Après une intersaison qui a complètement bouleversé le petit monde du WRC avec les départs du champion du monde en titre Ott Tänak vers Hyundai et l’arrivée du sextuple champion du monde français Sébastien Ogier chez Toyota, le Rallye Monte-Carlo 2020 promet du spectacle mais aussi beaucoup d’incertitudes. Alors, qui semble le mieux armé pour dompter les routes endiablées de ce Monte-Carlo plus ouvert que jamais ? Monaco Tribune fait le point, avec l’œil avisé du Niçois Éric Camilli, qui prendra le départ du rallye au volant d’une Citroën C3 dans la catégorie WRC 2.

 

Très heureux à l’idée de prendre le départ d’un nouveau rallye Monte Carlo! 😍Very excited to start Rallye…

Geplaatst door Eric Camilli op Donderdag 16 januari 2020

 

Sébastien Ogier (Toyota Yaris)

Qui mieux que lui peut se targuer de connaître par cœur toutes les routes escarpées du Monte-Carlo ? Au moment d’aborder cette 88e édition du mythique rallye de la Principauté, Sébastien Ogier partira forcément dans l’inconnu, même si le sextuple champion du monde a pris part à deux séances en amont du Monte-Carlo au volant de sa nouvelle monture. Pour ce qui devrait être sa dernière saison en WRC, le Gapençais a décidé de changer d’air cet été en rejoignant l’écurie championne du monde. Un pari osé pour celui qui a remporté les six dernières éditions au volant de trois constructeurs différents. Volkswagen, Ford, Citroën et maintenant Toyota. Avec sa pointe de vitesse et sa connaissance pointue du terrain, le Français s’avance cette année encore comme le grand favori de ce Monte-Carlo. À condition de dompter rapidement la fougueuse Yaris. 

 

L’avis d’Éric Camilli : « Sébastien a gagné six fois le Monte-Carlo, avec trois voitures différentes. Il est tenant du titre et il arrive dans l’écurie championne du monde. Pour moi, c’est le grand favori. »

 

Ott Tänak (Hyundai i20) 

Comme Sébastien Ogier l’an dernier (de Ford à Citröen), Ott Tänak a décidé de tenter un pari risqué cette saison : quitter Toyota, avec qui il a été sacré champion du monde, pour rejoindre Hyundai. Troisième du Monte-Carlo l’an dernier, l’Estonien avait suivi le duel acharné entre Ogier et Neuville à distance, sans se mêler à la bataille pour la victoire. Mais cette année, auréolé de son titre mondial, Tänak se sait attendu, pour son baptême au volant de la i20. Une voiture qui lui a déjà fait forte impression et qui ne devrait pas offrir de mauvaises surprises à celui qui affirme que l’on « assistera à une nouvelle bataille intéressante » pour le titre cette saison. Une lutte qui débutera par ce Monte-Carlo et qui pourrait livrer quelques enseignements sur la capacité d’Ott Tänak à réitérer une saison presque parfaite, comme la dernière.

 

L’avis d’Éric Camilli : « Ott Tanak a changé d’équipe en passant chez Hyundai. Il va falloir qu’il prenne vite ses marques, sur une voiture qui a été conçue par et pour Thierry Neuville. Ce sera son tout premier rallye avec cette voiture, donc je pense que Neuville aura une longueur d’avance mais il ne faut pas oublier que Tänak est champion du monde en titre. Il a été le meilleur pilote tout au long de l’année. S’il s’habitue à la voiture rapidement, ça peut le faire dès cette année ! »

 

Thierry Neuville (Hyundai i20)  

Au plus profond de lui, Thierry Neuville le sait, que cette année est peut-être celle de la dernière chance. Alors qu’Ott Tänak a réussi la saison dernière à briser l’hégémonie de Sébastien Ogier et ses six titres consécutifs de champion du monde, le Belge a cette année une occasion en or de remporter enfin le titre pilote en fin de saison. Et quoi de mieux qu’une première victoire dans le Monte-Carlo pour s’affirmer, d’entrée, comme l’homme à battre cette année ? Deuxième lors de la dernière édition, celui a été cinq fois vice-champion du monde avait échoué à seulement deux petites secondes de Sébastien Ogier. Sur ses terres, le résident monégasque voudra cette année prendre sa revanche face à son éternel rival. Et lancer de la meilleure manière une saison qui pourrait le sacrer champion du monde pour la première fois de sa carrière.

 

L’avis d’Éric Camilli : « Neuville a l’avantage de partir avec une voiture conçue pour lui, à l’inverse d’Ogier et Tänak, qui arrivent dans une nouvelle équipe. Il a cœur de gagner. L’an dernier, il est passé tout proche. Pour moi, tout dépend du niveau de la Toyota. Si Ogier et Toyota marchent fort d’entrée, ils seront favoris. Mais sinon, je vois Neuville remporter l’épreuve. »

 

Sébastien Loeb (Hyundai i20)  

Si quelqu’un pourrait profiter de tous ces changements, c’est bien lui. Sept fois vainqueur de l’épreuve, l’Alsacien connaît ces routes par cœur. Son expérience, ses qualités naturelles sur asphalte et son envie dévorante de prendre du plaisir sans se mettre de pression sont à mettre à son crédit. Quatrième l’an passé pour sa première sortie officielle avec la Hyundai i20, Sébastien Loeb peut cette année viser beaucoup plus haut, lui qui dit se sentir « vraiment bien » avec cette voiture qu’il avait mis un certain temps à apprivoiser l’an passé. Si le nonuple champion du monde pourrait se ranger derrière ses deux coéquipiers en lice pour le titre de champion du monde pilote en fin de saison pour le bien de son équipe, nul doute que la légende des rallyes saura prendre ses responsabilités pour remporter le rallye si l’un de ses coéquipiers venaient à abandonner ou connaître des soucis de fiabilité.

 

L’avis d’Éric Camilli : « Et pourquoi pas ? Objectivement, il peut gagner. Je ne sais pas s’il partira dans cet optique, je ne connais pas les consignes chez Hyundai, mais intrinsèquement, il peut se mêler à la bataille pour la victoire. Le Monte-Carlo, c’est son rallye préféré. Il est très efficace sur ces routes. Et puis son expérience est énorme. »

 

Par Romain Boisaubert, fondateur de Le Sport au Féminin. Le Sport au Féminin traite à la diffusion en temps réel de l’information du sport féminin en France et dans le monde auprès d’un large public, et ce faisant, à la promotion du sport féminin.