Monaco semble se diriger vers une reprise des activités à compter du 4 mai. Un soulagement pour les plus de 5 000 entreprises présentes en Principauté, et qui doivent faire face à de sérieuses difficultés. Car même si le Gouvernement princier et la Mairie de Monaco ont pris des mesures, l’économie monégasque va certainement souffrir de cette situation pendant plusieurs mois. Les explications de Guillaume Rose, Directeur Général Exécutif du Monaco Economic Board, qui rassemble 500 entreprises.

 

En cette période de crise due à la pandémie de Covid-19, quel est le rôle du Monaco Economic Board (MEB) ?

Notre rôle est de rassembler les avis et les situations de nos membres. Nous continuons à travailler. Nous leurs demandons leurs positions vis à vis des différents aspects de la situation, leurs pertes de marché, leurs besoins… Ces avis nous les faisons remonter ensuite au Gouvernement princier.

Est-ce que l’économie a déjà fait face à une telle crise par le passé ?
C’est la première fois qu’une telle situation se présente. Cela n’était absolument jamais arrivé, ni de près ni de loin, même pendant la crise de 2008. Là, on est dans une période où les entreprises ne savent pas de quoi demain sera fait. L’économie est étouffée et plus le temps passe, plus on avance vers un spectre de la crise de 1929… Tout cela est très nocif pour l’économie.

Quelles entreprises monégasques sont particulièrement touchées ?

Nous avons mené une étude auprès de 36 entreprises et les difficultés diffèrent. Par exemple, le secteur de l’agro-alimentaire semble épargné par la crise. Il y a des difficultés certes mais il tire son épingle du jeu. En revanche, les secteurs de l’événementiel et du tourisme sont très touchés. Ce n’est pas la taille de l’entreprise qui compte, mais son domaine d’activité.

Le Gouvernement princier a mis en place des mesures pour aider les entreprises. Comment jugez-vous ces aides ?

Elles sont conséquentes, généreuses et selon moi adaptées. Elles sont là pour sauver l’économie. L’Etat est prospère en effet mais petit. Et Monaco ne fait pas partie de l’Union Européenne, nous ne bénéficions pas du fonds de garantie européens. Mais il y a beaucoup de résilience au moment des crises. C’est un système stable, clair et net qui est avantageux pour les entreprises et qui assure un minimum aux employés.

Comment envisagez-vous la fin du confinement ?

Monaco a un avantage par rapport à la France, c’est le déconfinement une semaine avant, le 4 mai. Cela va nous permettre d’établir des stratégies, de rouvrir les boutiques, de faire revenir les salariés, d’appliquer une série de mesures. Il y a une volonté en tout cas d’aller de l’avant. Mais je pense qu’on ne reviendra pas à « une vie normale » avant la fin de l’année. Les choses vont se libérer au fur et mesure. Si la saison touristique est morte, tout le reste sera compliqué. Mais plus de 60% du tourisme monégasque vient de l’UE. Si l’épidémie est jugulée et que le 4 mai on met bien un terme au confinement, on va surement repartir.

Attendez-vous des conséquences sur le long terme ?

Il est difficile de tout prévoir. Monaco fait beaucoup d’export notamment avec l’Afrique. Si ce continent est fortement touché, il y a encore des conséquences à craindre pour la Principauté. C’est une situation d’incertitude quasi-totale. Selon les économistes, pour chaque mois confiné, on estime qu’il faudra six mois pour s’en remettre… La crise sanitaire a pu être évitée à Monaco. Qu’en sera-t-il de la crise économique ? A mon sens, on a beaucoup à craindre des conséquences économiques de ce confinement.

Propos recueillis par Claire Guillou