Coupe de France : Réduits à dix pendant 45 minutes, l’AS Monaco évite le piège orléanais et se qualifie
Dans l’enceinte du stade de la Source et face à des Orléanais conquérants, les Monégasques ont fait parler leur solidité et leur réalisme notamment par l’intermédiaire du supersub George Ilenikhena.
L’AS Monaco a dû puiser dans ses ressources pour éviter le piège orléanais ce samedi en seizièmes de finale de la Coupe de France. Une nouvelle fois réduits à dix après l’expulsion de Stanis Idumbo, les Rouge et Blanc ont arraché leur billet pour les huitièmes de finale. Face à près de 400 de leurs supporters en grève, les hommes de Pocognoli se sont imposés 1-3 grâce à un doublé de George Ilenikhena, entré en fin de rencontre.
Une première période à sens unique
Dès l’entame, le scénario prend une tournure inattendue. Les « Guêpes » orléanaises, emmenées par le meilleur buteur de National El Khoumisti, confisquent le ballon et multiplient les situations dangereuses. Malgré les deux divisions d’écart, la différence de niveau est imperceptible en ce début de rencontre.
Avec onze absents, Sébastien Pocognoli aligne un 4-4-2 en losange, avec Golovin en soutien de Balogun et Biereth. Mais c’est bien le gardien Philipp Köhn qui se distingue en premier. Le portier suisse repousse un centre-tir de Morel (13e), puis s’illustre à deux reprises face à El Khoumisti (25e) et Lallias (26e).
Contre le cours du jeu, l’ASM d’une froideur implacable ouvre le score sur sa première véritable occasion. La passe d’Idumbo transperce le milieu orléanais et trouve son capitaine Denis Zakaria. Le Suisse bien placé entre les lignes décale Balogun qui trompe le gardien adverse Faham d’une frappe du droit (0-1, 27e).

Loin d’être libérés, les Monégasques continuent de subir. Déjà averti, Stanis Idumbo écope d’un second carton jaune pour une semelle sur Mouton et est expulsé juste avant la pause (44e). Le milieu belge laisse ses coéquipiers à dix pour toute la seconde période. L’ASM souffre dans le jeu, comme en témoignent les statistiques à la pause : seulement deux tirs tentés contre treize pour Orléans, et huit corners concédés.
Ilenikhena éteint les espoirs orléanais
La deuxième mi-temps confirme la domination orléanaise. Le jeu est arrêté quelques minutes après l’envoi de fumigènes sur la pelouse par le parcage monégasque, symbole de leur mécontentement du moment.
Les “guêpes” orléanaises cherchent à piquer les Rouge et Blanc et se montrent particulièrement dangereuses sur coups de pied arrêtés. Dans ses six mètres, Biereth doit dégager en catastrophe devant El Khoumisti (49e). Sur corner, Khous dévie au premier poteau et oblige Köhn à une nouvelle claquette, avant que El Khoumisti ne trouve le poteau (63e). Monaco recule, souffre, mais résiste grâce à une solidarité défensive exemplaire, incarnée notamment par Eric Dier, de retour après trois mois d’absence.
Alors que la tension monte, Pocognoli fait entrer du sang neuf. Aladji Bamba remplace Biereth (77e), puis George Ilenikhena prend la place de Balogun (86e). Deux minutes plus tard, le jeune attaquant nigérian, parfaitement lancé en contre après un festival de Ouattara, fait le break avec un sang-froid remarquable (0-2, 88e). Dans les arrêts de jeu, une sublime talonnade de Golovin trouve Zakaria, qui lance Ilenikhena pour le doublé (0-3, 94e).

Orléans est récompensé de ses efforts dans les ultimes secondes, El Khoumisti réduit l’écart d’une belle frappe (1-3, 96e). Un but qui ne change rien à l’issue mais salue la belle prestation d’une équipe de National qui aura fait trembler les Monégasques jusqu’au bout.
Ilenikhena, supersub décisif
Auteur d’un doublé express, George Ilenikhena savourait sa performance au coup de sifflet final au micro du diffuseur : « Ça fait du bien de gagner après un long moment sans victoire, face à une bonne équipe de National. Le carton rouge a été difficile à gérer, mais on est resté solides jusqu’au bout. »
Peu utilisé cette saison, l’attaquant nigérian a su saisir sa chance : « Je suis très content d’avoir aidé l’équipe. Le coach m’a fait confiance et je veux lui rendre cette confiance. Le but, c’est d’aller jusqu’en finale et de la gagner. »
Sébastien Pocognoli : « Garder l’ambition d’aller le plus loin possible »
En conférence de presse, Sébastien Pocognoli a salué l’état d’esprit de ses joueurs après cette qualification obtenue dans des conditions difficiles : « Ce genre de match forge un groupe. Jouer une mi-temps entière à dix, à l’extérieur, dans un contexte compliqué, et rester solides jusqu’au bout, c’est très positif. »
Le technicien monégasque a également insisté sur l’importance de la Coupe de France : « C’est une compétition qui peut nous apporter beaucoup. On veut garder l’ambition d’aller le plus loin possible, tout en continuant à progresser dans notre jeu. »
Enfin, il a tenu à mettre en avant les entrants, et notamment George Ilenikhena : « Il a été décisif, mais au-delà des buts, c’est son attitude qui me plaît. Il est à l’écoute, il travaille, et il a répondu présent quand l’équipe avait besoin de lui. »
Grâce à un réalisme clinique et une solidarité défensive à toute épreuve, l’AS Monaco poursuit donc sa route en Coupe de France. Reste désormais à savoir si cette qualification, acquise dans la douleur, permettra aux Rouge et Blanc de se relancer en championnat et de mettre fin à une période compliquée d’une seule victoire en sept matchs. Prochain rendez-vous : vendredi, face à Lorient, au Stade Louis-II.











