L’immeuble domanial de l’Hélios va être entièrement restauré. Depuis sa construction en 2013, les dégâts des eaux n’ont pas cessé. Résignés, les résidents s’apprêtent à déménager pour six mois.

D’ici fin janvier, tous les résidents du bloc A de l’Hélios devront vider leurs appartements pour six mois. Ceux des blocs B et C déménageront à leur tour quelques semaines plus tard. Le temps de réhabiliter entièrement les logements de cet immeuble domanial qui subit des dégâts des eaux à répétition en raison principalement de la mauvaise utilisation de la laine de bois.

Livrés en 2013, les 68 appartements de l’Hélios ont pourtant été construits selon la norme « haute qualité environnementale ». Un label qui vise « à limiter à court et à long terme les impacts environnementaux d’une opération de construction ou de réhabilitation, tout en assurant aux occupants des conditions de vie saine et confortable ». Las ! Dès 2016, les problèmes commencent. D’abord, ce sont des eaux jaunes qui apparaissent dans les robinets. Des filtres sont rajoutés. Puis, très vite, les habitants se plaignent de stores et d’encadrements de fenêtres, mal installés, laissant passer l’air et la pluie. Toute l’isolation est à revoir. Sans compter la robinetterie défaillante qui occasionne de nombreuses fuites d’eau.

De la bonne idée écologique à la crise sanitaire

Chacun doit se rendre à l’évidence. La bonne idée écologique, en particulier l’utilisation de la fibre de bois, un isolant thermique et acoustique sans doute peu adapté au climat méditerranéen, s’est transformée en crise sanitaire…

Les habitants de l’Hélios vont donc devoir se résoudre à abandonner leurs habitations le temps des travaux de remise en état. Comme leurs voisins des Jardins d’Apolline. En effet, les 237 appartements de ces immeubles construits selon la même norme « haute qualité environnementale » ont été évacué de tous leurs locataires pour les mêmes problèmes et désossés pour une rénovation complète. Un chantier estimé à 50 millions d’euros.

« J’aimerais que les choses aillent dans l’ordre et ce n’est pas le cas. Nous passons pour des demandeurs, voire des quémandeurs, ce qui est vexant parce que nous sommes malheureusement des victimes, même si nous avons la chance d’être à Monaco. La situation de L’Hélios bouleverse les familles. C’est un moment délicat à vivre », explique Stéphane Lobono, le président de l’association des résidents.

Réduction sur les loyers et disparité de traitement

 Certes, comme à Apolline, les familles seront dédommagées financièrement. Ainsi, chaque foyer se voit déjà accorder une réduction de 50% de son loyer et les familles relogées n’auront rien de plus à payer.  Il n’en demeure pas moins que la situation génère des tensions. Et des réclamations qui ne sont pas forcément les mêmes entre habitants. Stéphane Lobono souligne, par exemple, la disparité de traitement que pourrait subir les résidents du bloc A, qui seront les premiers à être relogés. Mais, de retour chez eux au bout de six mois, ils paieront à nouveau intégralement leur loyer tout en subissant les travaux dans les blocs voisins. Et les nuisances qui vont avec.

« Ce n’est pas une question d’argent. C’est juste de l’empathie, insiste Stéphane Lobono. L’inconfort n’est pas de notre fait. La procédure manque d’humanité parfois ». Une procédure qui prévient les locataires par un simple message leur enjoignant de déménager dans les trois ou quatre semaines… Des délais très courts qui réclameraient un minimum de tact de la part des services de l’Etat vis-à-vis de résidents confrontés à une situation difficile à vivre. Une meilleure communication : c’est tout ce que demande l’association des résidents avant de laisser la place pour les travaux.