Projeté dimanche en présence de son réalisateur, « Une vie cachée » semble déjà l’un des favoris pour la Palme. Huit ans après la consécration de « The tree of life », Terrence Malick signe son grand retour sur la Croisette la scène cinématographique avec le portrait d’un objecteur de conscience se dressant contre les nazis.

Le bal des pointures se poursuit. Après Ken Loach et Pedro Almodovar, voici donc le tour de Terrence Malick.  Asent de la Croisette depuis sa dernière Palme d’or, ce cinéaste connu pour sa discrétion et sa rareté, revient cette année à Cannes avec « Une vie cachée ». Bouleversant ses habitudes, le réalisateur américain a créé la surprise dimanche, en étant présent lors de la présentation officielle de son film, se levant au générique de fin pour saluer les spectateurs.

Acclamé par une bonne partie de la presse, « Une vie cachée » se penche sur l’histoire vraie d’un héros méconnu. Celle de Franz Jägerstätter, un paysan autrichien, qui refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre.

Boudé par la critique pour ses derniers films (« Knight of Cups », « À la merveille » , »Song to song »), Terrence Malick sera grâce à dernier long-metrage, revenu dans les bonnes grâces de beaucoup, émerveillés par ce portrait historique Malickien, digne de ses plus grands ouvrages (« Les moissons du ciel », « La ligne rouge »). Fidèle à sa signature, le réalisateur d’outre-atlantique livre une oeuvre esthétique et contemplative, choisissant cette fois-ci d’explorer un thème de l’intime : la foi. Positivement accueilli, « Une vie cachée » brille par sa beauté et la finesse de sa mise en scène, portée par un jeu d’acteurs plein de justesse (August Diehl et Valerie Pachner)

Quelques avis sceptiques néanmoins

Mais si de nombreux enthousiastes le voit déjà bien parti pour une seconde Palme, un autre pan de la critique émet plus de réserves, lui reprochant un ton qui frise la « bondieuserie« , et une impression de déjà vu. A l’image du Hollywood Reporter dont le journaliste Todd McCarthy écrit :  « Au bout de seulement quelques minutes de film, il n’y a aucun doute sur l’identité de son réalisateur. Mais même avec un matériel au potentiel plus profond, Malick se contente de produire les mêmes mouvements, sans les modifier ni les amplifier. Son processus consiste à embellir, aplatir et simplifier »

En dépit de cette critique divisée, reste une question en suspend. La plus importante à Cannes cette année : qu’en pensera le Jury d’Alejandro González Iñárritu ?