Arrivé à l’AS Monaco Basket en septembre dernier, le pivot international français de 25 ans se plaît sur le Rocher. Ambitieux, Mathias Lessort (11,2 points, 6,2 rebonds) espère remporter des titres avec la Roca Team. Avant de retrouver la NBA un jour ? Itinéraire d’un joueur talentueux, découvert en Martinique et révélé en France, à Chalon-sur-Saône.

Ses débuts


 « J’ai joué au football, comme beaucoup de jeunes en Martinique, mais j’ai fini par tomber dans le basket »

« J’ai débuté le basket en Martinique. Mes deux grands frères y jouaient déjà, ce qui m’a motivé à m’y mettre aussi. J’ai joué au football, comme beaucoup de jeunes en Martinique, mais j’ai fini par tomber dans le basket. Je suis tombé rapidement amoureux de ce sport. C’était aussi une opportunité d’assurer mon avenir et d’aider ma famille. À la maison, on parlait plus de football que de basket. Ma famille est divisée entre le PSG et l’OM (sourire). Avec mes frères, on regardait quand même souvent la NBA à la télévision, car en Martinique, il n’y a pas de décalage horaire. Je n’étais pas supporter d’une équipe en particulier, mais j’aimais bien regarder les Clippers de Los Angeles. Je regardais beaucoup de matchs pour analyser les joueurs à mon poste et pour m’en inspirer. Mes idoles ? Lebron James et Carmelo Anthony. »

La Jeep Élite


 « J’ai vécu à Nanterre la saison la plus aboutie de ma carrière »

« Les recruteurs de Chalon-sur-Saône m’ont repéré alors que j’étais en pôle en Martinique. Lors d’une tournée à Roanne, ils m’ont fait visiter les structures et j’ai signé là-bas à l’âge de 15 ans. C’était un rêve éveillé d’arriver en France, de voir les infrastructures, une salle de 5000 places, un terrain en parquet, des vestiaires neufs, des choses que l’on ne retrouve pas en Martinique. Je n’ai pas hésité une seule seconde au moment de rejoindre le centre de formation de Chalon-sur-Saône, avec qui j’ai découvert la Pro A (aujourd’hui Jeep Élite). C’est là-bas que je me suis construit en tant qu’homme. Je suis ensuite parti à Nanterre lors de la saison 2016-2017. Sportivement, il y avait un excellent projet. J’ai vécu à Nanterre la saison la plus aboutie de ma carrière. Je me suis révélé, j’ai été sélectionné pour la première fois en équipe de France, j’ai été drafté, j’ai signé dans un club d’Euroligue, j’ai gagné deux titres (Coupe de France, Coupe d’Europe FIBA), c’était vraiment une année fabuleuse. »

L’Euroligue


« Tout le monde m’a très bien accueilli à Belgrade »

« Après Nanterre, c’était soit la NBA, soit l’Euroligue. J’ai eu l’opportunité de rejoindre l’Étoile Rouge de Belgrade. Quand j’ai signé en Serbie, je me suis facilement adapté à la culture car j’avais déjà connu cette transition en rejoignant la France depuis la Martinique. Tout le monde m’a très bien accueilli à Belgrade. Je m’entendais bien avec mes coéquipiers, mais j’ai connu quelques problèmes sur la fin, avec l’arrivée d’un autre intérieur. Mon temps de jeu a réduit et c’était mieux pour moi à ce moment-là d’aller à Malaga, dans une structure d’Euroligue malgré que nous étions en Eurocoupe. J’ai eu un bon rôle dans l’équipe, j’ai vécu une belle saison. C’est une expérience que je n’oublie pas. Si nous nous étions qualifiés pour l’Euroligue, je serais resté une saison de plus, car je me sentais très bien à Malaga. J’ai finalement retrouvé l’Euroligue la saison suivante avec le Bayern Munich, en Allemagne. J’ai eu plus de mal dans mon intégration car j’ai manqué toute la préparation à cause de la Coupe du monde. Tout le monde se connaissait déjà. J’ai dû faire ma place dans l’équipe. »

La NBA


 « Je n’ai pas abandonné l’idée de jouer en NBA un jour »

« J’ai été sélectionné à la 50e place lors de la Draft NBA 2017. La NBA a toujours été un rêve. Quand j’ai été drafté, j’ai ressenti plusieurs émotions, de la joie, de la déception, de la crainte, de l’excitation. Au 76ers de Philadelphie, il y avait plusieurs intérieurs, Nerlens Noël, Dario Saric Joël Embiid. Je savais que je n’allais pas avoir beaucoup d’opportunités aux Sixers. Entre temps, j’avais signé à Brose Baskets (Allemagne), mais ça ne s’est finalement pas fait à cause de la clause NBA. J’ai malheureusement raté la première Summer League à Utah et la moitié de la seconde à Las Vegas. J’ai sympathisé avec Joël Embiid, qui m’a fait visiter la ville, avec qui je me suis entraîné. C’est une expérience inoubliable. Et je n’ai pas abandonné l’idée de rejoindre la NBA un jour. Il y a des joueurs qui ont rejoint la NBA beaucoup plus tard que moi. »

Travel Club Monaco

La Roca Team


 « Je veux gagner des titres avec Monaco »

« J’avais besoin de prendre du temps pour moi. Je suis rentré en Martinique pendant plus d’un mois pour me ressourcer. Après l’expérience à Munich, je n’étais pas prêt pour signer à nouveau dans un club. Je n’ai signé qu’à Monaco en septembre. C’est une bonne opportunité à saisir. Nous avons le potentiel pour gagner des titres. Monaco est une grande équipe du championnat de France, en Eurocoupe nous visons la victoire. Je veux gagner des titres avec Monaco. Il y a un projet prometteur et si en fin de saison tout est réuni ici, je me vois continuer avec la Roca Team. »

L’Équipe de France


 « Les Jeux Olympiques, c’est le rêve de tous les athlètes »

« L’équipe de France a toujours été un rêve. Petit, je ne manquais pas un match des Bleues. Après mon année aboutie avec Nanterre, j’ai été appelé en équipe de France. J’étais super content. J’ai profité à fond de cette expérience. J’ai la chance d’avoir disputé la Coupe du monde, j’ai la chance de peut-être participer aux JO. Je vais tout donner pour faire partie de l’aventure. Les Jeux Olympiques, c’est un rêve pour tous les athlètes. »

@FFBB