Le 7ième continent ne cesse de s’étendre dans l’Océan Pacifique, constitué que de déchets en plastique, il représente une masse de 80 000 tonnes. Nombreux des pays mettent en place des lois pour réduire cette pollution qui représente actuellement 73% des déchets sur les plages. À ce rythme démentiel on prévoit en 2050 que toutes nos espèces d’oiseaux marins se nourriront que de plastique.

Le 9 juin 2018 à Charlevoix au Canada, cinq pays du G7 se sont réunis pour adopter la Charte sur le plastique dans les océans. L’objectif est de démontrer leur engagement à prendre des mesures concrètes et ambitieuses pour aborder le problème. D’autres pays se sont joints à cette cause dont la Principauté de Monaco. Les États signataires s’engagent à recycler et à réutiliser au moins 55% de leurs emballages de plastique d’ici 2030. De nombreux partenaires mondiaux et régionaux se sont également engagés à ce que leurs méthodes de production soient réévaluées afin de réduire le gaspillage et les déchets qui ne cessent de nuire nos océans.  À ce jour, le plastique détient la 3ième position du matériau le plus fabriqué par l’humain après le béton et l’acier. On compte au moins 20 tonnes de déchets de plastique déversés dans nos océans chaque minute. Une course contre la montre est lancée pour rattraper les erreurs du passé. D’ailleurs en 2021 doit se tenir la 15ième réunion des États membres de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique (COP15) à Kunming en Chine. Une réunion attendue qui permettra de faire le bilan sur les mesures prises par les États signataires pour protéger l’environnement.

 

Fini le plastique et bonjour le réutilisable

Depuis le 1er janvier 2020, la Principauté de Monaco adopte des mesures draconiennes pour combattre l’utilisation du plastique. Après avoir mis en place l’interdiction des sacs en plastique à usage unique en 2016 et des pailles en plastique en janvier 2019, c’est au tour des cotons tiges, des gobelets et des couverts en plastique de se recycler. Une nouvelle façon de fonctionner qui permet de réduire la consommation du plastique à usage unique et cela en favorisant davantage sur le réutilisable. Remplacer les assiettes en plastique par des assiettes en bois, siroter sa boisson via une paille à pâtes ou encore utiliser un tissu à la cire d’abeille pour faire office d’un fil plastique devient de plus en plus courant dans notre quotidien. Le plastique à usage unique laisse place à de belles alternatives qui pourraient nous faire quitter définitivement son utilisation. Il est plus écologique et aussi économique de réutiliser ses propres produits que d’en racheter. D’ailleurs l’emballage de certains produits devraient emboîter le pas, bidons de lessive, shampoings, tubes de crèmes ou encore pots de yaourt pourraient eux aussi quitter l’emballage en plastique pour du carton. Même certains d’entre eux pourraient devenir rechargeables, recyclables et compostables d’ici 2025. De nombreux spécialistes de l’emballage se penchent actuellement sur la question pour trouver le matériau le mieux adapté.

La paille en pomme est une paille écolo et sans plastique

Recycler les emballages, est-ce possible ?

Dans certains pays, on mise aussi sur le recyclage du plastique. Au Canada, le taux de recyclage des bouteilles en plastique est de 75%. D’ailleurs les dépanneurs canadiens (petite épicerie de proximité) et supermarchés proposent de récupérer les bouteilles en verre, en plastique et en métal afin que ces dernières puissent être réutilisées. D’ailleurs le gouvernement québécois actuel prévoit d’élargir la consigne en y intégrant des contenants de type carton d’ici 2022. Cette nouvelle pratique pourrait consigner plus de quatre milliards de contenants par année, selon Québec. Pour tous ceux qui souhaitent se débarrasser de certains produits, matières et matériaux sans polluer pour autant. Des écocentres autrement dit « parc de récupération » sont à la disposition des Canadiens en récupérant ces produits afin de les recycler, les réutiliser ou encore mieux les valoriser. Une action qui porte ses fruits, car un peu plus de 80% des matières apportées dans les écocentres peuvent être valorisées. Au cas où les matières ne peuvent pas être recyclées, la Ville s’assure de s’en débarrasser de façon saine et responsable pour l’environnement. L’environnement une place importante pour un pays qui possède le quart des ressources d’eau douce de la planète.

On retrousse ses manches !

Grâce à l’implication et à l’engagement des citoyens, on peut voir naître de belles initiatives pour lutter contre le gaspillage du plastique. C’est le cas de Sébastien Uscher, employé pour un des plus grands magasins de sport à Monaco, s’est lancé comme défi de persuader son directeur de ne plus vendre de bouteilles en plastique (ce qui représente plus de 6000 bouteilles vendues chaque année). Un projet qui s’est concrétisé en remplaçant les bouteilles en plastique par des fontaines à eau filtrées en libre-service. Une alternative écologique et durable qui pourrait inciter d’autres entreprises.

Au-delà des initiatives citoyennes, de nombreuses associations se lancent dans la bataille contre le plastique. Beyond Plastic Med est le fruit d’un partenariat entre la Fondation Prince Albert II de Monaco,  la Fondation Tara Océan, Surfrider Foundation Europe et la Fondation Mava. Sa mission est d’informer sur l’état de santé de la grande bleue, de soutenir les solutions innovantes et citoyennes et de peser sur les décisions politiques et législatives visant à stopper la pollution du plastique. La Fondation donne la possibilité à chacun de pouvoir s’engager à travers l’appel de projets et de micro-initiatives subventionnés.

Certaines organisations à but non lucratif, dont Ocean Cleanup  (Nettoyage de l’océan) ont fait appel à la nouvelle technologie, en mettant en place un système de nettoyage récupérant les déchets plastiques dans l’Océan. Son objectif est de vider d’ici cinq ans le vortex de déchets du Pacifique nord situé entre la Californie et Hawaii, dont la grandeur serait trois fois la France.

Certes, le chemin est encore long avant qu’on supprime définitivement le plastique dans notre quotidien, mais grâce à la volonté de chacun et aux différentes alternatives possibles, nous pourrions être surpris qu’adopter plusieurs gestes écologiques peuvent sauver de nombreuses espèces animales et végétales.