Interview

ENTRETIEN. Maghnes Akliouche (AS Monaco) : « Rendre la confiance que m’accorde le coach »

Monaco Tribune

Titulaire lors de la large victoire de l'AS Monaco sur la pelouse du Stade de Reims (0-3) avant la trêve, Maghnes Akliouche ne cesse de marquer des points aux yeux de Philippe Clement. À 20 ans, le milieu de terrain international français chez les jeunes nourrit de grands espoirs au sein de son club formateur.

Quel bilan tirez-vous de votre début de saison et de celui de l’AS Monaco ?

Collectivement, on est de mieux en mieux, les automatismes se créent et les derniers réglages se mettent en place. On l’a vu lors des derniers matchs. Au niveau individuel, je suis constamment en train d’apprendre. J’ai intégré le groupe l’été dernier et j’ai toujours cette volonté de progresser. C’est mon objectif quotidien.

Avec une première apparition en Ligue 1 en octobre 2021, un premier contrat professionnel signé en février 2022 et une première titularisation en Ligue 1 face à Reims, tout s’accélère ces dernières semaines…

Je suis heureux que ça avance dans le bon sens, mais je garde avant tout les pieds sur terre. Je dois continuer à bosser pour poursuivre ma progression.

On m’a dit d’être plus égoïste face au but. C’est pour ça que j’essaye de varier, savoir faire la passe juste et être tranchant devant le but

Maghnes Akliouche

Il y a aussi ce match au Parc des Princes, face au Paris Saint-Germain...

C'est un peu un rêve qui s'est réalisé, face à des joueurs que je regardais à la télévision. Mais je suis resté lucide sur le terrain. Je n'y ai pas pensé. Seulement après, avec du recul. Je me suis dit que j'avais joué contre les meilleurs joueurs du monde. Le coach m'a accordé sa confiance et j'ai donné le meilleur de moi-même pour lui rendre sur le terrain.

Philippe Clement vous accorde une grande confiance. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est important pour un jeune joueur d’avoir la confiance de son coach et de son staff. Quand je mets les pieds sur un terrain, en match ou à l’entraînement, je n’ai qu’une envie, c’est de lui rendre cette confiance.

©AS Monaco

Comment vous sentez-vous au sein du groupe ?

Je n'ai eu aucun mal à m'intégrer. Le groupe est composé de beaucoup de jeunes joueurs issus du centre de formation, comme Benoît (Badiashile), Eliot (Matazo) ou Félix (Lemaréchal). Il y a une bonne entente entre nous, mais aussi avec les joueurs plus expérimentés. Ils nous aident énormément.

Bertrand Reuzeau, ancien directeur du centre de formation disait de vous : « Maghnes est un joueur d’équipe qui fait jouer les autres. » Une bonne définition selon vous ?

Oui, c’est vrai que l’on me caractérisait beaucoup comme ça au centre. On me l’a même aussi reproché (sourire). On m’a dit d’être plus égoïste face au but. C’est pour ça que j’essaye de varier, savoir faire la passe juste et être tranchant devant le but.

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Quels sont encore vos axes de progression ?  

Je peux encore m’améliorer dans plein de domaines, notamment athlétiquement ou dans le dernier geste. Il est important d’être décisif dans la surface et dans la finition.

Vous êtes arrivé sur le Rocher à l’âge de 15 ans en provenance de votre région natale, l’Île-de-France. Comment s’est passé votre acclimatation à la région ?  

Ce n’était pas simple de quitter mes parents mais j’ai été un peu préparé puisque je suis passé par l’INF Clairefontaine. Ces deux années m’ont bien aidé. C’est toujours compliqué de quitter le cocon, mais on s’y fait, c’est pour réaliser notre passion, ce qui est pour moi le plus important. On accepte les sacrifices et ma famille est heureuse pour moi. Elle est d’ailleurs très proche de moi. Sans eux, je ne pourrai pas atteindre mes objectifs.

Je suis un peu né avec un ballon dans les pieds (sourire)

Maghnes Akliouche

Comment se sont déroulés vos premiers pas dans le football ?

Je suis issu d’une famille qui adore le football. Je suis un peu né avec un ballon dans les pieds (sourire). Je suis entré dans un club (Villemomble Sports, puis l'US Torcy), j’ai beaucoup aimé. Je faisais mon sport, ma passion, je prenais du plaisir et ensuite je me suis dit que je pourrais peut-être aller plus haut. Il faut être ambitieux.

Quels sont les joueurs qui vous ont inspiré ?  

J’en ai deux : Andrés Iniesta et Zinédine Zidane. Bon, ce sont de grands, grands modèles, mais c’est quand même eux que j’observe énormément.

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Andrés Iniesta, Zinédine Zidane, deux milieux de terrain, deux meneurs, deux passeurs… Quel est justement votre poste préférentiel ?

Je dirais juste derrière l’attaquant, en soutien. Je peux jouer partout offensivement, mais c’est dans cette position que je me sens le plus à l’aise.  

Vous avez reçu des sollicitations lors du mercato estival. Comment avez-vous vécu cette intersaison ?  

Il y’a souvent des rumeurs de transfert mais je n’y ai pas vraiment porté d’attention. Je suis resté concentré sur mon club formateur. J’ai confiance en l’AS Monaco. C’était clair dans ma tête. Je voulais continuer ici.   

©AS Monaco

Quand on regarde l’itinéraire d’un Benoît Badiashile, qui a connu le centre de formation et qui se retrouve maintenant en équipe de France. C’est un parcours qui vous inspire ?   

Benoît est un exemple pour tous les joueurs qui arrivent en centre de formation. Il a fait un parcours exceptionnel, en faisant ses années en centre de formation, avant de monter en équipe première. C’est bien pour lui et j’espère qu’il va continuer comme ça.

L’équipe de France, c’est aussi un objectif à plus long terme ?

Bien sûr ! Mais je pense qu’il ne faut pas que ça soit dans ma tête tout de suite. Je dois d’abord travailler quotidiennement. Si ça doit se faire, ça se fera de toute façon.

C’est une immense fierté de remporter un titre avec son pays

Maghnes Akliouche

Vous avez déjà remporté le tournoi Maurice-Rovello avec l’équipe de France U20 en juin dernier. Qu’est-ce que cela représente de faire déjà partie des équipes de France chez les jeunes ?

On était tous très heureux de décrocher ce titre. C’est une expérience qui m’a fait grandir. C’est une immense fierté de remporter un titre avec son pays. J’espère maintenant en remporter d’autres.  

Le club met la formation au cœur de son projet et de nombreux joueurs sont appelés en sélection nationale par la suite. C’est quelque chose qui a compté dans votre choix ?

L’AS Monaco est un grand club. On sait que si l’on est performant et régulier, notre chance va arriver. J’ai rapidement pris ma décision quand Monaco s’est présenté à moi. On le voit aussi avec les nouvelles structures. Il y a tout ici pour progresser et grandir.

Quelles sont vos passions en dehors des terrains ?

À part le football (sourire) ? Déjà, je regarde énormément de matchs. Mais j’aime aussi le cinéma et je lis beaucoup. Plutôt des romans et des mangas.


Retrouvez également l’interview exceptionnelle de Maghnes Akliouche en podcast. L’entretien a été réalisé en collaboration avec Radio Monaco