Publicité »
Portrait

Mireille Grazi : la transmission par l’écriture

Mireille-grazi-auteure-monegasque-compressed
L'auteure monégasque a publié cinq ouvrages depuis 2013. © Monaco Tribune

Des histoires pour enfants à son premier roman, Mireille Grazi fête les 10 ans de son premier ouvrage publié à Monaco. Rencontre.

Peut-être les avez-vous aperçus au Salon du livre de Monaco il y a quelques semaines. Amandine et l’Empire des Anges, Amandine et le retour aux sources, Amandine et l’Atlantide, Les lys blancs. Derrière ses ouvrages, Mireille Grazi sourit. Ils sont le résultat d’une passion, celle de l’écriture, ancrée dans son quotidien depuis qu’elle est adolescente. L’auteure monégasque se souvient de cette période où déjà, elle puisait dans son imagination pour faire naître deux romans. De vraies premières histoires construites et minutieusement écrites à la main. Lorsqu’elle déménage, la passion reste, mais les manuscrits terminent à la poubelle. Tout cela ne deviendra concret que des décennies plus tard, autour d’une jeune héroïne, Amandine.

Publicité

Personnage principal

En 2003, Mireille Grazi créé une héroïne au détour d’une soirée de lecture avec ses enfants. Elle ressent l’envie d’écrire une nouvelle histoire à leur raconter, le genre où l’on parle d’anges rassurants, venus veiller sur leurs nuits. Sur son ordinateur, la future auteure écrit le premier chapitre d’Amandine et l’Empire des Anges. « Les années passent et, un jour, une amie retombe sur cette histoire que j’avais imprimée. Elle me demande si elle peut la lire à ses garçons », se souvient-elle. Ce premier chapitre plaît, pourquoi ne pas l’éditer ? Il faudra attendre quelques années supplémentaires pour que l’opportunité se présente à Mireille Gazi, qui la saisira, non sans avoir « hésité quelques jours ». En parallèle, la Monégasque travaille dans le bâtiment et gère plusieurs sociétés, l’écriture restera un loisir auquel elle s’adonnera sur son temps libre.

Amandine et l’Empire des Anges est imprimé en 2013. Ce premier tome, comme les suivants, est traduit en quatre langues. Le format est original : les versions anglaises, françaises, italiennes et en monégasque se trouvent dans le même ouvrage, découpé en quatre colonnes. Le troisième choix de traduction place ce premier livre, et les deux suivants, dans toutes les bibliothèques des écoles monégasques. « Dans certaines d’entre elles, chaque professeur a un exemplaire parce qu’ils s’en servent pour les cours de monégasque », développe l’auteure.

Si en Principauté, l’histoire d’Amandine est un succès (les 1000 exemplaires tirés sont vendus), le premier volet s’exporte aussi à l’international : 500 exemplaires sont envoyés aux participants du 1 premier concours d’écriture « Coeur des mots », réservé aux élèves francophones du monde entier. Les deuxième et troisième tomes connaîtront la même opportunité. Un joli voyage pour son personnage, Amandine, qui a déjà la chance « d’accéder à des univers extraordinaires par le biais des rêves ». Quelle sera sa prochaine destination ?

Publicité »

Collaboration avec le Musée Anthropologique de Monaco

L’actuelle secrétaire générale du Pen Club de Monaco est une passionnée de la préhistoire. L’idée naît chez Mireille Grazi aussi naturellement que lui vient l’écriture de ses récits : le second tome se passera au paléolithique supérieur. « Je suis une passionnée mais pas une scientifique. » L’ancien directeur du Musée anthropologique de Monaco, Patrick Simon, relit son texte. « La première fois que Patrick Simon m’a accueilli au musée, on avait rendez-vous dans le laboratoire. Je croyais rêver, voir des ossements, des fossiles et être dans l’antre de la recherche.. », sourit l’auteure.

  • Tout a été relu, quelques spécificité ont été apportées

Pour ce retour aux sources d’Amandine, Mireille Grazi puise son inspiration dans la protection de l’environnement, thème auquel elle-même est « très attachée ». Prendre conscience d’où l’on vient et préserver la nature. Amandine et le retour aux sources transporte l’héroïne, maintenant âgée de 14 ans, aux abords de la fin du Néandertalien. « Je me suis plu à décrire comment vivaient les premiers hommes de l’époque, les animaux, les paysages mais, avec la caution du Musée. Tout a été relu, quelques spécificité ont été apportées. Par exemple, le terme de chamois devait être remplacé par chèvre sauvage », se souvient Mireille Grazi. Ensemble, l’auteure et le Musée choisissent de créer un lexique que les lecteurs retrouveront à la fin du conte, qui paraîtra lors de la 7ème édition du Salon du livre de Monaco, en 2017. Au-delà d’une première collaboration autour d’un ouvrage, l’auteure assure qu’une « véritable amitié est née ».

De ces longues entrevues naîtra même une mascotte, à la demande du musée. Mireille Grazi créé Théo et Sidonie, deux jumeaux qui vont arpenter les couloirs du Musée et retracer son histoire, liée au Prince Albert Ier dont le centenaire était fêté lors de la parution du livre. Théo et Sidonie est publié en 2022, édité par le Musée anthropologique et vendu sur place.

Deux ans auparavant, Mireille Grazi obtiendra de nouveau la caution du Musée anthropologique sur son troisième et dernier volet mettant en scène Amandine, Amandine et l’Atlantide. De la période gréco-romaine avec les découvertes des épaves, l’auteure amène son personnage dans la ville du futur. La Monégasque veut, une fois de plus, raconter une histoire aux enfants et les concerner. « Toujours dans ce souci de la préservation de l’environnement, ici des océans et notamment sur le fait qu’il n’y restera que des méduses et des algues si on ne fait rien. » Avec cette volonté de se challenger, et de réaliser quelques économies sur cette activité « loisir », Mireille Grazi met en page elle-même ce troisième opus. « J’ai mis des mois et des mois, je partais de zéro ».

Publicité »

Passage par l’auto-édition

Pour pouvoir éditer ses livres sous ce format spécifique où les quatre langues paraissent, l’auteure n’a pas d’autres choix que celui de l’auto-édition. À la sortie d’Amandine et le retour au sources, elle rachète les droits de son premier tome, le réédite et sort la version papier du second. « Dans quoi est-ce que je me lance ? », se demande Mireille lorsqu’elle fait ce choix. À côté, la Monégasque continue de travailler, à l’époque dans une agence immobilière, c’est son temps libre qu’elle mettra à profit pour chapeauter la mise en page, démarcher plusieurs traducteurs et une illustratrice. « C’était une belle aventure », sourit l’auteure.

Amandine, et après ?

Mireille Grazi l’assure, Amandine ne reviendra pas. Des contes pour la jeunesse, l’ancienne vice-présidente des Femmes Leader de Monaco se tourne vers le roman. Et pas n’importe lequel. Ces manuscrits jetés à la poubelle des décennies auparavant trottent encore dans son esprit. « Cette idée de réécrire un de ces romans est ressortie tel quel, comme un volcan en éruption », admet l’auteure, qui lie ce besoin à un événement personnel survenu dans sa vie plusieurs années auparavant.

Les lys blancs paraît en 2021, à l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes. Un récit poignant autour d’un message. « Il faut que les victimes puissent parler ». Mireille Grazi utilise des mots « simples », elle-même assume de ne pas vouloir d’une « littérature très recherchée » mais utiliser énormément de « références littéraires ».

L’auteure monégasque a peut-être trouvé sa voie. Elle est très occupée, a un travail « prenant », mais ne laissera pas son imagination périr. Mireille Grazi ne tarit pas d’idées. Une saga ? Peut-être une trilogie ? Son regard pétille à l’énonciation de son potentiel avenir littéraire. À suivre.

Privacy Policy