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Enquête

Diamant : mythes tenaces et réalités méconnues

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© Pixabay

Dans le sillage du salon Joya qui a captivé Monaco en novembre dernier, la fascination pour le diamant ne se dément pas. Mais que sait-on vraiment de cette pierre précieuse ? Plongée au cœur d’un univers où brillance et idées reçues se côtoient.

Historiquement, les diamants ont été associés à la richesse, au pouvoir et au prestige. La légendaire bague de 10,47 carats que le Prince Rainier III offrit à la Princesse Grace en 1956, une création Cartier sertie d’un diamant taille émeraude flanqué de deux baguettes, est le parfait exemple. Elle continue d’ailleurs d’inspirer les créations joaillières.

Le mythe de la rareté s’effondre

Première révélation de cette enquête : la rareté du diamant relève davantage du marketing que de la réalité géologique. «Les diamants ne sont pas aussi rares que beaucoup le croient, surtout en termes de disponibilité sur le marché », révèle la gemmologue monégasque Julija Kozarjonoka. Une affirmation qui bouscule l’image d’exclusivité soigneusement entretenue depuis des décennies par l’industrie.

Autre idée reçue tenace : la fluorescence. Cette lueur bleutée sous une lumière ultraviolette, comme en discothèque ou sous une lampe à manucure ? Elle ne signifie pas forcément que le diamant est synthétique. « Si votre diamant présente une fluorescence sous lumière ultraviolette avec une couleur néon, cela indique plutôt que votre diamant possède une fluorescence qui réagit aux rayons bleus de la lumière UV », explique Julija Kozarjonoka. Un phénomène naturel souvent mal interprété par les propriétaires inquiets.

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L’invasion silencieuse des diamants de laboratoire

L’industrie connaît actuellement une mutation profonde. Les diamants de synthèse, créés en laboratoire, bouleversent les codes établis. Sur le plan chimique, physique et optique, il n’existe aucune différence entre un diamant de synthèse et un diamant naturel. La principale différence réside dans leur origine : les diamants naturels se forment sous terre sur des millions à des milliards d’années, tandis que les diamants de synthèse sont créés en laboratoire en quelques semaines ou mois.

Cette émergence a profondément transformé le marché monégasque. Les consommateurs, mieux informés, posent désormais les bonnes questions. Les diamants de laboratoire ont introduit une plus grande concurrence, conduisant souvent à des prix plus compétitifs pour les deux types de diamants.

Mais cette révolution a aussi ses zones d’ombre. Le discours écologique des producteurs de diamants synthétiques ne résiste pas à l’analyse : la production consomme d’énormes quantités d’énergie. Les réacteurs chimiques utilisés pour créer des pierres de plus d’un demi-carat fonctionnent à une température de 7 760 degrés Celsius et sont extrêmement énergivores. Une étude a même révélé que les émissions de gaz à effet de serre par carat de la production de diamants naturels seraient trois fois plus faibles que celles de la fabrication de pierres synthétiques, principalement produites en Chine, en Inde et à Singapour avec de l’électricité générée par des combustibles fossiles.

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Comment distinguer le vrai du faux ?

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© Pixabay

Face à cette nouvelle donne, la vérification devient cruciale. À Monaco, les clients de l’atelier J.Le Renard viennent régulièrement faire expertiser leurs acquisitions. « Les gens viennent me voir pour vérifier si leurs diamants sont naturels ou synthétiques », note la gemmologue. Son conseil est sans appel : «Je recommande vivement d’acheter des diamants uniquement accompagnés d’un certificat de laboratoire provenant de l’un des cinq meilleurs laboratoires : GIA, IGI, AGS, HRD ou EGL. Ces certificats fournissent une évaluation experte de l’authenticité et de la qualité du diamant. »

Détecter un diamant synthétique relève d’une expertise pointue. Les outils gemmologiques standards, comme un microscope, permettent d’examiner les inclusions du diamant et ses motifs de croissance. Le test à la lumière UV constitue également un outil précieux : de nombreux diamants synthétiques présentent des motifs de fluorescence différents des diamants naturels sous lumière UV.

Mais attention aux certitudes hâtives. Julija Kozarjonoka alerte : détecter les diamants synthétiques à l’œil nu est généralement difficile, car ils ressemblent de près aux diamants naturels en apparence. D’où l’importance de ne travailler qu’avec des professionnels certifiés.

De nouvelles tendances émergent

Dans la Principauté comme ailleurs, les goûts évoluent. Les diamants de couleur séduisent une clientèle en quête d’originalité. « Les diamants jaunes sont particulièrement populaires compte tenu de leur prix et de leur accessibilité », observe la créatrice de J.Le Renard. « Les diamants roses et bleus sont très convoités mais sont souvent vendus à un prix premium, ce qui les rend moins abordables pour beaucoup ». Quant aux diamants blancs classiques, une transformation s’opère : les clients de l’atelier monégasque choisissent de plus en plus des formes fantaisie plutôt que la traditionnelle taille ronde. Un changement qui reflète une quête croissante d’originalité dans la haute joaillerie.

Sur la question de la provenance éthique, en revanche, Julija Kozarjonoka tempère les attentes : « Je n’observe pas cette tendance à Monaco. La source de la pierre a une plus grande influence sur les pierres précieuses de couleur. Le prix peut varier considérablement selon l’endroit où la pierre est extraite. Pour les diamants, cela n’a pas d’impact. »