année suivante, sa carrière décolle
véritablement en 2016 quand il est intégré au sein du Ferrari Driver Academy, la filière de
jeunes pilotes de la Scuderia. Une promotion sur laquelle il voit la main du destin. Quelques
mois auparavant, son mentor Jules Bianchi, jamais remis de son accident dans les derniers
tours du Grand Prix du Japon, à Suzuka, décède sur son lit d’hôpital. Cette épreuve renforce
sa détermination.
Pilote de développement officiel à 18 ans, Charles Leclerc a un pied dans la catégorie reine
du sport automobile qu’il découvre progressivement. Il participe à ses premiers essais en
Formule 1 au volant des monoplaces de la Scuderia et de l’écurie Haas F1, lors des Grands
Prix de Hongrie, d’Allemagne et du Brésil.

Titularisé chez Sauber

La confirmation arrive en 2018 quand le pilote est titularisé au sein de l’équipe Sauber. Il
démontre son talent au Grand Prix d’Azerbaïdjan où, parti 13 e sur la grille, il se place en 6 e
position à l’arrivée. A quatre reprises cette saison, il a terminé les Grands Prix dans les dix
premiers et il s'est hissé trois fois en Q3, la dernière phase des qualifications. Après Monza,
14e manche sur 21, Charles Leclerc occupe la 15e place du championnat avec 13 points.
A lui dorénavant d’écrire la suite de cette fulgurante ascension. Car en gagnant la confiance
de la Scuderia, Leclerc hérite d’une monoplace compétitive. Celui qui n’est que le troisième
représentant de la principauté de Monaco à courir en Formule 1 pourrait, au minimum,
devenir le premier Monégasque de l’histoire à remporter un Grand Prix. Auteur d’un bref
passage sur le circuit en 1994, Olivier Beretta disputa 10 Grands Prix et obtint une honorable
septième place en guise de meilleur résultat. Louis Chiron quant à lui, participa à quinze
Grands Prix et signa, à 50 ans, un podium lors du GP de Monaco. C’était en 1950. Une
éternité.