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Interview

Commerçants historiques : Santo Gelato, glacier de père en fille

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Avant Santo Gelato, les propriétaires géraient « La Gelateria » à Sainte Dévote © Santo Gelato

Connu pour ses glaces de qualité, ses sorbets savoureux aux fruits de saison et ses panettones glacés, Santo Gelato est une véritable institution à Monaco.

Quiconque passe sous les arcades de la Place d’Armes ne peut s’empêcher de contempler les douceurs rafraichissantes et colorées de Santo Gelato, et même d’y succomber de temps en temps quand, par chance, il n’y a pas foule. Derrière le succès de cette affaire, se cache une histoire familiale touchante que la fille du patron, Sofia Stampfl, a accepté de nous raconter. À 27 ans, et avec un petit ventre bien arrondi, la future maman nous reçoit entre deux clients : « nous sommes originaires du nord de l’Italie, une petite ville à la frontière avec l’Autriche, d’où ce nom « Stampfl » un peu particulier pour une Italienne », s’amuse-t-elle à faire remarquer.

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Santo Gelato n’est pas la première affaire de la famille Stampfl : « nous avions tenu La Gelateria à Sainte Dévote pendant neuf ans, confirme la jeune femme. Mes parents ont décidé de vendre pour faire autre chose dans leur vie. À cette époque je n’y travaillais pas, je suivais des études dans l’humanitaire. Même si j’ai apprécié ma première expérience de travail dans ce domaine, ce n’était pas la carrière à laquelle j’aspirais, alors j’ai décidé d’intégrer la maison familiale et de proposer à mes parents d’ouvrir un autre glacier. »

Une marque dans l’air du temps

Pleine d’entrain, Sofia a impulsé une nouvelle marque, plus moderne. « Nous avons longuement étudié le logo et le nom. Il fallait impérativement qu’il soit italien, comme la glace, et comme nous ! Aussi, nous voulions que l’appellation fasse écho à la clientèle internationale de Monaco, nous avons donc évité les  » r  » et autres lettres compliquées à prononcer. Nous avons également changé nos couleurs pour passer du rouge flamboyant à des tons neutres, car finalement, les couleurs essentielles émanent de nos produits. »

Le parfum Cioccopop créé par Santo Gelato est l’un des plus vendus. L’hiver, le panettone est victime de son succès – © Santo Gelato

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Si la composition de l’équipe varie en fonction des saisons, le noyau familial reste en tout temps, inchangé. « Ma mère fabrique la glace aux côtés de mon époux qui a appris les recettes de famille. Mon père est gérant et j’apprends avec lui la comptabilité et la gestion. Petit à petit, nous prenons plus de place pour que la transition se fasse naturellement, car mes parents approchent la soixantaine. Cela dit, ils sont encore très jeunes dans leur esprit, toujours modernes dans leurs idées et ouverts aux nôtres. Ils ont par exemple réalisé très tôt qu’une présence sur les réseaux sociaux nous serait utile », se réjouit la cogérante.

La qualité, l’ingrédient principal

Les évolutions ont été nombreuses depuis l’ouverture de l’enseigne, comme nous l’indique Sofia. « Nous avons développé le service de livraison, et nous pouvons désormais être présents lors d’événements privés, comme des mariages, ou publics. Lors du Centenaire du Prince Rainier III par exemple, nous avions installé un stand de glace et mis à disposition du personnel. C’est divertissant, surtout pour les enfants. » Mais l’Italienne ne se détache pas pour autant des traditions et surtout des standings mis en place par ses parents. « À Santo Gelato, tout est fait maison, jusqu’à la pasteurisation du lait. C’est notre parti pris, et nous travaillons uniquement avec des produits frais et de saison. Vous ne verrez jamais chez nous de la pêche en plein hiver ! »

Concernant les autres matières premières, telles que les noisettes ou les pistaches, le glacier se fournit en Italie chez les meilleurs producteurs, qui pour certains, comme ceux à l’origine de la Noisette d’Alba, sont reconnus mondialement pour leur qualité. « Nous tenons aussi à travailler avec des marques monégasques, c’est pourquoi tous nos cornets sont made in Monaco. »

Pourquoi Monaco ?

Arrivée à Monaco à l’âge de 10 ans, Sofia se souvient que le rêve de ses parents a toujours été de s’installer en Principauté. « On habitait dans un tout petit village en Italie, et ce n’est jamais facile de quitter un pays avec un enfant pour tout recommencer ailleurs. Ils n’ont jamais abandonné et aujourd’hui, Santo Gelato est un succès. C’est pour toutes ces raisons que je souhaite poursuivre l’activité. Effectivement ce n’est pas toujours facile de travailler en famille, concède-t-elle, on a tendance à se dire les choses beaucoup plus facilement, avec moins de tact… Mais aujourd’hui je ne me vois pas ailleurs. »

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Monaco est sa terre d’adoption, et Sofia ne partirait pour rien au monde. « J’aime la diversité des personnes que l’on rencontre ici, nos clients proviennent de pays et milieux sociaux différents. Pour ce qui est des défis, la clientèle exigeante de Monaco nous pousse à sans cesse nous améliorer et c’est une bonne chose. Nous fournissons des restaurants renommés en Principauté et même le Palais Princier ». Santo Gelato n’a donc pas fini de régaler les gourmands, et même les plus célèbres comme le pilote automobile Lando Norris ou Rafael Nadal, venus s’autoriser une douceur pendant le Monte-Carlo Rolex Masters de 2019.