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Récit

Ils pointent une arme factice sur des passants et sèment la panique à Monaco

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Ce sont les policiers du GPSI, spécialisés dans les interventions à risque, qui sont intervenus le jour des faits, vendredi 12 mai 2023 - © Sûreté Publique

En marge du salon Ever qui se déroulait sous le chapiteau de Fontvieille, la police est intervenue munie de fusils d’assaut et de boucliers.

C’était une blague de très mauvais goût qui n’aura finalement pas fait rire bien longtemps ces deux jeunes qui ont passé trois nuits à la maison d’arrêt de Monaco avant d’être jugés. Le jour de l’audience correctionnelle, ils arrivent, comme le veut le protocole lorsqu’il s’agit de flagrant délit, menottés dans le box et escortés de plusieurs policiers.

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Amis et collègues dans une entreprise de nettoyage automobile à Monaco, les deux jeunes hommes d’environ 25 ans se font discrets. Ils semblent avoir pris conscience de la gravité de leur comportement, qui a causé beaucoup d’agitation et de peur quelques jours auparavant. Vendredi 12 mai dernier, alors que les deux protagonistes cherchent à stationner afin de se rendre au salon Ever, le passager pointe ce qui s’apparente à une arme à feu à travers la fenêtre du véhicule.

Il est presque 14 heures lorsqu’un autre automobiliste signale les faits à la Sûreté Publique, inquiet par la scène qui se déroulait sous ses yeux. Une fois sur place et lourdement armés, les agents vont rapidement se rendre compte que l’arme est factice. Les deux farceurs seront placés en garde à vue.

Pas d’antécédents judiciaires

« Vous pensez que cela procure quelle sensation d’avoir une arme pointée sur soi ? » demande le président aux deux prévenus, qui affirment n’avoir consommé ni alcool ni drogue le jour des faits. « Cela doit être impressionnant évidemment. Je ne sais pas expliquer mon geste, glisse le passager, tête baissée. Quant à mon collègue qui était au volant, il n’y est pour rien. À aucun moment il ne m’a aidé ou incité à faire cela », assure le Mentonnais au casier judiciaire vierge, comme son coéquipier.

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À la barre, leur employeur accepte de témoigner. « Je suis surpris. Je n’ai rien à leur reprocher d’un point de vue professionnel. Quoi qu’il en soit, je vous assure qu’il y aura une sanction de mon côté, car ils étaient en poste au moment des faits. » À leur tour, les compagnes prendront elles aussi la parole pour défendre la cause de leurs bien-aimés.

« Deux idiots qui ont voulu jouer les gangsters »

Malgré l’attitude exemplaire des prévenus à l’audience, le procureur insiste : « ces deux-là ont causé un grave trouble à l’ordre public, surtout dans un contexte de menace terroriste dans le pays voisin. Ceci étant dit, j’ai le sentiment que ces quelques jours en détention leur ont procuré l’effet d’un électrochoc. » Le ministère public requiert trois mois de prison avec sursis pour chacun d’entre eux.

« Ce sont deux idiots qui ont voulu jouer les gangsters. Aujourd’hui ils ont honte et regrettent. À l’arrivée du GPSI, (Groupe de Protection, de Surveillance et d’Intervention) ils auraient pu se faire tirer dessus », plaide leur avocat.

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Déclarés coupables par le tribunal, l’un de menace de mort et l’autre de complicité, ils seront condamnés à la peine plutôt clémente de 1 000 euros d’amende avec sursis. De quoi soulager les familles et proches venus les soutenir en nombre sur les bancs du palais de justice.

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