La Fondation Marguerite et Aimé Maeght à Saint-Paul de Vence rouvre au public le 1er juillet. L’occasion de découvrir l’exposition en hommage à l’un des principaux acteurs de la Figuration narrative : Jacques Monory. Initialement prévue du 28 mars au 14 juin, elle sera présentée au public dès cet été et jusqu’au 22 novembre.

Jacques Monory est à l’honneur sur la Côte d’Azur au travers d’une exposition monographique, la première depuis son décès en octobre 2018. Sobrement intitulée « Jacques Monory », l’événement réunit des toiles parmi les plus célèbres et les plus emblématiques de l’artiste, et dévoile ainsi sa vision tout à la fois pessimiste, réaliste et tragi-comique du monde.

Figuration narrative, un groupe engagé

C’est au début des années 60 qu’est né ce que l’on a appelé le groupe Figuration narrative. Dans un monde en crise (les conflits étaient nombreux : guerres d’Algérie, du Vietnam et Guerre froide), et par opposition à la frénésie artistique qui voyait le jour autour de l’image, représentée notamment par le Pop Art, la BD et l’art vidéo, des peintres ont fait de leur art une manière explicite de dire l’état de la société dans laquelle ils évoluaient. Parmi eux, de grands noms de l’art comme Eduardo Arroyo, Bernard Rancillac, Gérard Fromanger et, bien entendu, Jacques Monory. Ce dernier, fasciné par les films noirs et la photographie, interrogeait, sans juger, sur : « Comment vivre dans un monde violent, déraisonnable, illogique, surprenant et souvent faux. » Ainsi, aux murs des différentes salles, les grands formats qui sont l’une de ses marques de fabrique, représentent tantôt de grandes étendues de nature, tantôt des paysages urbains, des visions dramatiques ou romantiques de l’Histoire contemporaine, le tout teinté d’un humour grinçant inspiré du cinéma qu’il aime tant.

Jacques Monory Portrait
Portrait Jacques Monory © Photo Jean Larivière

Des camaïeux de bleus pour une ambiance américaine

Impossible en effet, pour qui ne connaît pas l’artiste, de ne pas penser que les toiles sont signées d’un peintre venu tout droit d’outre-Atlantique et ayant pour modèle le cinéma hollywoodien des années 50, où le bleu est omniprésent. Ce bleu, souvenir d’enfance du peintre lors d’une séance de cinéma en plein air au cours de laquelle le projectionniste, pour évoquer la nuit, glissait un filtre bleu devant le film, en noir et blanc. Ainsi, Monory a choisi de plonger le visiteur dans une nuit américaine qui raconte sa vision du monde, ses souvenirs au fil des décennies, et où souvent les images se juxtaposent. S’entrechoquent même parfois. Pour lui, « le principe consiste à prendre deux images, à les rapprocher et à en créer mentalement une troisième. (…) Je crois, poursuit-il, que c’est la vibration qui m’intéresse, c’est le tremblement de la pensée devant l’image». Une sorte de plan séquence ou d’arrêt sur image qui invite à confronter la petite histoire à la grande. Un artiste à (re)découvrir et à apprécier à l’envie dans le cadre exceptionnel de la Fondation Maeght.

Compte tenu de la crise sanitaire, plusieurs dispositifs ont été mis en place. Le port du masque sera obligatoire tout au long de la visite : si besoin, la Fondation pourra en fournir au visiteur. Du gel hydroalcoolique sera également à disposition à l’entrée. Les visiteurs, dont le nombre sera limité, devront respecter le sens de visite et une distanciation physique d’1m50.

Du 1er juillet au 22 novembre. Pour en savoir plus : rendez-vous sur le site de la Fondation Maeght