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Brève

Deux hommes condamnés après la découverte de couteaux de catégorie C dans leur voiture

tribunal
©Monaco Tribune

Interpellés à Monaco avec chacun un couteau de catégorie C à portée de main, deux hommes ont comparu le 3 mars devant le tribunal correctionnel.

Le 25 février dernier, deux hommes circulent en voiture avenue Princesse Alice, à 22 heures, avec l’intention d’acheter des boissons au Carrefour Market du port. Contrôlés par des agents de la Sûreté publique, ils vont se retrouver placés en garde à vue. Dans l’habitacle, les policiers ont mis la main sur deux couteaux de catégorie C (des armes dont le transport hors du domicile est interdit). L’un se trouvait dans le vide-poche côté passager, l’autre sous le siège conducteur.

À la barre, ils reconnaissent les faits. Le conducteur, sans emploi et résidant dans les Alpes-Maritimes, explique avoir rangé le couteau à ses pieds par habitude : « En Russie, j’ai un véhicule où le vide-poche est sous le siège, j’ai l’habitude de ranger mes affaires là ». Le passager, peintre en bâtiment domicilié dans une commune voisine de la Principauté, invoque pour sa part une méconnaissance de la réglementation : « On m’a confisqué un couteau une fois à Nice, on m’a expliqué qu’on ne pouvait pas se promener dans la rue avec. Mais je ne savais pas qu’on ne pouvait pas non plus le transporter en voiture. »

Le tribunal interroge les prévenus sur la position des armes dans l’habitacle. L’un explique avoir simplement oublié le couteau sous son siège : « J’ai même pas pensé à ça. On l’a acheté deux jours avant, je l’ai laissé là, c’est tout ». Le tribunal tempère : « S’il était dans le coffre, on ne vous aurait pas retenus. Là, il est à portée de main. C’est pareil que de l’avoir dans la poche, vous pouvez le récupérer facilement. En général, si on met des choses sous le siège, dans un véhicule européen, c’est pour les cacher. »

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Des armes à portée de main 

L’argument de l’usage alimentaire est également passé au crible. L’un des prévenus affirme se servir régulièrement d’un couteau pour manger des fruits sur la route. Le tribunal balaie l’explication : « Ce couteau-là n’a jamais servi à couper des pommes ». L’autre prévenu reconnaît d’ailleurs ne pas avoir utilisé le sien le soir de l’interpellation : « On a mangé dans la voiture, mais on n’avait pas besoin du couteau ce jour-là ». L’un confie également collectionner les couteaux.

« Aujourd’hui, les règlements de comptes se font de plus en plus avec des couteaux. La vraie question, c’est : est-ce que ces armes n’étaient pas là pour vous défendre ? ». Les deux hommes, qui se sont connus sur un chantier à Monaco, indiquent pratiquer des sports de combat et affirment n’avoir « jamais eu besoin d’armes. »

Des antécédents judiciaires

Le conducteur, en France depuis trois ans, ne présente aucune condamnation sur le territoire français, bien qu’il fasse l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le passager, présent en France depuis 2018 et titulaire du statut de réfugié, a été condamné par le passé pour des faits de violences sur sa compagne de l’époque. Le conducteur a de son côté déposé une demande de statut de réfugié, encore en cours d’instruction. Aucun des deux n’est représenté par un avocat.

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Dans ses réquisitions, le procureur insiste sur la nature des armes. Pour le ministère public, il ne s’agit pas de simples couteaux du quotidien. L’une est qualifiée de poignard à lame létale, l’autre d’un couteau à lame large et imposante. Leurs conditions de transport interrogent également. Placées à portée de main, elles étaient selon le procureur « dissimulées ». « L’hypothèse de dire que ces couteaux servent à couper des fruits, ce n’est pas crédible. À mon avis, ces deux-là avaient des armes sur eux en cas de riposte ». Le ministère public réclame en conséquence deux mois de prison avec sursis pour chacun, la confiscation des saisies, et une interdiction de séjour à Monaco pendant cinq ans.

« C’est compliqué pour moi si j’ai une interdiction de venir à Monaco »

Avant le délibéré, les deux prévenus s’adressent une dernière fois au tribunal. Le premier déclare : « C’est mon erreur, c’est moi qui ai acheté le couteau. Je voulais m’excuser. Si vous pouvez me donner une chance. Je travaille ici, c’est compliqué pour moi si j’ai une interdiction de venir à Monaco. J’ai toujours été à Monaco vu que j’habite à côté ». Le second exprime ses regrets et sollicite la clémence du tribunal : « Je suis d’accord. Je regrette. Maintenant, je ne transporterai plus de couteau. J’avais mal compris les policiers la dernière fois. »

Le tribunal a reconnu les deux prévenus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Ils ont été condamnés chacun à 300 euros d’amende, et leurs couteaux ont été confisqués.