Interview

Le Club suisse de Monaco, témoin de l’amitié helvético-monégasque depuis 75 ans

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Le Club suisse a été officiellement créé en 1949... mais existait bien avant ! - © Club suisse de Monaco

L’association fêtera son anniversaire en présence du Souverain !

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C’est l’une des associations « les plus anciennes et les plus vénérables » de la Principauté : le Club suisse de Monaco trouve ses origines à la fin du XIXe siècle. « De nombreux Suisses sont venus s’installer dans la région comme artisans, participant de manière déterminante à son développement. Ces Suisses se sont alors réunis au sein du « Comité de Bienfaisance de la Colonie Suisse de Monaco » pour s’entraider dans les situations de détresse », nous explique le Dr Arik Röschke, Président du Club.

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Les premiers Suisse qui se sont réunis à Monaco ont fondé le Comité de Bienfaisance de la Colonie Suisse de Monaco – © Club suisse de Monaco

Mais il faudra attendre 1949 pour que l’association soit officiellement fondée. Aujourd’hui, elle témoigne de l’importance de la communauté suisse en Principauté. Et pour cause, avec 1 200 ressortissants, cette communauté se hisse à la quatrième place des nationalités les plus présentes sur le territoire et compte plusieurs familles et personnalités célèbres.

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A l’instar de la famille Notari. « Des membres de la famille ont participé, entre autres, à la construction de la cathédrale Saint-Nicolas, sur les fondations de laquelle se trouve aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame-Immaculée », précise le Dr Arik Röschke. Ou encore, l’actuel Délégué Interministériel à l’Attractivité et à la Transition Numérique, Frédéric Genta, « fils de l’horloger et artiste suisse Gérald Genta, dont les créations les plus connues sont la Royal Oak d’Audemars Piguet et la Nautilus de Patek Philippe. »

La communauté suisse, très présente à Monaco

« On peut mentionner aussi Ernest Guglielminetti, qui a découvert en Inde l’imperméabilisation des bâtiments grâce au goudron. Le 13 mars 1902, alors qu’il était médecin à Monaco, Guglielminetti a fait enduire 40 mètres de route de goudron chaud pour lutter contre la poussière, ce qui lui a valu le surnom de Dr Goudron. En signe de reconnaissance, une pierre commémorative a été érigée en son honneur à Monaco-Ville. Ou Giovanni Lombardi, un ingénieur suisse connu pour ses projets de tunnels et de barrages, qui résidait à Monaco. Mais aussi l’industriel suisse et ancien président de la Colonie suisse de Monaco, Adam Oser, qui a fait construire une église réformée (ou Temple protestant) à Monaco entre 1958 et 1959, qui a créé une fondation afin d’acquérir un terrain et d’ériger le bâtiment dans ce qui était alors la rue de la Poste, aujourd’hui la rue Louis Notari. Enfin, on peut citer Heinz Gloor, qui a entrepris en 1960 de vastes travaux d’aménagement de la promenade du quartier du Larvotto. Sous sa direction, le 29 avril 1972, un grand complexe hôtelier moderne de 12 étages et 320 chambres a été inauguré sous le nom de Holiday Inn, aujourd’hui Méridien Beach Plaza », détaille le Dr Arik Röschke.

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La plaque commémorative dédiée à Ernest Guglielminetti est située sur l’avenue Saint-Martin – © Club suisse de Monaco

Le Club Suisse de Monaco avait même offert au Prince Rainier III, en 2002, une œuvre d’art de l’artiste et sculpteur suisse André Bücher, Le Signe du Temps, comme en témoigne l’article de presse rédigé à l’époque :

Le Club suisse compte désormais 210 membres. Et il n’est pas nécessaire d’avoir la nationalité helvétique pour le rejoindre : « toute personne intéressée par le Club, qu’elle soit résidente à Monaco, dans la région ou à l’étranger, et ayant une affinité avec la culture suisse et les valeurs du Club peut adhérer. Pour cela, il faut compléter une demande d’admission sur notre site, préciser ses motivations, et mentionner ce que l’on peut apporter. »

Et les valeurs du Club, qu’elles sont-elles ? « L’amitié, la courtoisie, la curiosité, l’esprit d’entreprise, de discrétion, de tradition et d’humilité. » « Le Club suisse de Monaco s’efforce d’être le premier point de contact pour les personnes de la Principauté qui souhaitent partager, représenter et diffuser ces valeurs dans le monde. Il a pour objectif de rassembler ceux qui se font les ambassadeurs de leur pays d’origine et d’adoption », ajoute le Dr Arik Röschke, qui définit le Club comme « une plateforme de renforcement des relations entre les Suisses et les amis de la Suisse, les habitants et les institutions de Monaco et la communauté internationale de la Principauté et des communes voisines. »

Le Prince Albert II, membre honoraire du Club

Et pour mettre tout cela en place, le Club organise des dîners, des événements festifs, et même des voyages collectifs, pour permettre aux membres de se rencontrer et de partager des moments de convivialité. L’un des temps forts de 2024 sera d’ailleurs la célébration du 75e anniversaire du Club, où le Prince Albert II sera présent.

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Le Président, le Dr Arik Röschke, et la Vice-Présidente, Silvia Mischler (au centre de la photo), lors d’un dîner organisé par le Club – © Club suisse de Monaco

« Il y a deux ans, nous avons demandé au Palais Princier si Son Altesse Sérénissime souhaitait devenir membre honoraire du Club et nous sommes très heureux qu’il ait accepté notre demande », se réjouit le Dr Arik Röschke. Le Souverain est d’ailleurs très lié à la communauté helvétique depuis plusieurs années. En 2013, le Conseil fédéral suisse a acheté un jet Princier pour 35 millions de francs ; un jet qui avait auparavant servi d’avion gouvernemental pour le Prince.

Le Souverain et le Gouvernement Princier ont également soutenu le projet Solar Impulse, porté par l’aéronaute suisse Bertrand Piccard, à l’origine du premier avion solaire sans carburant et sans émissions.

Et en attendant de retrouver le Souverain en octobre pour fêter les 75 ans du Club, l’association ne manque pas de projets pour 2024, afin d’encore renforcer les relations entre la Principauté et la Suisse. Un voyage exclusif au cœur de la Vallée de Joux, berceau de l’industrie horlogère suisse, est notamment au programme. « Bien entendu, nous ne manquerons pas non plus de nous réunir autour d’une soirée raclette », glisse le Dr Arik Röschke. De quoi, à coup sûr, attirer de nouveaux membres !