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Récit

Amour, harcèlement et condamnation : la relation extra-conjugale s’est terminée au tribunal de Monaco

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L'affaire de harcèlement a été jugée au tribunal de Monaco le 4 juin 2024 © Monaco Tribune

Un Monégasque a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une amende de 500 euros pour harcèlement et dégradations volontaires sur le véhicule de son ex-maîtresse.

« De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas ». Cette citation utilisée par l’avocate Maître Zampori pour défendre son client résume parfaitement la situation. Accusé de harcèlement et de dégradations volontaires, le prévenu a vu sa défense être mise à mal lors de son procès du 4 juin 2024.

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Les deux amants se sont rencontrés en 2022 sur leur lieu de travail à la Société des Bains de Mer (SBM). Lui habite à Monaco et est superviseur, elle, habite à Menton et est serveuse.

L’homme vit dans un contexte familial difficile d’après son avocate. Marié et père d’une fille souffrant de problèmes de santé, il s’engage dans une relation extra-conjugale pour échapper au « contexte de mal-être » dans « une famille perturbée » explique son avocate.

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Le début de la fin

Selon la défense, la situation se serait envenimée en janvier 2023 lorsque le prévenu a entendu une conversation téléphonique de son ex-maîtresse avec un autre homme. À partir de là, son comportement aurait radicalement changé et le harcèlement aurait alors commencé.

Le prévenu assure qu’il voulait en finir avec cette histoire et « qu’elle lui foute la paix ».  Pourtant, en février et en mars 2023, les deux anciens amants échangent des messages dans lesquels il écrit : « je suis toujours en train de voir si tu es de sortie » faisant penser au juge qu’il la suivait ou du moins, la pistait. Il lui écrit également qu’il souhaite passer sa vie et faire un enfant avec elle.

Puis, les messages deviennent violents et insultants : «  t’es qu’une p*te, tu aimes te faire n*quer comme une ch*enne », « tout ce que tu mérites, c’est de te faire cracher à la gueule », « t’es bonne qu’à te faire b*iser ».

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« Ta place ne tient plus qu’à un fil », « pense à chercher un travail hors de Monaco ». Après l’intime, le professionnel. Par ces menaces, le Monégasque entend utiliser sa position pour la faire renvoyer de son travail à la SBM. Il la menace même de donner sa plaque d’immatriculation à la police pour lui mettre la pression au sujet d’amendes impayées.

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Après les menaces, les actes

Le harcèlement culmine début mars lorsque la voiture de la victime est dégradée. Des coups de clés sont donnés sur la portière arrière. Avant cela, les messages du prévenu ne laissaient que peu de doutes sur ses intentions : « Je sais où t’habites », « je sais où est garée ta voiture ». 

Pourtant, malgré les menaces flagrantes, l’accusé nie. Pas de chance pour le Monégasque, les caméras de surveillance le montrent précisément le jour des dégradations roder autour de la voiture et donner des coups de pieds dans le coffre. D’après lui, la voiture contenait à l’arrière un pull d’une grande valeur sentimentale qui lui appartenait.

La victime, traumatisée par le harcèlement, a été contrainte de consulter un médecin et s’est vu prescrire deux jours d’incapacité temporaire totale (ITT).

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Une histoire qui se répète bien trop souvent

Ce ne sont pas les nombreuses attestations de bonne moralité apportées par l’avocate du prévenu qui lui auront permis de redorer son image. Devant les preuves accablantes, les juges l’ont déclaré coupable et l’ont condamné à 6 mois de prison avec sursis et à 500€ d’amende pour les dégradations portées au véhicule de la victime.

Aujourd’hui et comme souvent dans ce genre d’affaires, la victime l’est doublement puisqu’elle ne travaillerait plus à la SBM alors que le harceleur, jugé coupable, dispose toujours de sa place.