Des comité sont chargés par le prince Albert II d’élaborer un calendrier d’actions sur trois ans afin d’honorer la mémoire de son ancêtre, le « prince savant », Albert Ier.

Un film, un jeu de société en plateau, des publications, un site internet… Toutes les options sont encore sur la table pour animer le cycle des commémorations en l’honneur du prince Albert Ier dont le centenaire de la mort marquera l’année 2022 à Monaco. Trois ans d’actions et de manifestations vont ainsi célébrer la vie et l’œuvre du trisaïeul de l’actuel souverain monégasque.

Coup d’envoi au musée océanographique

Dès le 14 décembre dernier, Albert II avait installé par ordonnance souveraine un comité de pilotage et un comité exécutif composés de représentants du gouvernement et des différentes entités culturelles monégasques, comme l’institut audiovisuel ou le musée de paléontologie humaine. Chargés de définir et de mettre en œuvre un calendrier, ces derniers étaient réunis, le mardi 29 janvier, au musée océanographique ou l’actuel souverain monégasque a donné le coup d’envoi officiel de ce cycle commémoratif.

Dans son allocution, le souverain a insisté sur l’actualité et la permanence de l’oeuvre d’Albert Ier. « Dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui, où l’environnement est menacé, où les valeurs humaines indispensables à toute politique sont trop souvent ignorées ou remises en cause, les messages que contient son œuvre de pionnier ont plus que jamais quelque chose d’essentiel à nous enseigner », a-t-il notamment souligné. Ce dernier n’a en effet jamais caché que l’action de son ancêtre a toujours été pour lui une source d’inspiration. Particulièrement pour sa politique en faveur de l’environnement et de la protection des écosystèmes marins.

Les explorations océanographiques

Né en 1848, Albert Ier se passionna tôt pour l’exploration océanographique et la cartographie. Accompagné de savants, de dessinateurs et de photographes, celui qui fut surnommé « le prince savant » ou « le prince navigateur », dirigea 28 campagnes maritimes entre 1885 et 1915 à bord de navires transformés en laboratoires de recherche scientifique. Il explora ainsi toutes les mers du globe, participant notamment à la découverte des terres les plus septentrionales de la Norvège. Il rédigea ainsi une cartographie précise de l’archipel du Svalbard.

Ces expéditions furent aussi l’occasion de découvrir de nouvelles espèces. C’est par exemple le cas avec le poisson de grande profondeur Grimuldichtys profondissimus, nommé ainsi en hommage aux Grimaldi.

Le musée océanographique : la grande oeuvre d’Albert Ier

En 1989, Albert Ier fonda l’Institut océanographique de Monaco pour consigner ses nombreuses découvertes et fit construire le musée océanographique de Monaco, la grande œuvre de son règne. Collections de pièces rapportées des explorations, aquariums de faune et de flore des fonds sous-marin, librairie scientifique, archives… Un véritable trésor de découvertes maritimes et de pédagogie scientifique y est mis à la disposition des Monégasques.

Constitué aujourd’hui de 90 bassins et riche d’une collection de 350 espèces de poissons, pour plus de 6 000 spécimens, le musée océanographique est aujourd’hui non seulement un centre de médiation entre la recherche et le grand public, mais aussi un lieu emblématique qui participe au rayonnement de la principauté.

Un « testament en faveur de la planète« 

Le prince Albert II a d’ailleurs tenu à manifester sa confiance dans cette grande institution en lui offrant symboliquement le bicorne d’académicien des sciences du prince Albert Ier. En retour, l’institution lui a remis une épingle de cravate ayant appartenu à son ancêtre.

Si le calendrier et la nature des actions à mener restent encore à déterminer, Robert Fillon, ambassadeur de Monaco en Italie et président du comité exécutif, a évoqué le « testament en faveur de la planète, de la science et de l’homme lucide, guidé par la raison et par la mesure, conscient de ses droits et de ses devoirs », laissé par Albert Ier. Un testament auquel la principauté entend rester fidèle.