Reportage

L’AS Monaco immerge ses clubs partenaires au cœur de son quotidien

Pendant trois jours, les entraîneurs des clubs partenaires passent en revue les nombreux points méthodologiques de la Diagonale © ASM

Pendant trois jours, les représentants du FC Versailles, de l’AS Saint-Priest et de l’AS Aix-en-Provence ont vécu au rythme de La Diagonale, le centre de formation de l’AS Monaco.

Intégrés au cœur de l’Academy monégasque, les cadres techniques des clubs ont fait face à un programme chargé : rencontres avec les staffs des équipes jeunes, échanges avec les référents médicaux, socio-éducatifs et scolaires, présentation du fonctionnement de l’Academy, participation aux réunions d’analyse post-match… Avec en point d’orgue un double rendez-vous de prestige pour assister aux rencontres de Youth League et de Ligue des Champions face à Galatasaray.

Pour Sébastien Muet, directeur du centre de formation de l’AS Monaco, l’objectif est clair : « L’idée, c’est de ne pas simplement être sur un bout de papier signé par des clubs. C’est d’être dans le concret. » Organisée en pleine semaine européenne, cette immersion témoigne de la volonté du club de bâtir des partenariats solides et gagnant-gagnant avec le monde amateur représenté par le FC Versailles, l’AS Saint-Priest et l’AS Aix-en-Provence.

Plongée dans le quotidien d’un centre professionnel

En ouvrant ses portes durant une semaine de compétition, l’AS Monaco permet à ses partenaires d’assister aux réunions techniques habituelles : programme hebdomadaire des U17 et U19 Nationaux, travail athlétique, décryptage des performances individuelles de chaque joueur lors des « post-match ».

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« Aujourd’hui, on est lundi, on est post-match », précise Sébastien Muet. « C’est parler de ce qui s’est passé le week-end, comment la compétition rend service au projet individuel de développement du joueur. » Une approche qui éclaire les éducateurs amateurs sur l’exigence quotidienne d’un centre de formation professionnel envers ses pensionnaires.

À Monaco, les jeunes joueurs qui intègrent La Diagonale répondent à un profil précis : qualités humaines, ambition, dynamisme, intelligence de jeu, adaptabilité et créativité au service de l’efficacité. Côté encadrement, le coach formateur, lui aussi, doit être identifiable : pédagogue, exigeant mais bienveillant, fidèle à l’identité de jeu du club et tourné vers l’innovation. Une identité de jeu qui historiquement repose sur des principes clairs : des transitions rapides, un pressing haut avec récupération agressive, un football offensif et vertical et une possession de balle très haute.

Pour Alexis Faivre, entraîneur des U18 et responsable technique de la préformation de l’AS Saint-Priest aux alentours de Lyon, ces échanges sont particulièrement riches : « Ça nous donne pas mal d’idées sur une méthodologie de travail très spécifique, individualisée. Ce sont des pistes à suivre, à explorer. »

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Adapter les méthodes du haut niveau à la réalité du monde amateur

Reste le défi majeur : transposer ces apprentissages dans des structures aux moyens plus modestes. Mathieu Merle, responsable technique FC Versailles en est conscient : « Tout n’est pas transposable dans un club amateur. Eux peuvent se concentrer avec des effectifs de 20 à 22 joueurs, alors que nous, on en a 60 ou 80 sur une catégorie. » Sans parler des outils technologiques comme les balises GPS individuelles permettant de tracker les performances des joueurs, inaccessibles pour la plupart des clubs amateurs.

Mais ces différences nourrissent la réflexion. L’enjeu n’est pas de copier, mais d’adapter. « On essaie de tendre vers ce qu’ils font. Ce n’est pas forcément toujours possible, mais on essaie de s’adapter au mieux pour faire progresser nos licenciés », résume le responsable versaillais.

L’échange comme axe principal

Ces séminaires reposent sur un double apprentissage et seront répétés tout au long de la saison. « Nous accumulons beaucoup d’expérience sur le fonctionnement du haut niveau et les objectifs à atteindre pour se professionnaliser » , explique Alexis Faivre. « Et à l’inverse, eux peuvent mieux connaître le milieu amateur et le quotidien des joueurs avant qu’ils n’intègrent ces grosses structures. »

Pour Mathieu Merle, ce partenariat représente bien plus qu’une simple opportunité de visibilité : « C’est une grande fierté. Monaco est un club qui nous correspond en termes de valeurs et d’image. » Le choix n’est d’ailleurs pas anodin. Entre la ville royale de Versailles et la Principauté de Monaco, le rapprochement s’est fait naturellement.

Un réseau stratégique

Cette politique s’intègre dans une démarche plus large. Avec son programme ÜNSEME, l’AS Monaco collabore déjà avec les clubs limitrophes de la Principauté. Mais ces nouveaux partenariats élargissent le champ d’action vers trois terres majeures du football français : Paris (Versailles), Lyon (Saint-Priest) et Marseille (Aix-en-Provence). « Ce sont trois gros bassins de population, donc des bassins de recrutement et de détection. » rappelle Sébastien Muet.

Pour autant, l’ASM privilégie la qualité à la quantité : « Il y a des clubs de Ligue 1 qui ont 26 ou 27 partenariats. Ce n’est pas notre choix. Nous, on est dans le côté qualitatif, la proximité, la disponibilité. »

Ces collaborations offrent aussi des perspectives concrètes, notamment une priorité accordée à l’AS Monaco sur les talents émergents de ses clubs partenaires. En effet, l’ASM vise, dans les saisons à venir, à ce que 20 % du temps de jeu de l’équipe professionnelle soit assuré par des joueurs formés à l’Academy.